A MONSIEUR
Monsieur,
Je pensois, quand j'ai reçu votre lettre, avoir rencontré quelque sujet de vous témoigner ce que je vous suis; mais cette joie ne m'a pas été longue, pource que l'affaire dont vous m'écrivez a été résolue il y a trois jours. C'est avec un extrême regret que je suis privé d'un bien que j'avois impatiemment attendu et passionnément désiré ; mais il faut souffrir cette injure de la fortune. Ce n'est pas la première, mais c'est bien Tune des plus cuisantes. Elle ne m'obligera jamais de faveur qui me soit plus chère, que de me donner de quoi vous témoigner que je suis, Monsieur, votre très-humble et très- affectionné parent et serviteur.