Vojez tome I, p. lxv, note
LETTRES A DIVERS. i7
Conty, Mme de Guise1 sa mère , M. le duc de Bellegarde, et généralement tous ceux qui alors étoient ordinaires au cabinet, savent cette vérité, et savent aussi qu'une infinité de fois il m'a dit que je ne me misse point en peine, et qu'il me donneroit tout sujet d'être content. À ce compte-là je ne crois pas que je ne doive en quelque façon être tiré hors du commun. Toutefois, pource que les choses ne vont pas toujours comme elles doivent, et que mon abHfce diminueroit encore le peu de soin que ma présencerait avoir de moi, je suis résolu de ne bouger d'ici que je n'aie porté mon affaire à son dernier point. Si après cela il me reste encore quelques jours de cette automne, je les vous donnerai de trèsbon cœur. Pour l'hiver, je suis d'avis que nous le passions à Paris. C'est Jtm lieu où toutes choses me rient: mon quartier, ma rue, ma chambre, mon voisinage m'y appellent, et m'y proposent un repos que je ne pense point trouver ailleurs. Quand j'étois jeune, le goût de la jeunesse m'y eût ramené ; mais à d'autres saisons d'autres pensées. Ce n'est plus à un homme de mon âge à chercher les plaisirs ; quand il les chercheroit, il ne les trouveroit pas. Il lui doit suffire de n'être point dans les incommodités.
Je finirais ici, mais je sais bien que vous ne serez point marri que je vous conte des nouvelles, sinon pour autre chose, au moins pour vous donner de quoi entretenir la petite noblesse qui vous viendra visiter. Ce que je sais, je le puise en la cour en ovale9, où la source n'est pas trop claire ; mais je vous dirai peu de chose dont je n'aie eu la confirmation au ca-
6. Marguerite de Bourbon -Vendôme , veuve de Henri de Lorraine, doc de Guise, tué a Blois, morte en i633.