‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 110 sur 298 · Dtffcs le manuscrit : * d'être toujours reconnu · texte numérisé non relu

Dtffcs le manuscrit : * d'être toujours reconnu

Lettre 63. — 1. Cette lettre a paru pour la première fois dans l'édition de i63o, livre I, lettre a3, p. 5 40.

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clames de ne se travailler guère pour la conservation des amitiés. La facilité d'acquérir ce qu'ils n'ont point, leur persuade aisément de faire peu de cas de ce qu'ils ont. Je ne suis, Dieu merci, ni l'un ni l'autre. Voilà pourquoi vous offensez la nôtre, si vous ne croyez que je l'honore comme votre mérite m'y oblige. U est vrai que je ne vous ai point écrit ; mais vous savez qu'il eût fallu et faudroit encore faire tourner le sas 2 pour avoir de vos nouvelles. Assez de gens vous témoigneront avec quel soin je me suis efforcé d'en apprendre ; mais ne trouvant personne qui en fût mieux informé que moi, je me suis résolu de perdre mon temps en quelque autre besogne, et ignorer avec patience ce que je ne pouvois rechercher plus avant qu'avec trop de curiosité. Si vous aviez d'aussi pertinentes raisons de votre silence comme j'ai du mien, vous n'eussiez pas pris tant de peine de vous justi- 6er à mes dépens. Vous avez écrit en assez de lieux, pour juger que vraisemblablement je puis avoir vu quelqu'une de vos lettres, et que par conséquent, si j'étois plus hargneux que je ne suis, j 'aurais de quoi gronder à bon escient. Mais il ne faut pas traiter ses amis à toute rigueur. C'est beaucoup de jeter les yeux sur leurs fautes ; ce serait trop de les y arrêter ; et puis la joie de voir que je suis conservé en votre mémoire, vaut bien que je vous quitte l'appréhension que vous m'avez donnée d'en être effacé. Je le fais de bon cœur, et vous conjure de me tenir la promesse que vous me faites de continuer à m'aimer. C'est à cette condition que je continuerai à être toute ma vie votre très-humble serviteur. Je suis trop vain pour rendre mas affections gratuites, et vous trop

s. f On dit faire tourner le sas {le tamis) , pour dire : faire une espèce de sortilège avec «n^sji^ par le moyen duquel on prétend décourrir l'auteur d'un ftÉk*(?c de toute autre chose). » (Diction' na'ure de C Académie de i^Kv

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honnête pour les demander à meilleur marché. Vous ne me dites rien de votre retour. Si c'est qu'il ne doive être de longtemps, vous avez fait sagement de ne gâter point les douceurs de votre lettre par le mélange de cette amertume; mais aussi, si c'est le contraire, vous n'obligez guère ceux qui vous désirent, de leur épargner la consolation de vous attendre. Adieu, Monsieur : je vous baise les mains.

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