Le cardinal de Richelieu
Lettre 117. — 1. Ce fragment inédit est conservé dans le manuscrit Baluze, f° 64.
a. Malherbe avait d'abord écrit ces mots, qu'il a biffés : c si vous prenez la peine de lire mes lettres. »
rois-je de quoi résister à une affection * si juste et ii démesurée comme la mienne. Je sors d'une lumière où mes contentements m'ont fait croire que j'étois dans les félicités du ciel, et entre dans des ténèbres où mes désespoirs me sont une image véritable de tout ce que les enfers ont de supplices4. Jugez, s'il vous plaît, Madame, par qui cette mutation pourroit être dissimulée que par une âme à qui la nature auroit dénié toute sorte de sentiment'.... Je vous supplie très-humblement, Madame, de lui en pardonner la hardiesse , et de croire que c'est par cette seule grâce que vous pouvez rendre l'envie de vivre à celui à qui donne ce malheureux éloignement tant de justes occasions de vouloir mourir V
Il8. A MONSIEUR d'aSTKUC1.
.... Pour l'affaire de mon fils, je vous jure que je ne partirai pas qu'elle ne soit faite. La dernière fois que j'en
3. Avant le mot affection , la minute porte la syllabe pas9 effacée, comme si Malherbe avait d'abord voulu écrire : passion,
4. Variante du manuscrit, biffée par Fauteur : c figurent {pour me sont) une image véritable de ce qu'il y a de plus triste dans les enfers. •
5. La partie du brouillon qui suit ces mots est tellement informe et pleine de tâtonnements qu'on n'en peut guère tirer que des lambeaux d'idées et de phrases, comme : t 11 suffit que mes yeux soient privés du plus glorieux et plus adorable objet qui soit sur la terre; » — f je loue Dieu que mon ame est hors de sa souffrance ; » — c je ne suis pas si mal avec mon âme que je lui veuille empêcher l'honneur d'être tous les jours et à toutes heures à vous baiser les pieds et vous rendre quelques témoignages de sa fidélité. »
6. Malherbe avait tenté cette autre rédaction : f à qui tant de mauvaise fortune et d'amour donne tant, etc. •
Lettre 118. — 1. Nous publions ce fragment inédit d'après un autographe conservé dans la collection de feu M. le marquis de Villeneuve-Trans, et qui porte cette indication : t U demande des non- Malherbe, rv 16
parlai à M. le président de Chrvry * , il a dit que je ne m'en
misse point en peine, et qu'il la pousserait* jusques au
bout, pour me mettre dans la compagnie où je desirois
être. Je n'ai plus rien à vous dire, sinon vous supplier
d'assister mon fils de vos bons conseils, et lui foire con-
nottre qu'il ne sauroit mieux fâcher ses ennemis qu'en se
comportant sagement. Cela est si clair qu'il n'y faut
point beaucoup de paroles; et c'est en quoi plus qu'en
nulle autre chose vous pouvez obliger votre très-humble
et très-affectionné serviteur,
Malherbe.
A Paris, ce i3* octobre i6a5.
Suscription : A Monsieur, Monsieur d'Astruc, à Aix* .