LIVRE cimquièicï:. 1S
poser un antre dont les sens et rimagination n'aient point oa presque point de part à sa connaissance.
La seconde chose que Ton peut considérer dans ia passion de cet homme est une augmentation du mouvement de sa volonté vers le bien dont son ennemi réel ou imaginaire lui veut empêcher la possession ; et cette augmentation est d'autant plus grande que l'opposition qu'on lui veut faire lui parait plus forle. Il ne hait d'abord son ennemi que parce qu'il aime le bien ; et sa hai^e est d'autant plus grande que son amour est plus fort, parce que le mouvement de sa volonté dans sa haine n'est en effet ici qu'un mouvement d'amour, le mouvement de Tâme vers le bien n'étant pas différent de celui par lequel on en fuit la privation, comme l'on a déjà dit.
La troisième chose est le sentiment convenable à la passion; et, dans celle-ci, c'est un sentiment de haine. Le mouvement de la haine est le même que celui de l'amour; mais le sentiment de la haine est tout différent de celui de l'amour, ce que chacun peut savoir par sa propre expérience. Les mouvements sont des actions de la volonté; les sentiments sont des modifications de l'esprit. Les mouvements de la volonlé sont les causes naturelles des sentiments de l'esprit, et ces sentiments de l'esprit entretiennent à leur tour les mouvements de la volonté dans leur détermination. Le sentiment de haine est en cet homme une suite naturelle du mouvement de sa volonté qui s'est excité à la vue du mal, et ce mouvement est ensuite entretenu parle se^itiment dont il est cause.
Ce que nous venons de dire de cet homme lui pourrait arriver quand même il n'aurait point de corps; mais, parce qu'il est composé de deux parties naturellement unies, les mouvements de son esprit se communiquent à son corps, et ceux de son corps à
j52 BECllERCHE DE LA VÉRITÉ.
Toutes ces choses que nous venons de if' A^^^' contrent dans toutes les passions, si ^// ^® '^^y* qu'elles s'excitent par des senti ment/^^//^^ esprits l'esprit n'aperçoit point ni de bien tj ^^^ dans toutes puisse causer, car alors il est évidf / ^^ ^ ^«^^ «oit mières choses ne s'y rencontrent /
On voit aussi que toutes ce- ' ' ^«^ ^^^ce dans les libres, qu-elles sont en nous ^ ' ' donner au corps la nous, depuis le péché, e ' ^^^^ ^\ P^^^ répandre tement de notre volon^ ' ^^^^^ "^ ^^^"^^ <ï"e 1 «« de nous. Mais il sem> ^'^^}''^ circonstances de l'inlong toutes ces chr J^^ Q^l^^é ou à la force de celui
par quelques exe' >' ^"^ *^ «^."^^f 5 ^^ f ^ ^P^^^^^^' Supposons d 4esi à autant plus fort, plus abondant
quelque affrr/>/^^« ^^ ^^^^^ ««^ plus grand, que Topgination Ic/rMS ^^rte, et que le cerveau en est plus
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chagri' ^ Js personne de laquelle nous parlons ne reoue ^j^r imagination quelque injure, ou s'il en reda' /^^i^^'^^' ^^^^ légère et qui ne fasse point d'él/^'^gflt considérable dans son cerveau, Tépanche- ^^fdes esprits animaux sera faible et languissant, ^^fpe sera peut-être pas assez grand pour changer la ^!Lsiiion du corps ordinaire et naturelle. Mais si rjijate est atroce et que Timagination soit échauffée, .. gg fera un grand ébranlement dans son cerveau, et les esprits se répandront avec tant dé force qu'ils forceront en un moment sur son visage et sur son corps l'air et la contenance de la passion qui le domine. S'il est assez fort pour vaincre, son air sera menaçant et fier; s'il est faible et qu'il ne puisse résister au mal qui va l'accabler, son air sera humble et soumis : ses gémissements et ses pleurs excitant naturellement dans les assistants, et même dans son ennemi, des mouvements de compassion, ils en tireront le secours qu'il ne pou-