‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 184 sur 298 · Vah. (recueil de la Serre) : la passion · texte numérisé non relu

Vah. (recueil de la Serre) : la passion

84* Dans une ode sur la mort de M. de Termes (iftai), Racao a mis ainsi en vers ces pensées de son maître :

Il voit ce que l'Olympe a de plus merveilleux ; Il y voit à ses pieds ces flambeaux orgueilleux Qui tournent à leur gré la Fortune et sa roue. Et voit comme fourmis marcher nos légions Dans ce petit amas de poussière et de boue Dont notre vanité fait tant de régions.

— Le commencement de la phrase de Malherbe est le développement de ce vers de Virgile , le 5y* de la V9 églogue :

Sub pedi busqué vicUt nubes et sidéra Dap finis.

ai6 LETTRES A DIVERS.

d'eau qu'ils divisent en si grand nombre de mers11 ! Quelle risée ferez- vous de les voir tantôt empêchés après les nécessités d'un corps auquel ils n'ont pas sitôt baillé une chose qu'il leur en demande une autre, et tantôt inquiétés de la foiblesse d'un esprit qui tous les jours les met en peine de se délivrer par un second vœu de ce qu'ils ont obtenu par le premier ! Prévenez , s'il est possible, ces généreuses pensées. Commencez à parler du monde comme vous en parlerez quand vous en serez sortie. Reconnoissez-le pour un lieu où jusques à ce que vous ayez tout perdu , vous perdrez tous les jours quelque chose ; et de ces méditations faites un préjugé à votre belle âme, qu'ayant eu son origine du ciel , elle est de celles qui auront quelque jour la grâce d'y retourner. Il y a environ deux ans que faisant office de bonne parente au roi et à la reine d'Angleterre , vous les consolâtes de la mort du prince de Galles1' avec une lettre où je puis dire avoir vu des conceptions et des paroles que je ne vis jamais ailleurs. Tournez aujourd'hui vos armes " contre vousmême, et vous commandez en la mort d'un frère ce que vous avez exigé d'un père et d'une mère en la perte d'un fils. Toute la France a les yeux tournés sur vous, pour y voir le combat d'une douleur infiniment sensible et d'un courage extrêmement relevé. Les vœux des spectateurs sont différents comme sont leurs passions. Soyez du côté de ceux qui vous désirent la victoire. Ce que notre infortune a de plus cuisant , c'est la joie qu'en reçoivent nos

85. Voyez au tome 1 la traduction de %la préface des Questions naturelles de Sénèque, p. 471.

86. La mère de Marie Stuart et par conséquent l'aïeule de Jacques Ier d'Angleterre, était Marie de Lorraine, fille de Claude de Lorraine, duc de Guise, bisaïeul de la princesse de Conti, mort en i55o. — Henri, fils aîné de Jacques Ier et prince de Galles, était mort en 161a, à dix-neuf ans.

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