PRÉFACE
Le présent volume contient la fin des Œuvres de Malherbe, c'est-à-dire le reste de sa correspondance et son commentaire sur des Portes. Les lettres sont adressées à différents destinataires, dont quelques-uns nous sont demeurés inconnus . Elles sont au nombre de cent vingt. Aux quatre-vingt-dix-sept qui figurent dans les anciennes éditions, où elles sont réparties en trois livres, nous avons ajouté celles qui , dans ces dernières années, ont été publiées par M. Miller et par M. Hauréau, et quelques autres que nous avons tirées, soit d'anciens recueils imprimés, soit du manuscrit Baluze, tant de fois cité par nous. Les autographes contenus dans ce manuscrit et dans diverses collections publiques ou particulières nous ont fourni des variantes que nous avons soigneusement relevées.
Il nous a été impossible d'adopter un ordre bien régulier pour le classement de ces lettres, dont bien peu sont datées, et dont plus d'un quart ne portent pas de nom de destinataire. Nous nous sommes borné à réunir celles
Malmulbb. nr a
h PRÉFACE.
qui étaient adressées à la même personne (Racan, du Bouillon Malherbe, Colomby, Galiste, etc.), ou dont le sujet offrait de l'analogie. Telles sont, par exemple : les Lettres de consolation, exercice oratoire qui tient une grande place dans l'histoire littéraire de l'époque, et qui n'a jamais dû atteindre le but que l'auteur était censé se proposer. La lettre à la princesse de Conty sur la mort du chevalier de Guise peut être considérée, pour le fond et pour la forme, comme un modèle du genre.
Dans notre premier volume (p. xlvii) nous avons parlé des annotations dont Malherbe avait charge les marges d'un exemplaire des OEuvres de des Portes (édition de 1609), exemplaire qui, après avoir appartenu à Balzac et au président Bouhier, se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque impériale4. Il en existe à la bibliothèque de l'Arsenal deux copies faites sur les marges de deux exemplaires de la même édition de des Portes. Ces copies, que nous avons désignées par les lettres A et B, offrent avec l'original des différences parfois assez notables et que nous avons signalées. Ce sont tantôt des suppressions, tantôt des variantes, tantôt même des additions. Les suppressions et les variantes sont probablemeut le fait du copiste. Quant aux additions, elles proviennent peut-être d'un autre exemplaire pareillement annoté par Malherbe. 11 serait encore possible qu'il les eût écrites sur des morceaux de papier détachés qui se seraient perdus plus tard.
1. Et non à la bibliothèque de l'Arsenal, comme nous l'avions dit par erreur.
PRÉFACE. m
<Juoi qu'il en soit, ces annotations, qui avaient été insérées en partie dans F édition de Malherbe publiée par M. Parrelle, nous les donnons ici en entier avec les variantes et les additions fournies par les deux copies de l'Arsenal. Quiconque voudra étudier ce commentaire, véritable code grammatical et poétique , devra recourir à un exemplaire des Œuvres de des Portes, car il nous a été impossible de réimprimer en entier les pièces critiquées, bien qu'il y ait souvent des observations générales qui portent sur l'ensemble d'une pièce ou d'une strophe.
Il nous reste, en terminant, à adresser nos plus vifs et plus sincères remercîments aux deux collaborateurs que nous avons déjà nommés dans la préface de notre troisième volume. M. Lacombe a montré autant d'habileté que de sagacité dans la lecture d'autographes et de brouillons qui, avant lui, avaient été regardés comme indéchiffrables * .
Le fils atné de M. Régnier a apporté dans la collation des textes, dans la révision des épreuves, un soin et une intelligence dont je ne saurais trop ici lui témoigner % ma gratitude. C'est lui qui, en outre, a bien voulu se charger de la confection de la Table alphabétique et analytique qui termine ce quatrième volume, et dont le public appréciera l'importance et l'utilité. Enfin c'est encore à lui, et le travail ne pouvait être placé en de meilleures
i . Nous devons aussi mentionner l'aide que nous avons trouvée pour la lecture de diverses pièces dans une transcription faite par M. Mabille, attaché au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale, transcription dont il avait été chargé par M. l'administrateur général de la Bibliothèque, M. Taschereau , que nous prions d'agréer ici nos remercîments.
iv PRÉFACE.
mains, qu'a été confiée la rédaction du Lexique qui doit accompagner notre édition, et qui à lui seul formera un volume.
On trouvera à la suite de cette préface des additions et des corrections qui ne manquent pas d'importance. Quelques-unes sont dues au savant bibliothécaire d'Aix, M. Rouard, que nous remercions sincèrement de ses obligeantes communications.
Lld. L al ANNE.