‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 122 sur 298 · A MADAME *** f · texte numérisé non relu

A MADAME *** f

Madame ,

De quelques belles paroles que vous ayez accompagné1 l'excuse de votre silence, je ne la saurais prendre que pour une accusation du mien. Aussi est-ce la vérité qu'ayant en vos bonnes grâces la part qu'il vous a plu m'y donner, je {tevois montrer quelque sorte de soin à me conserver une si chère1 acquisition. Mais d'un côté

a. Probablement celui dont il a été question plusieurs fois au tome III; voyez particulièrement p. a 35, note 1.

Lxttrb 74. — i. Cette lettre a paru pour la première fois dans l'édition de i63o, livre I, lettre i3, p. £27. Il y en a, au manuscrit Baluze, f°* 4 et 5, une minute autographe et une copie, auxquelles nous avons comparé le texte donné par l'édition de i63o.

3 . On lit dans la copie : « De quelques paroles ; » dans la minute autographe, « accompagniez » a été corrigé en « ayez accompagné. »

3. Après si chère, la minute autographe porte les mots : c et si

un peu de vaine gloire me persuadant que c'étoit faire tort à une grande affection de lui donner4 de petits témoignages, et de l'autre croyant qu'après les protestations que je vous en avois faites de bouche, celles des lettres ne pouvoient être que superflues , je n'y voulois plus rien ajouter que la preuve de quelque très-humble service, dont j'attendois que la fortune me fît naître l'occasion. A cette heure, Madame, que votre courtoisie, excessive comme le reste de vos mérites, m'a délivré* de ces scrupules, je suivrai le chemin que vous m'avez ouvert. Ce sera bien certes avec quelque honte que vous m'ayez prévenu, et qu'il ait fallu que de nouvelles honnêtetés m'aient amené à un devoir auquel je n'étois que trop obligé par les précédentes. Mais puisque vous avez toutes autres sortes d'avantages sur moi, je ne refuserai point que vous ayez encore cettui-ci , et sans rien contester avec vous, me contenterai de disputer à tous ceux qu'avec moi vous honorez de votre amitié, la gloire d'en avoir le plus de ressentiment. Ce sera un combat où si les bons succès suivent les bonnes causes, je ne douterai non plus de la victoire, que vous, s'il vous plaît, Madame, du pouvoir absolu que vous avez et aurez éternellement sur votre très-humble serviteur.

glorieuse, i biffés. Deux lignes plus loin, une grande a été substitué à mon,

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