A MONSIEUR
Monsieur ,
S'il n'y a point de bienfaits1 qui nous obligent davantage que ceux que nous recevons sans les avoir mérités, je ne crois point qu'en celui qu'en ces dernières occasions il vous a plu me faire, il se puisse trouver des paroles capables de vous remercier. Et sans mentir, cette considé-
Lrttbb 65. — i. Cette lettre est la a8* du livre I dans l'édition de i63o, où elle a paru pour la première fois (p. 548).
Lettre 66. — i. Cette lettre, dont nous avons comparé le texte à une ancienne copie qui se trouve au manuscrit Baluze (£7), a été publiée pour la première fois dans l'édition de i63o, livre II, lettre 6, p. 569.
3. Dans le manuscrit : t II n'y a point de bienfaits, » pour : c S'il n'y a point de bienfaits ; » et au lieu de la troisième et de la quatrième ligne : c je ne crois point, etc., » on ne lit que ce peu de mots: c je n'ai point de paroles assez capables de, etc. 1
i38 LETTRES A DIVERS.
ration m'a tenu quelques jours en opinion de me taire, et d'attendre que par les effets je vous pusse donner quelque assuré témoignage de ma très-humble servitude1. Mais craignant que cependant que la fortune me différoit ce contentement, vous ne prinssiez quelque mauvaise impression de mon silence, je me suis résolu de le rompre, et d'éviter plutôt le soupçon d'ingratitude que le blâme d'indiscrétion. Excusez, Monsieur, cette hardiesse, et vous souvenez que si les sentiments4 des faveurs doivent être proportionnés au lieu d'où elles viennent, il n'est pas possible qu'il y ait ni respect ni sagesse qui puissent faire dissimuler celles qui viennent de vous. Je sais bien, Monsieur, que depuis quelques jours on a voulu par de mauvais offices me rendre indigne de l'honneur de votre bienveillance ; mais ce n'est pas chose nouvelle que l'innocence soit travaillée par la calomnie. Je9 loue Dieu que votre beau jugement a vu clair au travers de ces nuées9 , et le prie, avec les vœux les plus religieux que je fis et que je ferai jamais, qu'il me fasse naître quelque sujet où par le mépris que je ferai de ma propre vie pour acquérir vos bonnes grâces, vous connoissiez avec quelle passion je voudrois être capable d'y parvenir.
3. Le manuscrit offre la variante que voici : t .... témoignage du ressentiment que j'en ai. t A la fin de la ligne suivante, il donne différeroit, pour différoit,
4* Dans le manuscrit : c et tous ressouvenez que si les ressentiments, etc. 1
5. A partir d'ici , la copie a des lacunes; il y a beaucoup de mots enlevés.