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parce que la joie est une suite naturelle de la connaissance qu'a notre âme qu'elle est dans le meilleur état où elle puisse être. Cette joie de l'esprit pouvait leur soutenir le courage pour quelque temps, mais elle n'était pas assez forte pour résister à la douleur et pour vaincre le plaisir. L'orgueil secret, et non pas la joie faisait bonne mine ; et lorsqu'ils n'étaient plus en vue ils perdaient toute leur sagesse et toute leur force, comme ces rois de théâtre qui perdent toute leur grandeur en un moment.
II n'en est pas de même des chrétiens qui suivent exactement les règles de l'Évangile. Leur joie est so* lide, parce qu'ils savent très-certainement qu'ils sont dans le meilleur état où ils puissent être. Leur joie est grande, parce que le bien qu'ils goûtent par la foi et par l'espérance est infini* Car l'espérance d'un grand bien est toujours accompagnée d'une grande joie; et cetle joie est d'autant plus vive que l'espérance est plus forte, parce qu'une forte espérance, faisant imaginer le bien comme présent, produit nécessairement la joie, et même le plaisir sensible qui accompagne toujours la présence du bien. Leur joie n«est point inquiète, parce qu'elle est fondée sur les promesses d'un Dieu, confirmée par le sang du Fils de Dieu, entretenue par la paix intérieure et parla douceur inexplicable de la charité que le Saint-Esprit répand dans leur cœur, llien neles peut séparer de leur vrai bien, lorsqu'ils le goûtent et qu'ils se plaisent en lui par la délectation de la grâce. Les plaisirs des biens du corps ne sont point si grands que ceux qu'ils ressentent dans l'amour de Dieu. Ils aiment le mépris et la douleur, ils se nourrissent d'opprobre, et le plaisir qu'ils trouvent dans les souff'rances, ou plutôt le plaisir qu'ils trouvent en Dieu lorsqu'ils méprisent tout le reste pour s'unir à lui, est si violent qu'il les transporte, qu'il leur fait