‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 207 sur 298 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Je tous offre ces vers qu'Amour m'a fait écrire, De yos yeux, ses flambeaux, ardemment agité. Agité est mis d'une façon qu'il semble se rapporter à l'Amour.

Non pour sacrer ma peine à l'immortalité, Car à si haut loyer ma jeunesse n'aspire. Cest, etc....

Et puis je n'écris pas pour gloire en acquérir, Ains plutôt je m'écrie au mal qui me transporte, Ainsi qu'un patient qui languit sans mourir. H ne dit rien de nouveau , car il vient de dire que ce qu'il en fait n'est point pour sacrer sa peine à C immortalité f c'est.... Et puis t voilà un sens nouveau. — Ains plutôt me semble mal parlé; on dit : mais plutôt; et puis un vers commencé par Ains et l'autre par Ainsi, ce n'est pas avec beaucoup de grâce.

Le penser qui m'enchante....

Jusqu'au troisième ciel m'alloit haut élevant ; Et comme je tâchai de voler plus avant, Amour, qui m'aperçoit, contre moi se courrouce, Et choisit de vos veux la flamme heureuse et douce, Pour m'em pécher l'entrée et se mettre au devant. Imagination bourrue, s'il en fut jamais.

Je ne pus passer outre, étonné de la flamme Qui de ses chauds rayons brûla toute mon âme, Qui m'éblouit la vue, et me fit trébucher. Superflu.

a5o COMMENTAIRE SUR DES PORTES.

SONNET in.

Ma bouche, incessamment aux cris tf amour ouverte, N'ose plaindre le mal qui mes sens va troublant.

Sa bouche, toujours ouverte aux cris, ne s'ose plaindre; il n'y a guère apparence. — Qui trouble.

Amants qui vous plaignez de votre ardent vouloir, D'aimer en lieu trop haut , de n'oser vous douloir. Gela s'appelle qu'il veut rimer.

Le jour que je fus né, l'impitoyable archer, Amour, à qui le ciel rend humble obéissance, Se trouva sur le point de ma triste naissance. Trois substantifs précédés de trois adjectifs finissent ces trois vers : avec quelle grâce, le lecteur le jugera.

Suivez- le tout partout, ne l'abandonnez point, Et faites que toujours il soit de votre bande. Puisqu'il avoit dit : suivez-le, il devoit dire : soyez de sa bande; on est de la bande de ceux qu'on suit.

Déjà la petite herbe, au gré du doux Zéphire f Navré de son amour, branle tout doucement. Zéphire amoureux de l'herbe , fable nouvelle.

Le ciel rit, l'air est chaud, le vent mollet soupire. Superflu, car il le vient de dire au premier couplet.

Je veux suivre l'Amour, et seront mes alarmes Les courroux, les soupirs, les pleurs et les regards. Gela ne veut rien dire.

O grand démon volant, arrête la meurtrière

Qui fuit devant mes pas, car pour moi je ne puis,

Ma course est trop tardive

Le premier vers achève son sens à la moitié du segond, le segond à la moitié du troisième.

Si tu es juste, Amour, tu me dois délier, Ou par un juste effort cette dure puer.

Note1.

SONNET Vn.

J'invoque le Sommeil pour guérir mes pensées ;

I. Le mot : note, ou en latin nota, est une forme de critique que nous rançonnerons très-touTent, une manière d'appeler l'attention du lecteur sur un mot, un passage à blâmer.

DIANE, LIVRE I. a5i

Mais il fuit de mes yeux, et n'y Teut demeurer.

Vous l'appelés, il s'enfuit. Comme roulez-vous qu'il demeure là où il n'est pas ?

sonnet Tin.

Ce sonnet ne vaut rien, et tous ceux qui lui ressembleront ne vaudront pas davantage : c'est un pâté de chevilles.

Si la foi plus certaine en une Ame non feinte. AT en, nu9 n'a.

Une pale couleur de lis et d'amour teinte. H veut représenter le tinctus viola pallor amantium *; mais il n'y donne ni près ni loin. On ne dit pas : une couleur de fis et cT amour, mais : de lis et a" œillets; ou bien : de colère et a" amour : en sorte que la fleur soit avec la fleur, et la passion avec la passion.

Dès le jour que mon âme, amoureuse insensée. Se rendant à vos yeux, les fit rois de mon cœur. Dès, il falloit dire depuis; mais ce discours voudroit plus de papier qu'il n'y en a ici.

O beauté, dont les traits sont si victorieux, Apprenez par ma mort les efforts de vos yeux, Et voyez désormais à qui vous faites guerre 1 Que veut dire cette conclusion1?

Car toujours plus au vif sa rigueur me tenaille. Bourre.

Je suis en même temps tout de flamme et de glace,,..

Quel amour, quelle paix *

D'un chaos si confus débrouillera la masse? Glace et masse , c'est une longue rimée avec u <e briève.

Vallon, ce dieu tyran, qui me fait endurer Tant de vivantes morts qu'immortel je supporte. Superflu. ve-

Console- toi, vallon, comme je me console: t Encore est-ce un confort à l'homme malheureux, c D'avoir un compagnon au malheur qui raffole! i Bourre.

z. Voyez Horace, ode x du livre III, Ter* 14.

a. La copie B de la bibliothèque de l'Arsenal «joute, an sujet de font faites guerre : c m, oublié. »

a5» COMMENTAIRE SUR DES PORTES.

Durant les grand* s chaleurs, j'ai tu cent mille fois* Grandes; il pouvoit dire : aux chaleurs de juillet, — Cent mille fois: ces phrases numérales sont vraies chevilles, si l'antithèse, ou quelque autre chose, ne leur donne grâce.

Je souffre un mal présent, j'en doute encore un pire.... Et plus je vais avant, plus ma douleur s'empire. Pire et empire : mal rimé.

Amour gaigea son arc, et la chaste déesse Qui commande aux forêts, sa divine beauté ; Ma maîtresse gaigea sa fière cruauté, etc.

Bourre excellente, prise de l'italien, où elle ne vaut non plus qu'en françois.

Qui me fait consommer en mortelle tristesse. Consumer,

Ayant (brûlé d'amour) gémi, crié, pleuré. Ce Brûle étant si près d'ayant semble en être gouverné.

J'invoquai tant la mort qu'une âpre maladie S'offre à me délivrer du martyre enduré. S'offrit.

Mais vous, belle tyranne, aux Néron* comparable. Tira noz nez, paroles mal rangées.

Puis des malheurs qui sont prédestinés, Le seul^emède aux cœurs déterminés, C'est de n'avoir espérance ni crainte.

Superflu.

80NNET XVIII.

Ni la rigueur d'un triste éloignement Me sortiront de son obéiitJlDce.

11 faut dire : « ne me sortiront ; » et puis, sortir f en signification active, ne plaît pas à tout le monde.

Las ! que me sert de voir ces belles plaines Pleines de fruits, d'arbrisseaux et de fleurs? A quel propos ces arbrisseaux parmi les fruits et les fleurs?

Et l'argent vif des bruyantes fontaines?

DIANE, LIVRE I. a53

Cest autant d'eau pour reverdir mes paines. D'huile à ma braise, à mes larmes d'humeurs. Peines. — « Ces fruits et ces fleurs sont autant d'humeurs à mes larmes. » Juge de cette belle conception.

Comme celui qui la fièvre soutient.

Il faut dire : « j'ai la fièvre, » et non pas : c je soutiens la fièrre. »

sonnet xx.

Ce n'est point feu : j'eusse éteint toute flamme. T'eût, tout te,

CHANSON I

Hélas ! a-t-il mauvais regard ?

De cent mille traits qu'il m'adresse, Il ne me frappe en nulle part Qu'au cœur. .

U y a bien différence d'avoir mauvais regard et d'avoir mauvaise vue. Qui a mauvaise vue a de mauvais yeux, mais qui a mauvais regard les a bons, et par dépit ou par quelque autre raison il en regarde de travers.

S'il eût ouï tant de regrets, etc.

Ce couplet est imparfait et emprunte son sens du suivant.

Ces deux beaux yeux, ma gloire et mon pouvoir. Qu'est-ce à dire : clés veux de ma maîtresse sont mon pouvoir ?i

De deux soleils un éclipse ordinaire.

Éclipse est féminin et jamais masculin, devant tous les barbiers de France*.

Mon cœur, qui, comme moi, point ne vous laissera, etc. Cœur qui com.

Plutôt d'un trait doré Vénus vous blessera. Il prend ici la mère pour le fils : Vénus n'a point ces deux sortes de flèches attribuées à l'Amour.

Vu que même en brûlant assez fier il sera. Fier, en cette signification de joyeux, est peu reçu hors de Normandie.

SONNET xxiv.

Et sens Amour perçant et remuant Mon cœur sanglant de sa griffe pointue. A quel propos?

Le mal est grand, mais pire est le remède. Bonne conclusion.

I. Dans la copie B de l'Arsenal : « devant tons les barbiers dn monde. »

Ce même trait dont vous m'aviez touché. Superflu.

Bref, mon esprit ardent d'affections.

Cela ne vaut rien, même en plurier.

A tout le moins, vous me devez aimer, Pour le respect de votre image sainte.

Mon Dieu, mon Dieu ! que j'aime ses beaux, yeux, Dont l'un m'est doux, l'autre plein de rudesse! Je ne me puis imaginer comme une femme a un œil doux et

l'autre rigoureux. D'avoir les yeux tantôt doux * et tantôt rigoureux,

cela se peut, mais non le reste.

SONNET XXY1I.

Elle pleuroit

Et tellement l'air de cris remplissoit, Que la mort même à pleurer eût contrainte, MiU oublié.

Et dans mon âme engravoit sa complainte. Plainte meilleur que complainte.

Les Vents émus retenoient leurs baleines. Excellente sottise. Si les Vents en étoient émus, comme retenoientils leurs baleines ? S'il veut dire que les Vents, qui étoient émus auparavant, s'apaisoient, il le faut exprimer d'autre façon.

Je ne me plains que tout me désespère, Ni que le temps cède à ma loyauté.

Mal exprimé.

Jeune Dédale, aux périls téméraire.

Je crois qu'il veut dire Icare par le jeune Dédale; mais cela ne se peut défendre, vu que le succès de Dédale et d'Icare, en même dessein, furent différents (sic), car Dédale ne fut pas téméraire.

Si c'est aimer que porter bas la vue.

Que parler bas, que soupirer souvent, etc. Parler bas est une belle marque d'aimer 1 toutes les autres marques qu'il met ici ne sont guère moins impertinentes.

z. Nous mettons doux par conjecture. Il y a cruels dans l'original et dans les deux copies.

Qu'il n'est prison, ni torture, ni flamme Qui mes tourments me sût faire avouer, c II n'y a point de tourment qui me pût faire avouer mes tourments. » Il devoit dire mon amour, ou quelque autre chose.

sonnet xxx.

Si chaud désir m'aiguillonne et me presse. Mauvais nominatif.

Que de fleurs, que d'oeillets, que de roses vermeilles! L'espèce est mal exprimée après le genre.

Marchands, qui recherchez tout le rivage more Du froid Septentrion....

« Rechercher le rivage more du Septentrion. » Je ne sais ce qu'il veut dire, sinon aller du Septentrion au Midi ; mais je le devine par discrétion ', car il ne dit rien moins que cela.

Et par quelle richesse elle a su m 'attiser. Attiser par richesse un homme est un langage de l'autre monde.

Et n'est vrai que le ciel cache plus de merveille. Mal exprimé.

Eperdue, étonnée, et longtemps demeurer.... Un participe et un infinitif assemblés par une copulative ont mauvaise grâce.

Je me suis vu muer....

En cerf, qui porte au flanc une flèche sanglante, etc. Si cette imagination n'est bourrue, il n'y en eut, et n'y en aura jamais.

Qui me rend en aimant triste et disespéré. Ces épithètes sont mal conjoints.

Et mon cœur cessera d'idolâtrer vos yeux. Mauvaise césure.

Que supporte mon cœur dévot à ton service. Tat ton.

Préte-moi seulement cette œillade divine, etc. Mauvaise imagination.

i. C'est l'italien per discrezione, « par discernement, par conjecture. »

a56 COMMENTAIRE SUR DES PORTES.

SONNET XXXY1I*

Qui te donne pouvoir de nous faire la guerre ? Les divers mouvements d'espérance et de peur. Néant. Comme est-ce que la peur donneroit pouvoir à l'Amour de nous faire la guerre?

Crains-tu pas le pouvoir des ans et de la mort ? Cette dernière demande est absurde. Aussi est tout le sonnet.

Or quelle autre prison

Pouvoit plus dignement captiver ma raison, etc. ? Froid jusque» à la glace.

Me paiera-Ion toujours d'une vaine mensonge ? Aux troisièmes personnes du futur singulier, on ajoute un t devant cet mots on, il et elle, comme que fera-t-on, que fera-t-il, que ferat-elle? Voilà pourquoi il devoit aire : me paiera-t-on. Ce t s'ajoute aussi après les troisièmes personnes de l'indicatif singulier, comme que penset-ilj que pense-t-eltc, que pense -t-on? etc. Je crois qu'il a dit ion et non ton pour éviter la rudesse de ton tou.

Et maudire l'aspect tous lequel je fus né. Nota.

Sans relâche il me presse, et me suit obstiné. Je n'approuve point ces participes ou adjectifs pour adverbes. Il eût mieux dit obstinément,

SONNET XLT,

Jugez de l'impertinence de ce sonnet : S'il est vrai que la mer soit seau fermeté, d'où vient qu'étant forcé à changer de terre, je ne guérisse point de ma vive pointure ?

D'où yient que tout me fâche et me déplaise tant?

D'om vient que cela vous déplaise? est mal parlé. Il faut dire : doit vient que cela vous déplaît ?

CHANSON n.

Épargnes en quelque étincelle.

Nota.

SONNET XLH.

Fuyant tout entretien , je pense à mon martyre. Tou% ten} tre, tien.

DIANE, LIVRE I. a57

Et pense oyant les vents en leur carême braire, Aux vents de mes soupirs et sanglots furieux, etc. Ridicule imagination. Les vents le font penser à ses soupirs ; il y

auroit bien plus d'apparence de dire que ses soupirs lui font souvenir

des vents, et ainsi du reste.

SONNET XUII.

Je veux bâtir un temple à ma ebaste déesse.... Mon œil sera la lampe, et la flamme immortelle, Qui m'ard incessamment, servira de cbandelle ; Mon corps sera l'autel, et mes soupirs les vœux. Par mille et mille vers je ebanterai l'office, etc. S'il y a rien au monde de ridicule, c'est cette imagination : t son œil sera la lampe, et la flamme la cbandelle ! »

SONNET xxiv.

T hissant à ton départ mon âme désolée. Ta, ton.

O Dieux, permettez-moi que toujours je sommeille. Sommeiller est mal ici ; car c'est avoir envie de dormir, ou être assailli du sommeil. Il devoit dire : que je dorme»

Je me travaille assez pour ne faire apparoir La douleur qui me rend si triste et si débile. Je n'aime pas cette façon de parler : t je me travaille pour ne mire

apparoir. » Je dirois : « Je me travaille pour empêcher ma douleur

de paraître » ou : c pour cacher ma douleur. »

Je bâillonne mesmaux, je contrains mon vouloir. Drôlerie.

Quand j'approche de vous, et que je prends l'audace. Note : quand et que.

Je le fais : toutefois je n'en suis mieux traité. Mauvais vers.

Hélas ! un trait mortel sans relâche m'entame. Sans relâche se dit aux choses qui ont continuation; or entamer n'en a point, et se fait tout d'un coup : ainsi entamer sans relâche est mal dit.

Les premiers jours qu'Amour range sous sa puissance. Césure mauvaise.

Malherbe, iv 17

Il se baigne en liesse et en félicité;

Les Jeux, la Mignardise et la douce Beauté, etc.

Hors de propos.

lu

Mauvais au quatrième degré.

i Tant de pleurs dedans moi ne sauroient trouver place,

i C'est une eau que je fais de tout ce que j'amasse

De vos perfections, etc.

| Sottise.

Mon amour sert de feu, mon coeur sert de fourneau ; Le vent de mes soupirs nourrit sa véhémence. Mauvaise imagination.

Hélas! de plus en plus, etc. Ce premier quatrain n'est point du sujet du reste du sonnet.

O mort ! si c'est le ciel qui te fasse avancer. Note.

SONNET U

A ton objet mon œil se rassérène....

Et ne connois ni tristesse ni paine.

Rassérène n'a point de diphtbongue en sa pénultième ; peine en a une.

Tu es tout d'or, pour montrer la grandeur De mon amour épuré par la flamme.

Sotte comparaison.

Du Lydien l'anneau tant renommé, S* il étoit mient ne seroit mieux aime'. Mal exprimé.

La France n'a rien vu qu'un hiver soucieux. Soucieux hiver, excellent épithète, ce disent ceux qui se moquent.

En l'été plus ardent être battus du vent. Rime au milieu.

Cette unique beauté qui V esprit m* a ravi. Note.

A mes yeux languissants il fait voir tout exprès Les vulgaires beautés, etc.

Grande invention : à quel propos attribue-t-il cet effet à l'amour ? nous n'avons que faire d'amour pour voir des femmes vulgaires ni autres .

SONNET UT

' Ta vois comme il t'en prend : ton heur s'est envolé.

Mal parlé ; on ne dit pas : // s'est en allé, ni il s* est envolé, mais il '. s'en est allé, il s'en est envolé*

Tu demeures captif; ton bien est mis en cendre. Que veut-il dire que le bien de son cœur est mis en cendre?

Si la pitié trouve en tous quelque place,...

D'un doux regard, qui respire merci.

De tos courroux tempérez la menace.

« Si vous avez quelque pitié, ne soyez plus en colère, » voilà bien imaginé. U devoit dire : « Récompensez tant de services, i on quelque autre chose. Je ne trouve pas grand goût à faire respirer les regards.

Des suppliants Némésis a souci.

Je n'eusse point usé de ce mot : il a du pédant.

L'ardent amour qu'en mon coeur j'ai reçu. V amour qu'en mon cœur fat reçu, mal exprimé.

Et pour languir toujours que je meure à l'instant 1 Trop court.

Hé ! qui fait suivre Amour, si ce n'est pour autant Qu'on pense en recueillir quelque faveur certaine? Ce certaine est superflu ; si vous en cueillez ' quelque faveur, elle est toujours certaine.

SONNET LVTII.

Et des astres jumeaux, sourds à tous mes propos. Mal, propos pour prières.

A voient juré ma mort sans espérance aucune. Mal parlé : c mes ennemis ont juré ma mort sans espérance. »

Mais durant ce danger un écueil je trouvai

Qui brisa ma nacelle

Si ce sonnet eût été dans la nacelle qui se brisa, il .eût été au fond de la mer aussi bien qu'ici.

Et que mieux je vous sers, plus je suis languissant. Nota.

Aussi, mes yeux, s'étoit (sic) trop entrepris. CétoU.

i . Dans U copie B de l'Arsenal : « recueilles. »

*6o COMMENTAIRE SUR DES PORTES.

Comment? déjà tous en faisiez coutume De tous mirer au feu qui tous allume.

Façon de parler plébée '.

Madame, après la mort qui Us Beautés efface. Fut-il jamais rien impertinent comme cette cheville? Ddevoit dire de laquelle personne n'échappe. A quel propos peut dire un homme : quand la mort qui les beautés efface m9 aura mis au tombeau? car comme il parle d'elle, il parle aussi ae lui.

Mais pourvu que Minas nous loge en même place. Ce mot serait mieux ailleurs.

Et quand tous les damnés se voudront émouvoir Pour empêcher ma gloire, ils n'auront le pouvoir. A cruel propos voudroient-ils empêcher sa gloire? Les damnés n'ont pat charge de tourmenter les autres.

Et la seule douleur qui vainc ma patience. Selon les règles on peut dire : je pain, tu vains, il vaint (sic) ; mais l'usage ne s'y accorde pas.

sonnet Lxm.

Tout ce sonnet est, ce me semble, pris de Pétrarque; mais il n'en fat jamais de si impertinent.

L'onde c'est tan orgueil, le marteau mon tourment, etc. Pédanterie.

De même, en mes douleurs j'avois pris espérance. Mes, men, mes.

J'obéis au destin, etc.

Froid.

\ Tout ce sonnet ne vaut rien du tout.

De cette amitié neuve en mon sang allumée. Mal, pour nouvelle.

O Dieu ! quelle amitié,

Qui comme une fureur me poursuit sans pitié Et qui du désespoir les désirs fait renaître! Il ne falloit point de qui; et puis qu'est-ce qu'une fureur qui fait naître les désirs du désespoir?

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