I. Divertisse, détourne
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leur audace, irritent leur paillardise, et sollicitent leur colère par les moyens qu'ils lui mettent en avant de se venger. Enfin tout ce cpie la solitude a de commodité, qui est de ne se découvrir à personne, et de ne craindre point d'être accusés, est perdu pour eux ; ils se découvrent et se trahissent eux-mêmes. Voyez donc combien j'espère devons, ou plutôt comme je m'en confie; car l'espérance est un nom qui ne convient qu'aux choses où il y a encore de l'incertitude. Je ne trouve personne à qui je vous aime mieux bailler en garde qu'à vous-même. Je me ressouviens de quelque langage que je vous ai ouï tenir, plein à la vérité d'une grandeur de courage vraiment solide et bien conforme à la vigueur de l'àme qui le produisoit. Je m'en réjouis dès l'heure, et dis en moi-même : Ce ne sont pas là des paroles qui viennent du bout des lèvres, le fondement en est plus avant ; voici un homme qui n'est pas fait comme beaucoup d'autres; il n'a pas envie de se perdre; c'est ainsi qu'il faut parler, c'est ainsi qu'il faut vivre.
U. Prenez garde que rien né vous fasse baisser le cœur; n'importunez point les Dieux de vous accorder ce que vous leur aviez demandé par le passé ; quittez-les* de vos vœux précédents : faites-en de nouveaux. Demandezleur une conscience sans fraude , un esprit sans trouble, et un corps sans maladie' : ce sont là des vœux cpi'il ne faut point craindre de leur faire. Ils ne font jamais mauvais visage à nos requêtes , quand nous ne leur demandons rien du bien d 'autrui.
III. Mais afin que, selon ma coutume, vous ne receviez point ma lettre sans quelque présent, je vous dirai une