‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 157 sur 359 · I. Il y a par erreur Lucius dans Fédition de · texte numérisé non relu

I. Il y a par erreur Lucius dans Fédition de

a78 LES ÉPITRES DE SÉNÈQUE.

ment languir celui qui est en attente. La principale crainte de Tun et de l'autre procède sans doute de ce que nous ne portons point nos pensées aux choses présentes, mais les envoyons bien loin au-devant de celles qui sont à venir. Voilà comme la prévoyance, qui fait la plus haute félicité de la vie, est changée en malheur. Les bétes sauvages fuient les dangers qu'elles voient devant leurs yeux, et sont en sûreté après en être échappées. U n'en est pas ainsi de nous. Le passé nous fâche, l'avenir nous met en peine , et beaucoup de biens que nous avons nous adieminent à de grands maux ; car notre mémoire nous ramène la crainte, qui est une fâcheuse maladie, et la prévoyance la fait venir avant le temps. Or il n^est point d'homme qui soit réduit à ce point de misère par le seul objet des choses présentes.

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