ÉPÎTRE XVI
AaeoMBST. — I. La philosophie doit être la guide de Thomme. — II. La philosophie est utile à Thomnie, soit qu*uue providence étemelle gouverne le monde, ou que les choses arrivent fortuitement; d'autant qu'elle enseigne d*ohéir à Dieu, et de souf&ir les adrertît^ avec patience. — III. Celui qui se règle par les lois de la nature est riche; qui par celles de Topinion, est pauvre.
I. Je ne doute pas que vous ne sachiez bien qu'il n*y a moyen de vivre, non pas heureusement, mais passablement, sans Tétude de la sagesse, et que selon le progrès qo*on y fait, on approche plus ou moins de la parfaite félicité ; mais ce n'est pas tout que de le savoir, si par une méditation continuelle on ne tâche de se confirmer en cette opinion. Les sages résolutions sont plus fortes à garder qu'à prendre ; il faut persévérer, et ne cesser jamais de vous fortifier, que vous n'ayez fait un bon naturel de ce qui n'est qu'une bonne volonté. Vous n'avez que faire avec moi de tant de paroles, ni de si longues protestations : je vois bien le profit que vous avez fait. Je sais d'où vient ce que vous m'écrivez : il n'y a ni fard ni déguisement; toutefois, pour vous dire franchement ce que j'en pense, j*en ai déjà beaucoup d'espérance, mais de confiance je n*en puis encore avoir. Faites le même scrupule que je fais : ne soyez ni prompt ni facile à présumer devons;