‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 150 sur 298 · a calisteV · texte numérisé non relu

a calisteV

S'il est vrai que la miséricorde de Dieu puisse être tellement offensée, qu'il se trouve des péchés dont elle ne donne jamais de grâce, et que néanmoins ceux qui en parlent nous la figurent1 infinie et incompréhensible, je ne sais, Madame, quelle assez digne qualité je puis attribuer à la vôtre, après avoir obtenu la rémission d'un acte le plus lâche, le plus déloyal, et pour dire en un mot, le plus irrémissible qu'il soit possible de s'imaginer1. Il est bien certain que si à la témérité de l'avoir commis je voulois ajouter l'impudence de le vouloir défendre *, j'aurois pour moi 8 cette excuse commune à tout le monde, que l'amour est une maladie faneuse, et que par conséquent la raison et lui sont incompatibles. Mais avec quelle assurance entreprendrois-je de persuader à un jugement clair et net comme le vôtre, qu'une bonne cause produise de mauvais effets, et qu'il sorte des in-

Lktthe 91. — 1. Cette lettre, la i5e du livre III (p. 696) dans l'édition de i63o, avait été publiée antérieurement dans les recueils de Rosset (f° 368) et delà Serre (p. 149).

*"* a. Vab. (recueil de la Serre) : dont elle ne donne jamais grâce, et que néanmoins ceux qui en parlent la figurent.

3. Malherbe, dans un accès de jalousie, avait souffleté la vicomtesse d'Auchy. Voyez Tallemant, édition P. Paris, tomel, p. 3oi.

4. Vab. (recueils de Rosset et de la Serre) : l'impudence de le défendre.

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