‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 208 sur 298 · I. Plébée, plébéienne, vulgaire · texte numérisé non relu

I. Plébée, plébéienne, vulgaire

DIANE, LIVRE 1. »6i

L'amitié n'est jamais

Du prince à son sujet, de l'esclave à son maître. Étrange philosophie.

SONNET LXYI.

J'ai suivi par long temps est mal parlé.

Comme amour m'affoloit.

Ma, mour, ma.

J'accompare Madame au serpent furieux.

Excellente sottise. Ce sonnet est pris mot à mot de l'italien, mais il n'en vaut pas mieux.

De chacun de ces chefs sept autres nouveaux sortent. De chacun de ces chefs il en sort sept : ce sont donc quaranteneuf; et il n'en compte que sept. Tout ce sonnet est ridicule, et ne vaut pas la peine de l'examiner.

80NNET LXVHI.

Ma nef passe au détroit d'une mer courroucée.

Toute comble d'oubli

Elle a pour chaque rame une longue pensée. Vice de la métaphore trop continuée.

Détendent le cordage

Retors des propres mains d'Ignorance et d'Erreur. Pédanterie. 4

PLAINTE I

Je veux guarir et mon mal j^tpi cèle.

De chaud cristal elle arrose sa face, Voyant ma peine, et s'enquiert de ma mort. Que veut dire cela ?

Car ce seroit de ma mort l'accuser, Bien qu'elle en soit innocemment coupable. Je ne vous entends point.

Ce n* est plus vous qui m* orrez lamenter. Note.

Ce seul espoir adoucist (sic) mon angoisse. Adoucit. — U dit que son seul espoir, c'est que son mal' étant si véhément, ne durera point, et en la stance suivante il dit que toute sa gloire est qu'il mourra sans avoir révélé son feu.

C'est que je meurs divinement brûlé.

Que veut dire ce divinement? Je n'ai jamais oui parler de brûler divinement.

»6a COMMENTAIRE SUR DES PORTES.

COMPLAINTE I

Et plus cruel l'amour dans mon sang hébergé. En mes veines logé,

La nuit propre aux soucis fait que mieux je les sente. Mal parlé; il faut dire : c cela fait que je sens mon mal, » et non : c que je sente mon mal. »

Que je suis agité d'orage et de tempête, etc. Mauvaise imagination : c je suis agité d'orage et de tempête, » etc. Ce n'est pas l'orage ni la tempête qui donne de bonnes espérances.

Et comme le poisson trop goulu se va prendre, Voulant prendre l'appât du pécheur plus rusé. U ne falloit point ici de comparaison, mais dire simplement rusé.

Dont le plus grand des Dieux n'eût su libre échapper. Libre est superflu et mal.

Vaincu je me rendis, ne pouvant mesurer Comme je me perdois, et que pour ma souffrance Je ne trouverais rien qui me fit espérer.

Galimatias royal.

Mais c'est un trop grand mal de languir misérable. Mal.

Et n'espérer ni paix ni trêve à son malheur. Foible vers à cause de la césure.

Ne m'eût touché qu'un bras, je l'eusse séparé. ^ Il eût mieux dit : « je l'aurois séparé, s à cause de se, se.

tâL C'est donc peine perdue

D'espérer que lejjmpa m'y trouve allégement. t Cette conséquence n^^as à propos. Il ne doit pas rendre raison pourquoi le temps ne le peut alléger, mais répondre à ce qu'il a dit, que si le mal nétoit qu'en une partie, il Fauroit séparée,

Puisqu'on veut que l'image en mon cœur si bien peinte S'efface avec le temps contre ma volonté. Cet avec le temps n'est pas ce qu'il devoit dire, ni aussi contre ma volonté. Il devoit dire simplement s'efface ou quelque autre telle chose.

O divine beauté,

Qui reteniez mon Ame heureusement contrainte.

Mal exprimé.

En moi toute autre ardeur désormais soit éteinte. Té y tain, te.

Adieu flambeaux et traits, adieu captivité. Adieu captivité se doit dire par un homme qui est content de partir. D y a ici assez d'autres impertinences; mais cela serait ennuyeux.

DIALOGUE

Par ces yeux où si fier tu siez en majesté.

Je n'aime point cette façon de parler: il sied, tu *îe*, etc.;il faut dire : tu te siez, il se sied, je me sié, etc.

Tes pleurs, ta contenance et la triste langueur Qui se fut (sic) sur ton front, contraindront sa rigueur. Lif.— Il n'est pas question de contraindre sa rigueur; il est question de lui pouvoir dire adieu.

Bien donc, puisqu'il te plaît, je m'en pais la trouver. Nota.

Mais je me veux armer, afin de n'éprouver. Rime au milieu du vers.

N'écrivant un seul vers qui n'ait pour argument.... Sa vertu, ses beautés, sa fortune et sa gloire.

Chevilles. — Tout ce qui suit jusques à la fin est une pure drôlerie.

Pense que mon cœur trouble est ému tout ainsi D'ennui, de désespoir, de tempête et d'orage. U falloit que tout fût ou propre ou figuré, et non moitié propre,

comme sont ennuis et désespoirs, et moitié figuré, comme tempête et

orage.

PLAINTE n. — Absence.

Il ne faut plus que j'aie aucune attente De voir jamais d? objet qui me contente. Note.

L'œil de la cour, son printemps gracieux. Cheville.

Mon cœur aux maux plus sensible et pipant. Superflu.

COMPLAINTE II. — Absence.

Puisque le ciel cruel trop ferme en mes malheurs. Men, me', ma.

Puisque j'éprouve tant de divers changements. Mauvais vers.

J'erre seul, tout pensif, ignorant qui je suis. J'eusse dit : ne sachant qui je suis, pour éviter qu'on ne lise : igno* rant que je suis '.

i. Malherbe a écrit de plus an bas de la page : « J'eusse dit : ne sachant, on bien : et ne sais ; car ignorant se peut prendre pour participe, et dire ignorant que je suis, comme malavisé que je suis. Il est vrai qu'il dit ignorant qui je suis, et non que je suis; mais aisément on prend l'on pour l'antre. »

O Dieu! s'il est ainsi, comme je crois qu'il est, Que j'estime ma peine on repos agréable I

Que mon souci m'est doux !

Belle conception : c S'il est ainsi, que j'estime ma peine un repos! mon souci m'est doux, i etc.

COMPLAINTE m. — D'absence.

Or que je suis absent des beaux yeux de Madame. Mal , pour à cette heure. — Toute cette pièce est une sottise. Je crois qu'il la fit étant encore écolier.

Celle qu'il changea d'ourse en luisante planète, Et sert aux mariniers de guide en leur chemin. Où est le nominatif à qui se doit rapporter sert ?

Où Madame toujours toujours dure en sa gloire. Quelle façon de parler : il dure en sa gloire l

Mais ma déesse seule est mon astre prospère. Cherille.

Cest tout ainsi de moi

Il mut dire : il en est ainsi de moi.

Et quand aucune fois sa clairté se retire. Mal commencé par et.

De dessus moi

Note.

Mais je perds seulement mes pas et mon étude. U devoit avoir dit qu'il étudioit ; mais il n'en a dit mot.

Si je suis par les champs, je reçois fâcherie, etc. Drôlerie.

Car sa belle verdeur accroît ma doUance. Mal, pour douleur.

CHAUT D'AMOUB.

Puisqu'un amour céleste est roi de ma poitrine. Pauvre royaume 1

En parlant de beauté, la beauté qui m'allume Vienne seule à ce coup mon courage émouvoir. Qu'est-ce à dire .* la beauté qui m'allume vienne émouvoir mon courage ? Puisqu'elle tous allume, que voulez- vous qu'elle fasse davantage?

Aussi les déités

N'ont rien qui soit égal à leur divin pouvoir. Le divin pouvoir des déités.

Cest un grand dieu qu'Amour

Delui-méme parfait, à lui-même admirable,

Sage, bon, connoissant, et le premier des Dieux. Bourre.

Brûle enfer, la marine, et la terre, et les deux. Puisqu'il a dit la marine, la terre et les cieux, il devoit dire: brûle C enfer, et cela est tans doute.

Se ravit bienheureuse en voyant sa présence. Cheville.

Que Pair, la mer, la terre et la belle lumière, Mêles confusément faisoient un pesant corps. Il ne s'exprime pas.

Car en entretenant ce qui est en essence Fait que ce qui a fin, n'est jamais finissant. Il fait, — N'est finissant, mal, pour : ne finit jamais.

Conservants leur espèce, attirés du plaisir. . Ces deux participes ont mauvaise grâce.

Ont fait les déités, se sont élus des rois. Froid. — Pour bien parler, il falloit dire : se sont élu des rois. Si l'action fût retournée à l'élisant, il eût fallu dire: ils se sont élus , comme ils ee sont blessés, ils se sont chauffés, etc. Mais puisque l'action va bon de l'élisant, il falloit dire: se sont élu. 11 faudrait ici un long discours.

Tout rit par où tu passe, et ta vue

Passes,

La grâce, quand tu marche, est toujours au-devant. Marches,

La volupté mignarde en chantant t'environne. Ton, ten.

Tu te prends, courageux, aux plus rudes gendarmes, Et souvent au milieu des combats et des armes. Cette rime ne vaut rien.

Bien que tu sois premier de la bande céleste. Le premier.

Tu es plaisant et beau, tu as le corps agile, Prompt, allègre et dispos, à se courber facile. Sottise.

Tu bannis les frayeurs des plus lâches courages, Rendant l'homme craintif, hautain, et généreux. H semble qu'il fasse devenir l'homme craintif et hautain, ce qui est impertinent. U se faut autrement expliquer.

Si jamais que de toi je n'ai rien voulu dire. Transposition cruelle.

Et si ton feu divin m'a toujours allumé. Je garderais cet allumé pour les flambeaux, cierges, etc.

Et qui ne taire point le trte aoooatnmé. Ira, ca9 cou.

PROCÈS CONTRE ÀMOUE AU SIÈGE DE LA AÂIflON.

Que s'il n'eût eu le cœur d'une fère sauvage. Ce mot se trouve assez en Ronsard, mais ni la ni ici il ne vaut rien.

Puis confus et tremblant, avec la contenance D'un pauvre criminel prêt d'ouïr sa sentence. Contenance et sentence riment comme un four et un moulin.

Je le fis convenir

Là je me présentai

Parlant à la raison, je me suis plaint ainsi, t Je me présentai .... et me suis plaint. » Je me suis plaint ne s'accorde pat avec je le fis convenir, ni avec là je me présentai.

Qui nous ramène au ciel, lieu dont tu es sortie. Pour d'où. On ne dit point : c dont venez-vous ?» ni : c dont sortez-vous? » mais d'où?

Masquant de deux beaux yeux sa cruelle entreprise. Qu'est-ce à dire ?

D se montroit à moi sur tout autre amiable. Quand on dit : il me faisoit caresse sur tout autre, il semble qu'on die qu'i/ me faisoit caresse plus que nul autre ne m'en faisoit.

Mais il ne dura guère en cette douce sorte. Je ne donnerais pas volontiers d'épitbète à sorte f hormis bonne : comme : il est savant de bonne sorte, c'est-à-dire médiocrement. J'aimerois mieux dire de mauvaise façon que de mauvaise sorte ; toutefois je ne blâme point mauvaise sorte.

Et fit

De mon cœur son fourneau, ses charbons de mes veines, Mes poumons ses soufflets, de mes yeux ses fontaines. Drôlerie.

M'abandonna soudain de frayeur tout surpris.... Qui ne m'ont rien laissé depuis que je fus pris.

Simple et composé.

Je portai bas les yeux, le visage et le front. Nota.

Je mourus dedans moi, pensant trouver ma vie Au cœur de la beauté qui me l'avoit ravie; Mais depuis je n'ai pu, dont j'ai souffert la mort, Et si je semble vif, las ! ne t'en émerveille; Le tyran fait en moi cette étrange merveille. Chimère extravagante : c il mourut dedans lui, pensant trouver sa

DIANE, LIVRE I. a67

vie en sa maîtresse, mais depuis il ne put, dont il est mort. » — Depuis est superflu. — Conjugata * .

Il me fait voir assez d'autres faits admirables. Mauvaise césure.

Brûlant mon triste cœur sans qu'il soit consommé. Consumé,

Et fait que ma couleur en plus pâle se change. Quel langage : ma couleur se change en plus peUe l

Et ne conclus devant qu'être bien avertie. Mauvaise césure.

J'ai purgé son esprit par ma divine flamme, L'enlevant jusqu'au ciel, et remplissant son âme. foi purgé son esprit, remplissant son âme. Qu'est-ce à dire ?

J'ai repurgé son cœur d'affections serviles. Il vient de dire qu'il a purgé son esprit; à cette heure il dit qu'il a repurgé son cœur. Au lieu de ce repurgé, j'eusse dit ou nettoyé ou dépouillé.

Cruels bourreaux de ceux qui font la cour aux rois. Huit monosyllabes de suite, et mauvaise césure.

Ayant des os, des nerfs, des poumons et du sang. Veines,— On ne dit point qu'un homme ait des poumons; et ne m'allègue pas qu'il y a plusieurs lobes au poumon , car tu serais un sot.

Car je les ai rendus serfs de leurs prisonnières, Et leur ai fait aimer de simples chambrières. Ce n'étoit pas une simple chambrière que Cassandre ; cétoit une grande princesse, encore même qu'elle fût prisonnière.

Où cestujr qui se plaint

Note.

Clartés admirables

Que tu as vu là-haut

Vues,

Si c'est une prison, prisonnière est mon âme. Transposition dure.

Voilà l'ardent fourneau dont il est consommé. Consumé,

Mais qui à l'homme ingrat fait quelque bénéfice. Plaisir,

Puis nous tûmes tous deux

Nous nous tûmes,

I. Conjugata s'applique aux rimes émerveille, merveille. L'expression conjugata vtrba signifie dans Cioéron ( Topiques, eiiapitres m et Et) : « mots de même famille, de même origine. »

De Raison, qui vers nous son regard adressa. Ce Ters est suspendu en la moitié de l'hémistiche.

CHANSON III

L'autre me succe le sang, Et l'autre, qui se mutine, De traits me pique le flanc.

Cheville. Pourquoi n'en a-t-il pu autant dire de celui qui lui succe le sang ? N'étoit-il pas aussi mutiné que celui qui lui pique le flanc ?

Laissant mon Ame comblée De feux, d'horreur et de cris.

Qu'est-ce qu'une Ame comblée de cris?

Ne font qu'enaigrir ma plaie.

Enaigrir uns plaie ne se dit point.

En vain je répands des larmes,

Pour les penser émouvoir ;

Et n'y puis venir par armes,

Car ils ont trop de pouvoir.

D rend raison pourquoi il n'y peut venir par armes, pource, dit-il, qu'ils ont trop de pouvoir. U devoit aussi rendre raison pourquoi il n'y peut rien par les larmes.

Puis ils ont intelligence A mon cœur qui s'est rendu.

Cest mal parlé, avoir intelligence à quelqu'un; il mut dire : avec quelqu'un.

COMPLAINTE IT

Si donc vous le savez et qu'ayez connoissance. Fout oublié.

Que vous plaignez ma peine, et qu'en avez pitié. Et en avez étoit comme il falloit dire ; mais il a mieux aimé laisser le vous ' que de faire une cacophonie : il devoit éviter l'un et l'autre.

Vous pouvez bien juger mon amour être extrême. Très, tri.

Et que je suis constant, étant désespéré. Ton, te\ tant.

Les herbes que l'on voit au printemps désirable» Inutile.

Et croître en cruautés, mieux j'irai vous servant. Mal.

De vous donc je ne puis justement me complaimdre. Composé pour le simple, mal.

i. Il y a le vous dans l'original et dans la copie B de l'Arsenal ; la copie A donne : le vert, Me faat-il pas lire : le que?

Qu'aimant vos yeux divins, je dois aimer ma mort. Mal.

Et lorsque la raison me remontre au contraire. Le contraire.

Change en bénin aspect mon astre rigoureux. Quel langage est-ce la, changer un astre en aspect ? Je crois qu'il a intention de dire quelque chose de bon ; mais il faut deviner.

chanson ry.

V Amour est de l * intelligence des huguenots : la preuve c'est qu'ils surprennent dej villes, et l "Amour fait mourir des Portes; tun d'eux se propose des biens, Foutre des honneurs : le bien et les honneurs que des Portes désire, c'est aVétre toujours amoureux. Voilà une intelligence d'Amour et des huguenots fort bien prouvée I

L'Amour qui loge en ma poitrine, Qui mes sens divise et mutine, Et les fait bander contre moi

Divise : ses sens, pour se bander contre lui , ne se dévoient pas diviser, mais unir.

J'ai ma foi première laissée

Et la loi des bons pères vieux :

Or' pour toute déité sainte

J'adore

Mal exprimé; car cet or', qui signifie à cette heure, vouloit qu'il eût dit auparavant : autrefois fai fait, etc. Ce n'est pas changer de pensée que d'avoir laissé sa première foi, et adorer une maîtresse; tant s'en faut : pour faire le dernier, il faut faire le premier.

PLAINTS m.

Que l'unique beauté qui notre Ame a ravie. Tra, ma, ra.

Ouy, mais le grand péril suit la grande entreprise. Note ici ouy d'une syllabe, et ailleurs il le fait de deux. Je trouve plus raisonnable qu'il soit de deux, comme en rejouy, évanouy, ouy, qui signifie audivi, etc. Toutefois l'usage doit être le maître.

Encore on se contente en cet éloiguement. Ten, ten.

Mais après le retour trouver sa place prise.... Est-il pas plus heureux qui garde sa franchise ? Sans construction.

contr'amoub.

Qui s'est fait si longtemps vainqueur de mon courage. Mal dit : il s'est fait longtemps vainqueur; on est longtemps maure, ou roi, ou possesseur de quelque chose, mais non longtemps vainqueur.

Ma niton s'est rendue à la fin la maîtresse, Et pour me faire voir ma faute, et la finette * De ce traître enchanteur, m'a débandé les yeux : Ce qui fait qu'à part moi je rougisse de honte. Rougisse est mal ici; il devoit dire : je rougis.

Et regrette en pleurant ma jeunesse passée, Maudissant le pipeur qui m'a tant abusé. En pleurant , maudissant : un gérondif et un participe mal ensemble.

Que mon coeur, que ma voix, que mon esprit se change, Au lieu de tant d écrits sacrés à sa louange, etc. Qu'est-ce qu'il veut dire : que mon cœur, que ma voix, que mon esprit se change, au lieu des écrits, etc.? Je crois qu'il veut dire qu'au lien des écrits qu'il a faits à sa louange, il veut désormais lui dire des injures et des outrages.

(Stances 5, 6 et 7.) Toutes ces trois stances sont une pure pédanterie prise de Bembo.

Amour, que dis-je amour?

Appétit déréglé

Racine de malheur

Nid de déception, peste contagieuse, Entretenu d'espoir, de crainte et de désir.

A qui se réfère entretenu ?

Sitôt que notre esprit s'abandonne a te suivre, Hélas! presque aussitôt nous délaissons de vivre.... Nous changeons à r instant notre forme première. A l'instant est superflu, puisqu'il avoit dit aussitôt; et puis ayant dit sitôt, pourquoi ait-il aussitôt ?

Tu rechanges nos cœurs de cent sortes diverses,

Bouillants et refroidis, craintifs et généreux. Je ne dirois pas : tu rechanges nos cœurs bouillants et refroidis; mais bien : tu rechanges nos cœurs de cent sortes diverses; tu les fais tantôt chauds, tantôt froids, etc.

Mais afin que la peine en nous venant reprendre. Quel langage : ma peine me reprend.' On dit bien : mon mal, ma douleur, ma fièvre m'a repris, et autres semblables ; mais non ma peine.

Honte, le seul loyer des travaux que j'ai pris. Cheville.

Et pensant de mes faits l'étrange frénésie. Je pense la frénésie de mes faits. Je ne sais si c'est allemand ou anglois, mais je sais bien que ce n'est pas françois.

1. An sujet des rimes maîtresse, finesse, il y a de plus dans la copie B de l' Arsenal cette critique, que nous avons déjà voe pins haut : brève, longue.

DIANE, LIVRE I. »7i

Et combien de bon cœur ai-je maudit ma vie» Me forgeant sans raison on mécontentement I Mécontentement n'est pas assez fort pour maudire ta pie.

Qu'il compte du printemps la richesse mmatsée. Cheville.

Le pauvre prisonnier dedans sa prison close

Clôt quelquefois les yeux

Close t clât, trop près l'un de l'autre.

Le poignant aiguillon S* une rage insensée. U devoit dire de cette rage, ou quelque autre chose qui plus expressément signifiât F amour; car une rage est trop général.

La frayeur solitaire

Et le silence coi rentament sa misère.

Drôlerie.

Vun cà, Foutre delà, chacun à qui mieux mieux. Deçà et delà se doivent opposer, comme cà et là. Qui deçà , qui delà, pouvoit passer.

Noyant toute espérance au torrent de ses yeux Bourre.

Car au premier sommeil les songes l'épouvantent. D devoit dire : au premier tomme»

L'esprit tremble et frémit de la frayeur horrible. Sottise.

Et les yeux jamais clos ne cessent de pleurer. D devoit dire : qui ne tont jamais clôt. Jamais sans une autre négative n'est pas bien.

Qu'aux misérables lieux où ta dextre commande, Toujours teinte de tangt d'ire et de cruauté.

Hors-d'cBuvre.

L'autre accuse des yeux, l'autre a l'âme insensée

Pour des cheveux trop beaux

Suspendu.

L'un se plaint d'aimer bas, l'autre d'aimer trop haut. Puisqu'il n'avoit point dit trop bat , il ne devoit point dire trop haut.

Si je veux entreprendre

De ce bourreau cruel les rigueurs faire entendre. 11 faut dire : il a entrepris de faire, et non : il a entreprit faire.

Rigueurs qui chacun jour se font assez sentir. Cheville.

Je prends congé d'Amour et de ses feux cuisants. Foible.

Plaintes, pleort et regrets, je tous donne la fuite. Donner la fuite n'est pas bien ici ; et puis il dit qu'il prend congé d'eux; c'est donc lui qui s'en va.

Bienheureuse raison

Je t'appends en ce lieu ma robe dépouillée. . • . Jyant à l'avenir devers toi mon recours. Cheville.

RIVES T1KRCBS.

Et de mes cris ne se fasse que rire.

Il deroit dire : et que de mes pleurs elle ne fasse, etc.

Que de l'aimer je rougisse de honte. • • . En lui voyant d'un valet faire conte,

Plébée.

Que mon teint pâle et mon visage blême. Visage blême est superflu après avoir dit le teint pâle.

Bref, que le ciel contre moi conjuré Pour mon salut ma mort même retarde.

Mal exprimé. Il veut dire : qu'il retarde sa mort, afin que pipant plus longtemps, il souffre aussi davantage.

La sagette meurtrière

Ne me peut plus désormais entamer.

Blesser.

Et que je sois vengé

De ce cristal qui maintenant la trompe. Cette imagination ne vaut rien : il n'est pas question de se venger du miroir; et puis, si elle est belle, le miroir ne la trompe pas; et si elle est laide , quel besoin est-il de lui souhaiter qu'elle le devienne?

Et ses soupirs pour heureux payement.

Nota.

VOEU ÀJJ DÉDAIN.

Puisque par ton secours mon brasier est éteint. 7V, teint.

Dont mon cœur fut atteint.

Ta, teint.

Et ne changerai plus de pensers si souvent. Foible.

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