‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 17 sur 298 · Michel de Marillac, mort en i63a · texte numérisé non relu

Michel de Marillac, mort en i63a

dont je ne doute point que la probité ne soit hors de toute censure; mais la peur qu'il a de choir le fait aller si bellement, qu'il n'y a patience qui ne se lasse de le solliciter. Vous pouvez penser comme là-dessus feu M. le président Janin4 et M. de Cas tille, son gendre, sont regrettés, non de moi seulement, mais de tous ceux qui sont en la peine où je suis. L'un est hors du monde, et l'autre hors des affaires : tellement que tout ce que je saurois dire d'eux ne peut être soupçonné de flatterie; mais il faut avouer que si les finances ont jamais été religieusement et judicieusement administrées, c'a été entre les mains de ces deux grands personnages. Us aimoient le bon ménage autant que nul autre; mais comme ils savoient qu'il y a des pensions ridiculement obtenues, qui ne peuvent être que ridiculement continuées , aussi reconnoissoient-ils qu'il y en a de si justes, que les ôter ce seroit décrier le jugement du prince, et pour peu de chose lui faire perdre l'affection de ses sujets, qui lui est plus nécessaire que son argent. Pour moi, je ne dispute de mérite avec personne, et crois que de tous ceux à qui le Roi fait du bien , il n'y en a pas un qui n'en soit plus digne que moi ; mais si je n'ai autre avantage, pour le moins ai-je celui de n'être point venu à la cour demander si l'on avoit à faire de moi, comme la plupart de ceux qui y font aujourd'hui le plus de bruit. Il y a en ce mois où nous sommes justement vingt ans que le feu Roi m'envoya quérir par M. des Yveteaux1, me commanda de me tenir près de lui, et m'assura qu il me feroit du bien. Je n'en nommerai point de petits témoins. La Reine mère du Roi, Mme la princesse de

4. Jeannin, mort en 1612. H arait été chargé plusieurs fois de l'administration des finances. Voyez tome III, p. 85, note 10.

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