Voyez au tome I Ul Notice biographique f p. xxxv
i3a LETTRES A DIVERS.
6l. A MONSIEUR ***!.
Monsieur,
Je ne sais quand je pourrai avoir l'honneur de voir Monseigneur le Cardinal. C'est pourquoi ayant jeté les yeux sur tous ceux par qui je lui pouvois faire savoir la vérité de l'assassinat de mon pauvre fils, je n'en ai point trouvé de qui, par toutes sortes de raisons, je dusse^us apparemment espérer ce bon office que de vous. Monseigneur l'archevêque d'Aix, par un goût particulier, aime le conseiller Cauvet, père de Bormes et beau -père de Piles, qui est l'assassin1. Je ne puis deviner pourquoi, sinon parce qu'il veut aimer sans compétiteur ; mais tant y a qu'il l'aime et lui donne con tre moi de l'assistance en tout ce qui dépend de lui, jusques à avoir défendu à son grand vicaire1 de donner un monitoire qui lui est demandé4, et prier Monseigneur le vice-légat d'Avignon de m'en faire le même refus1 . Je pris dernièrement la hardiesse de m'en plaindre à Monseigneur le Cardinal, qui me promit de lui en écrire. Je crains de lui être importun, en lui
Lettre 6i. — i. Cette lettre a été publiée pour la première fois par M. Hauréau, dans le Bulletin des Comités historiques , i85o, tome II, p. 164 et i55, d'après une minute du manuscrit Baluze, f*>56.
2. Voyez au tome I la Notice biographique, p. xxxvn, et ci-dessus, p. 1 14 et i3o. — Malherbe avait d'abord écrit : « le conseiller Cauvet, père de l'un des assassins et beau-père de l'autre. Pai dit par un goût particulier, parce qu'il.... s'assure qu'en cette amitié (?) il n'aura point de compétiteur, n'y ayant homme du monde qui ne regarde cet homme avec mépris. Tant y a, etc. »
3. Les mots : « jusques à avoir défendu à son grand vicaire,» sont écrits dans l'interligne t au-dessus de cette phrase, biffée : c Peu ai parlé à Monseigneur, qui m'a promis de lui en écrire, s
4. Qui lui est demandé est écrit au-dessus de ces mots, effacés : c pour faire parler ceux qui savent la vérité. •
5. De m'en faire le même refus a été substitué à de n'en faire bailler point aussi.
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allant demander cette lettre. Je vous supplie, Monsieur9, par la haine que tous les gens de bien doivent au mal7, et par l'opinion que j'ai d'être auprès de vous en quelque estime, de la vouloir solliciter pour moi, et la mettre entre les mains de quelqu'un qui me la rende fidèlement. Toute la méchanceté d'un homme n'est pas de * commettre les crimes ; il y en a une bonne partie à les protéger. C est ce qui me fait étonner que Monseigneur d'Aix veuille témoigner9 de l'affection à un maroufle comme Fortia, À méprise sa réputation. J'espère que l'avertissement que lui en fera Monseigneur lui ouvrira la vue, et lui donnera de meilleures pensées10. Les bonnes natures comme la vôtre savent que c'est de ces sentiments. Cela m'excusera de cette iinportunité, et vous acquerra une obligation que j'aurai (?) d'être toute ma vie votre, etc., etc.
[1627 ou 1628.]
6. U y avait d'abord : « Je vous supplie, Monsieur, comme homme. •
7. Au mal a été substitué à aux crimes; à la ligne suivante, d'être à que je suis; deux lignes plus loin, de quelqu'un à de ce porteur,