A MADAME
Madame ,
C'est assez de me recevoir au nombre de vos trèshumbles serviteurs , sans me le dire avec des paroles si honnêtes et si obligeantes qu'elles font honte à toutes celles dont je pourrois vous remercier. Mais je vois bien que c'est : une courtoisie qui eût eu quelque défaut ne vous eût pas semblé digne de vous, qui êtes la perfection
ment, à la fin de la lettre, crédit, an lieu de moyen ; et avant d'écrire : c s'il plaît à Dieu, » Malherbe avait mis d'abord : c s'il vont plaît, 1 puis il a effacé vous.
». Pourvu que je sache, mais il faut que je sache.
Lbttbb 73. — 1. Cette lettre est la i8« du livre I dans l'édition de i63o, où elle a paru pour la première fois (p. 533).
Malhsbbk. rv 10
même. Je sais bien, Madame, que ma fortune ne saurait jamais être capable du ressentiment que je vous en voudrais témoigner ; mais pour cela je ne laisserai pas de vous supplier très-humblement de m'en continuer l'honneur. Si je ne puis mieux, pour le moins les recevrai-je comme celles des Dieux , avec adoration. Je viens d'apprendre la nouvelle gratification que la Reine vous a faite. J'en loue Dieu de tout mon cœur, et le prie que Leurs Majestés ne soient jamais lasses de vous continuer les effets de leur bienveillance, que je ne le sois de vous les souhaiter. M. de la Mole1 vous dira tout ce que nous avons de nouveau par deçà. Je garderai ce reste de page pour vous baiser très-humblement les mains, et vous répéter, Madame, que je suis votre très-humble serviteur.