‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 122 sur 359 · I. Bon courage, Lihéralis · texte numérisé non relu

I. Bon courage, Lihéralis

Voici le livre des glanes. A cette heure que je suis au bout de la matière, je regarde de tous côtés, non ce que je dois dire , mais ce que je n'ai point dit. Prenez en bonne part ce qui reste, puisque c'est pour vous qu'il est resté. Si j'eusse voulu me faire valoir, je devois aller par degrés, et mener ma besogne d'un ordre que le plus friand fût servi le dernier. Mais sans y apporter tant de façon , j'ai tout d'un coup mis sur la table ce qui m'a semblé le plus nécessaire. A celte heure s'il m'est échappé quelque chose, je le ramasse. Et pour en parler franchement, si vous m'en demandez mon avis, je ne trouve pas qu'il soit trop à propos, après qu^on a dit ce qui peut servir à l'instruction de la vie, de courre après des choses qui ne sont pas tant pour le remède de l'âme que pour l'exercice de l'esprit. Démétrius le Cynique, homme qu'à mon jugement on ne sauroit mettre auprès de rien si grand qu'il ne fasse toujours parottre sa grandeur, dit ordinairement une chose que je trouve fort à propos : qu'il vaut mieux ne savoir que peu de préceptes de sagesse, et les avoir toujours en la main, que d'en apprendre une infinité qu'il faille chercher quand on s'en veut servir. « Comme, dit-il, pour être bon lutteur il n'est pas question de savoir toutes ces prises

I. Sciièquc cite ici deux vers des Géorgiques de Virgile (Uy. H, V. 4 5) y que Malherbe n'a pas traduits.

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