‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 70 sur 229 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

jamais eu dessein de traiter à fond de la nature de l'es* prit ; mais j'ai été obligé d'en dire quelque chose pour expliquer les erreurs dans leur principe, pour les expliquer avec ordre, en un mot, pour me rendre intelligible : et si j*ai passé les bornes que je me suis proposées, c'est que j'avais, ce me semblait, des choses nouvelles à dire qui me paraissaient de conséquence, et que je croyais même qu'on pourrait lire avec plaisir. Peut-être me suis-je trompé, mais je devais avoir cette présomption pour avoir le courage de les écrire ; car le moyen de parler lorsqu'on n'espère pas d'être écouté I II est vrai que j'ai dit beaucoup de choses qui ne paraissent point tant appartenir au sujet que je traite que ce particulier des mouvements de l'âme ; je l'avoue, mais je ne prétends point m'obliger à rien lorsque je me fais un ordre. Je me fais un ordre pour me conduire, mais je prétends qu'il m'est permis de tourner la tête lorsque je marche si je trouve quelque chose qui mérite d'être considéré. Je prétends même qu'il m'est permis de mereposer en quelques lieux à l'écart, pourvu que je ne perde point de vuç le chemin que je dois suivre. Ceux qui ne veulent point se délasser avec moi peuvent passer outre ; il leur est permis, ils n'ont qu'à tourner la page; mais, s'ils se fâchent, qu'ils sachent qu'il y a bien Ides gens qui trouvent que ces lieux que je choisis pour me reposer leur font trouver le chemin plus doux et plus agréable.

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