LIVRE I. CHAPITRE IX. i
fidre à lui qu*à ane manière de présomptueux <{ui avec un langage superbe et une mine pesante rabi*ouent si dédaigneusement les personnes, qu^ils ne semblent faire montre de leur fortune que pour acquérir des ennemis. Aussi nous les adorons bien en apparence, mais nous les détestons en notre âme, et baissons en leurs actions ce que nous imiterions si nous étions en leur place. Il y en a qui se serrent des femmes de leurs voisins , non pas secrètement avec quelque honte, mais scandaleusement à la vue de tout le monde , et ne trouvent point mauvais qn'on leur rende la pareille. Si quelque mari ne permet point à sa fenune de se promener tout du long du jour erami ' les rues, et à la portière d un carrosse s'exposer aux yeux et aux désirs de toute une ville, tout le sexe le dé<criera pour un malhabile homme , qui ne sait que c'est d'honneur et de qui la conversation ne peut apporter que du mal. Si qudiqu'un na point de maîtresse, et n entr^Mrend la recherche de quelque femme d'importance, ce sera un homme sans courage, un étalon de chambrières , et qui ne mérite pas de manger un friand morceau. De là vient que l'adultère est aujourd'hui la plus honnête et la plus approuvée façon qu on ait de se marier. Une femme ne semble pas bonne , si on ne l'a dérobée. Après avoir bien amassé, on épand ; après avoîr épandu, on ramasse avec la même avarice qu'auparavant. Il n'y a plus ni foi ni conscience. Si quelqu'un est pauvre, on le méprise, on appréhende de l'être , et comme s*il n'y avoit point d'autre mal au monde, on ne pense à rien qu a s'en garantir. Jamais une injure n'est pardonnée, les forts gourmandent les foibles, et ne penscroient pas leur faire connottre leur puissance, 6*ils ne leur faisoient sentir leur oppresuon; car de ruiner les provinces,