A MONSIEUR
Monsieur,
Je ne pensois répondre à votre première lettre, que le gentilhomme qui me l'avoit rendue ne s'en retournât eu vos quartiers. Mais saus mentir, la seconde me serre le bouton de trop près, pour me dispenser de prendre un si long délai. Vous avez une inclination si naturelle à la courtoisie, et la confirmez tellement par la fréquentation de Monsieur votre beau-père, qui en est une source inépuisable , que les indignes mêmes en ressentent la superfluité. Je suis de ce nombre, Monsieur ; mais au moins ne suis-je pas de ceux que le désespoir de payer la dette précipite à la méconnoissance de leur obligation. Il vient quelquefois de si bonnes années, que les terres les plus stériles récompensent par une bonne cueillette ceux qui prennent la peine de les cultiver. Il en sera de même, s'il plaît à Dieu, de ma mauvaise fortune à vous rendre l'honneur que vous me faites de m' ai mer. En cette espérance je vous supplie, Monsieur, de me le continuer, comme à votre serviteur très-humble et trèâ4iffectionné.
Lettre 64. — 1. Cette lettre a été publiée pour la première fois dans 1 édition de i63o, livre I, lettre a If p. 538.
LETTRES A DIVERS. i37