Voyez an tome I, p. a3» la pièce vi
80. Louis âe Lorraine, cardinal de Guise, et Claude, prince de Joinyille et duc de Cherreuse.
ai4 LETTRES A DIVERS.
quand on murmure contre eux. Us veulent que leurs actions soient réputées irrépréhensibles, et le veulent si absolument qu'il se faut résoudre ou d'approuver tout ce qu'ils font, ou de les avoir pour ennemis. Je vous laisse à penser, Madame, comme Dieu peut trouver bon que nous le soumettions à notre censure. Vous avez toujours eu peur de lui déplaire : ne soyez point dissemblable à vousmême en cette occasion. S'il fait des choses contre notre goût, il n'en fait point qui ne soient pour notre bien. Je sais qu'il n'est pas raisonnable de vouloir venir à compte avec lui. Sa qualité d'arbitre souverain de nos biens et de nos vies y résiste , et vous savez trop bien ce qui lui est dû pour écouter cette proposition. Mais quand cela seroit, et que je vous représenterais qu'il vous a fait naître des maisons de Lorraine et de Clèves", toutes deux si renommées, qu'il n'y a coin de la terre qui n'en connoisse la gloire, et toutes deux si grandes, que l'Europe n'a point de rois M à qui l'une ou l'autre ne vous fasse appartenir ; quand de votre naissance venant à votre personne, je vous ferois prendre garde aux grâces de corps et d'esprit qu'il vous a données, si miraculeuses, qu'il y a de quoi vous faire plus que ce que vous êtes d'extraction ; et qu'à cela j'assemblerais l'honneur qu'il vous fait d'être aimée d'une reine qui porte la première couronne du monde, et reine si accomplie en toute sorte de mérites que ses vertus ne la font point régner plus sagement, que ses beautés la font régner de bonne grâce : quelle si mauvaise estimation sauriez- vous faire de la moindre de ces obligations , que vous n'y soyez plus que récompensée , non-seulement de la perte que vous avez faite de Mons.
81. La duchesse de Guise, mère de la princesse de Conti, était Catherine de CJèves.
8a. Va*, (recueil de la Serre) : point de roi.
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votre frère , mais de tout ce que la fortune vous sauroit jamais ôter à l'avenir? Je sais bien que la privation des choses nous étant amère selon que la possession sa nous en a été douce, il est malaisé que sans des regrets incomparables il vous ressouvienne des soins dont Mous. votre frère a continuellement obligé votre affection; mais puisque l'espérance de revoir ceux que nous aimons est la consolation de leur éloignement, pourquoi ne peutelle être employée en cette absence, comme en toutes celles qui autrefois l'avoient séparé de vous? Il n'y a point d'apparence qu'il doive revenir au monde ; mais y en a-t-il que vous ne deviez point aller au ciel? On y va, Madame, par le chemin que vous prenez. La piété l'y a mené, la piété vous y mènera. Ce sera là qu'un jour avec lui vous aurez en la source même les plaisirs que vous n'avez ici que dans les ruisseaux. Ce sera là que les étoiles que vous avez sur la tête seront à vos pieds ; là que vous verrez passer les nuées, fondre les orages, gronder les tonnerres au-dessous de vous; et alors. Madame, si parmi les glorieux objets dont vous serez environnée, il vous peut souvenir des choses du monde, avec quel mépris regarderez-vous ou ce morceau de terre dont les hommes font tant de régions'4, ou cette goutte