Le mot diminuer manque dans l'édition de
LETTRES A DIVERS mi
jours qu'il ne pouvort passer qu'entre des vices ennuis? Ses inclinations étoient véritablement au bien ; mais quels pernicieux conseillers sont-oeqa*lsi chaleur d'un âge où les passions sont furieuses, la h»» diesse d'une condition à qui tout semble être permis, «I la communication des compagnies fâcheuses, que dan* la monde il est aussi mal aisé de ne voir point, comme las voyant" il est impossible d'en éviter l'imitation? La constitution du corps n'est jamais si forte qu'à là fia, parmi ceux qui sont malades", on ne devienne malade, ni les ressorts de l'âme si fermes qu'on ne se corrompe quand on est longtemps parmi ceux qui sont pus". Et puis, seroit-ce une bonne conséquence : Il toujours été homme de bien, il eût donc toujours été reux; il n'eût jamais fait de mal, il ne lui en fût jamais arrivé ? La fortune use impérieusement de ses affections. Elle suit qui bon lui semble, mais elle ne a* tache â personne ; et si elle aime, ce n'est jamais qn'i liberté de haïr quand il lui plaira19. Trop de gens 1* accusée de légèreté, trop de preuves l'en ont cou et l'en convainquent tous les jours, pour en avoir opinion. Pouviez-vous, Madame", voir tant de traita de son inconstance à l'endroit des autres, sans l'appré-
a5. Va», (recueil de la Serre) : que dans le monde il de ne roir point, comme le TOjant , etc.
*6. Va*, (édit. de 1614) : parmi les malades.
37. Vas. (ibidem) : qu'on ne te corrompe quand on est parmi la corruption; — (recueil de la Serre) : qu*on ne as eorrompe parmi ceux qui sont corrompus.
a8. Vab. (recueil de la Serre) : quand il lui plaît. — Dans rédUosi de 1614» la fin de la phrase : • et si elle aime, etc., s est remplacée par ces mots : c Si elle croit aimé quelque temps Mons. rotre frère, quelle caution aviez-TOUS qu'elle ne le baîroit point à l'avenir • s
19. L'édition de 1614 omet ici le mot Mmdmm; deux, paie eaenrc treize lignes plus loin, le recueil de la Serre donne MotuiigmmFf en toutes lettres.
ao* LETTRES A DIVERS.
bouder en ce qui touchoit Mons. votre frère11, et vous représenter que tout ainsi qu'en mourant de bonne heure il tous a donné de quoi murmurer de la brièveté de sa vie, il pouvoit en mourant plus tard vous donner occasion de vous ennuyer de sa longueur? Je sais bien que la belle saison des fleurs est la promesse d'une grande récolte; mais combien de fois est-il arrivé que tantôt une fortune de grêle11, tantôt un ravage de pluies, tantôt un excès de sécheresse, et tantôt quelque autre mauvaise disposition de l'air, ne nous" a laissés M cueillir pour des fruits que des feuilles, et de la paille pour des épis14? Mons. votre frère pouvoit, comme chevalier de Malte, désoler toute la côte de Barbarie, ruiner Arger", brûler Tunis et Bizerte", rompre le commerce de Constantinople en Alexandrie, resserrer les galères du Turc au delà du Bosphore, et donner la souveraineté des mers du Levant à l'étendard de sa religion1'. U pouvoit aussi, comme lieutenant général d'une armée royale, mettre pied à terre en la Syrie, redresser les croix de Lorraine en la Palestine ", porter les fleurs de lis19 aux dernières contrées des Indes, et se couronner de palmes plus hautes et plus glorieuses que ne furent jamais celles de ses pré-
3o. Var. (édit. de 1614) : sans l'appréhender au sien.
3i. Var. (ibidem) : que tantôt une grêle.
3a. Var. (recueil de la Serre) : tous.
33. Toutes nos éditions donnent laissé, sans accord. Voyez cidessus, p. 199, note 19.
34* L'orthographe de ce mot est espix dans l'édition de 161 4 et dans le recueil de Rosset ; espics dans le recueil de la Serre, et épicj dans l'édition de i63o.