Voyez au tome I, p. a5, la note du ver
39. Var. (édit* de 161 4) : étendre la domination des fleurdelis {sic).
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décesseurs. Certes en cela il n'y avoit rien d'impossible ou plutôt rien qui avec beaucoup de vraisemblance ne se pût espérer de lui. Mais, Madame, voyons le revers de la médaille. Ne pouvoit-il pas arriver que par quelqu'un de ces inconvénients qui mettent les terreurs paniques dans les armées, la sienne se seroit mise en fuite, et que sans avoir part à la faute, il auroit eu part au déshonneur ? Ne pouvoit-il pas tomber aux mains des Turcs, et se voir, selon leur coutume, confiné dans la tour de la mer Noire40, ou, plus cruellement encore, être mis en quelque autre prison, d'où tout l'or du monde n'eût pas été suffisant de le racheter41? Ces nouvelles, Madame, vous eussent été des afflictions insupportables; mais en voici encore une qui n'est pas moindre. Se pouvoit-il pas faire qu'étant sensible comme il étoit aux aiguillons de l'honneur, et chatouillé de la réputation de deux combats, qui lui étoient aussi glorieusement succédés42 que généreusement il les avoit entrepris, il en eût essayé un troisième, où témoignant le même courage, il n'eût pas trouvé le même événement? Avec quel déplaisir, ou plutôt avec quel désespoir l'eussiez-vous vu rapporter alors, sinon mort, au moins estropié pour le reste de sa vie, et peut-être ayant au lieu le plus éminent de son visage les marques de son malheur et de l'avantage de son ennemi? Sortons, Madame, de la considération de ces inconvénients , et tournons les yeux sur une infinité de maladies, qui le pouvoient réduire en tel état, que pour son repos vous eussiez été obligée de faire contre sa vie
4o. Le château des Sept -Tours, à Gonstantinople.
4i. L'édition de i63o donne seule : c de le racheter; i les trois autres ont : « à le racheter. i
4*. Les deux duels où il avait tué successivement le baron de Lux et son (ils en janvier i6i3. Voyez les lettres à Peiresc en date des 5 et 8 janvier et du icr février i6x3, tome III, p. 267, 171 et a86.
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les mêmes vœux qu'auroit su faire un qui l'auroit haï mortellement. Je sais bien que sa bonne complexion lui pouvoit faire espérer une grande santé; mais combien voyons-nous de maux si étranges , que nous ne savons ni qu'imaginer pour en trouver la cause, ni qu'employer pour en avoir la guérison ! Feu Mons. le cardinal de Lorraine du titre de Sainte-Agathe41, frère de Mons. de Lorraine qui est aujourd'hui, fut d'une température44 où il n'y avoit rien à désirer. Sa façon de vivre ne pouvoit être ni meilleure ni plus réglée qu'elle étoit; et cependant quelles gènes, je ne dis pas des communes, mais de celles qui font frémir les bourreaux mêmes, ne seroient préférables à ce qu'il souffrit depuis le vingt et neuvième41 an de son âge, que ses douleurs commencèrent, jusques au 4* quarantième, que leur continuation le porta dans le tombeau? Cette maladie fut durant onze ans l'exercice de tous les médecins, non pas de l'Europe, mais du monde. Des remèdes ordinaires on vint aux extraordinaires. L'Eglise pria pour lui , et comme pour un très-grand prince, et comme pour un très-digne prélat47. Enfin, après n'avoir rien oublié de tout41 ce qui se peut49 essayer, ce que l'on avança fut que trois ans devant iju'il mourût, ses tourments, avec quelque diminution bien légère, aboutirent à une débilité de toutes les parties de son corps, si grande
43. Charles de Lorraine, évéque de Metz et de Strasbourg, nommé cardinal en i58g, mort en 1607. Il était frère de Henri le Bon, duo de Lorraine, mort en i6a4*
44* Température, tempérament, constitution.
45. Le recueil de la Serre donne : vingt-neuvième ; et l'édition de 16 f 4 : vingtneuvième, en un seul mot.