I. En part, quelque part, en un lieu
a. j4 lier par écuelles, faire grande débauche, manger tout ce qui est dans les écuelles. {Dictionnaire comique de le Roux, au mot Écuelle,) 3. Souloit (sole Bat) f avait coutume de.
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comme de coutume, ou si pour ne sembler pas avoir des mœurs particulières,' nous mettrions robe bas, et ferions b débauche cooune les autres; car à cette heure pour passer le temps et faire fête, nous changeons d'habits; ce qu'autrefois on ne faisoit que lorsqu'il y avoit quelque mauvaise nouvelle, ou que les choses sembloient se préparer à quelque remuement. Si je sais quelque chose de votre humeur, votre opinion seroit de prendre une voie d'entre les extrémités, et faire un peu plus de chère que d'ordinaire, mais aussi n'aller pas jusques où va le peuple, si peut-être vous n'étiez d'avis que c'est alors qu'il se faut tenir la bride plus haute, afin de faire montre de la tempérance, en un temps où l'on ne voit que des exemples d'insolence et dissolution de tous côtés. Il n'y a point de preuve qui fasse mieux connottre que Tesprit est ferme, que quand il n'y a rien assez attrayant pour le convier au désordre, ni rien d'assez fort pour l'y traîner. Ce seroit bien, à n'en mentir point, un trait plus courageux de demeurer sec et sobre, au milieu d'un peuple qui ne fait qu'ivrogner, et rendre sa gorge emmi les rues ; mais il y a bien plus de discrétion à se tirer hors de la multitude, sans montrer qu'on soit irrégulier, et faire ce que font les autres, pourvu qu'on le fasse d'autre façon qu'ils ne le font : il n'est pas impossible de passer son temps, sans se déborder.
U. Au demeurant, j'ai tant d'envie de reconnoltre conune vous avez l'âme en bonne assiette, que suivant les règles des grands personnages, je suis d'avis que vous iassiez un essai d'être mal nourri et mal vêtu quelques jours , afin de pouvoir dire : « Est-ce ceci de quoi on m'avoit fait si grand'peur? >» Il faut en la sécurité se préparer aux étonnements, et au milieu des caresses de la fortune, se résoudre à ses outrages. Les soldats en pleine paix marchent en bataille, travaillent aux tranchées, et
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se lassent à des labeurs superflus, pour se fortifier aux nécessaires. Voulez- vous n avoir point de peur en Texécution de quelque chose? assurez- vous devant que d'y aller. Cette considération a fait que beaucoup de gens ont voulu donner quelques jours de chaque mois à vivre comme les pauvres, et se sont approchés le plus qu^ils ont pu de Tindigence, afin que jamais ils ne craignissent ce que si souvent ils avoient essayé. Ne pensez pas que je vous appelle simplement à quelque retranchement de votre ordinaire, ou à manger sous quelque cabane, ou à faire quelqu'une de ces austérités fantastiques où par caprice les grands vont chercher de Tappétit, quand l'assiduité des délices leur en a fait perdre le goût. Que votre lit soit une paillasse, votre habit une haire, et votre viande* du pain bis ; faites cette vie-là durant trois ou quatre jours, et quelquefois davantage, afin que ce ne soit pas un jeu, mais une épreuve à bon escient, et croyez qu'alors vous aurez l'esprit bien content, quand vous verrez que pour deux liards vous aurez mangé tout votre aise', et connottrez que pour être soûl, vous n'avez que (aire d'être en la bonne grâce de la fortune, puisqu'en dépit d'elle il faut qu'elle vous fournisse ce qui vous fait besoin. Quoi que vous fassiez pourtant, ne vous imaginez point d'avoir fait quelque grande prouesse. Vous n'avez rien fait qu'une infinité d'esclaves et de pauvres ne fassent. Toute la gloire qui vous en est due, c'est que vous le faites volontairement. La continuation ne vous en fâchera non plus que l'essai ; exerçons-nous à la quintaine ', et de peur que la fortune ne nous surprenne, faisons de bonne heure connoissance avec la pauvreté. Quand nous aurons su
I , Viande^ nourriture.
3. Dans Tédition de 1 645 : a Tout à votre aise. » 3. Quintaine, pieu contre lequel les cavaliers s'exerçaient k frapper de la lance ou du javelot.
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combien c'est chose supportable d'être pauvres, nous en serons riches avec moins d'appréhension. Epicure, qui étoit si savant en volupté qu'il en faisoit leçon, avoit de cei-tains jours où il ne mangeoit pas son soûl, pour voir s'il y défailloit quelque chose d'une pleine et parfaite volupté, ou combien il en défailloit, et si c' étoit chose qui méritât de s'en travailler beaucoup. Cela se trouve ainsi dans les lettres qu'il écrivoit à Polyénus durant le gouvernement de Charinus. Il se vante aussi qu'il ne dépendoit pas un soûl à chaque repas ; et que Métrodorus, qui n'étoit point encore du tout si philosophe, n'en dépensoit ^ pas plus d'un entier. Vous ne croyez pas qu'il y eût de quoi se soûler à faire de si mauvais repas? si avoit-il de quoi se contenter, non d'une volupté légère et périssable, mais d'un contentement bien solide et bien assuré. Il u^y a pas grand' friandise à manger un peu de bouilli', ou un morceau de pain d'orge, et boire de l'eau ; mais c'est un plaisu* extrême que de trouver du plaisir en ce qui n'en a point, et se réduire à des choses que la plus rigoureuse et la plus injuste fortune du monde n'est pas capable de nous ôter. Les criminels font bien meilleure chère à la Conciergerie', et ceux mêmes qui sont mis à part afin d'être menés au supplice, ne sont pas traités si maigrement. Quelle démonstration plus évidente sauroit-on faire de la grandeur de notre âme, que de nous ranger volontairement à des choses que nous ne souffririons pas quand nous serions à la dernière extrémité ? C'est ainsi qu'on se prépare conti*e la fortune. Commencez donc de bonne heure, mon grand ami, à prendre cette coutume, et destinez quelques jours où séparé du monde, et rendu commu-
I. Nous suivons le texte de i^Sg, qui donne ici dépensoiiy et deux li^es plus haut dépendait.
a. U faut sans doute Lire bou'UtU, Le latin est polenta^ 3. JÀberiora s uni alimenta carcerisy dit le latin.
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nicable aux plus petits, vous entriez au commerce de la
pauvreté.
Aude^ hospesy etc. *.
Celui seul en est digne qui sait mépriser les richesses : ce n'est pas que je les condamne, mais je veux qu'il les possède sans appréhension , et cela ne se peut faii*e que nous ne soyons résolus à nous en pouvoir passer , et que nous ne les regardions comme toujoui's prêtes à s'en aller d*avec nous.
III. Mais il faut commencer à fermer ma lettre. Je me doute bien que vous ne me le permettrez pas que premièrement vous n'ayez été payé de ce que je vous dois. Je vous assignerai donc sur Epicure, qui m'acquittera. « Où il y a trop de colère, il n'y a jamais assez de jugement. » Vous n'ignorez pas connue cette sentence est véritable. Puisque vous avez eu des valets, vous avez eu des ennemis. C'est une passion qui ne respecte personne : elle nait d'amour aussi bien que de haine , et non moins parmi les choses sérieuses , qu'entre les jeux et les passe-temps. Les effets n'en sont point selon la cause , mais selon la disposition de l'âme qui la conçoit; comme il n'importe pas combien un feu soit grand , mais combien la matière où il tombe est capable de s'allumer ; car il est des choses si dures et si solides , que quelque feu que ce soit , elles ne le reçoivent pas; et au contraire il en est qui en sont si susceptibles, qu'il suffit d'une seule étincelle pour les consumer tout incontinent. Il n y a point de doute qu'une colère bien violente ne se termine en fureur ; et
I. Le texte de Malherbe ne donne que les premiers mots (et non traduits) de la citation :
Aude, hospes, contemnere opes, et te quoque dignum Finge Deo.
(Virgile, Ènéïdt, livre VEI, v. 364, 365.)
ÉPlTME XTIII. 1»
cr. 0 est boD de s*cn donner gnrde nos-Mnknicnt fÊûor in Bodcsûe, nais encore pour k eonscrvntion de