‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 210 sur 298 · DIALOGUE I. SONNET II · texte numérisé non relu

DIALOGUE I. SONNET II

Je vais trouver les yeux qui sain me peuvent rendre. Transposition fâcheuse.

Ces yeux d'un seul regard te réduiront en cendre : Ce sont tes ennemis, t' iront-ils secourant? Ce n'est pas ce qu'il doit dire.

Tu t'abuses tdî-méme ou tu me porte* envie. Ou me portes,

sonnet m.

Si je plains mes douleurs, il se plaint hautement. Mal.

Si je montre la plaie en ma poitrine enclose. Je montre une plaie enclose en la poitrine y ne vaut rien.

Pour rendre mon désir et ma peine éternelle. Étemelle se rapporte a la peine ; que deviendra le désir ?

Las ! trop injuste Amour, veux-tu jamais cesser ? Mauvais vocatif.

Ai- je un seul lieu sur moi qui te reste à percer ? Suis-je pas tout couvert des traits de ta vengeance ? Encore que cet interrogant vaille une affirmation, toutefois il falloit ici une affirmation simple.

Échappé du péril, j'entre en plus grand danger.' Il devoit dire : je tombe en un plus grand; sans dire : échappé d*um périlyf entre en danger.

Que je suis prest du port....

Près,

Tu repousses ma nef et la fais submerger. Froid.

Tu retiens doucement ces beaux yeux rigoureux, Dont il faut qu'à regret sans cœur je me retire. Les yeux dont je me retire est mal parlé. Dont ne signifie pas a quibusf mais de quibus ou quorum, comme les yeux dont je vous ai parlé* — Ce

Malherbe, rr 18

sans cœur est une bonne cheville . Au reste ayant dit : tu retiens les yeux qu'il faut que je laisse, et : reçois les biens dont je suis désireux , il deroit dire quelque chose de semblable quand il parle des trésors.

Car hé i que sais-je moi, si l'Amour par cautelle S'est point ainsi lui-même en livre transformé Pour lui baiser le sein et coucher avec elle ?

Bon!

p SONNET VI.

Privé des doux regards qui mon âme ont ravie.

Nota.

Mais c*est mourant d'envie

De voir nourrir mes maux qui jamais ne sont las!

Mourir.

Aussi bien puis-je vivre

Je ne vis point ; si fais, car s'il n'était ainsi, Sentirois-je étant mort tant d'amoureux souci ? Superflu. Je vis, car étant mort, sentirois-je tant d'amoureux souci?

PLAINTE I

De ces beaux yeux, aux rayons si nuisants. Mal ; car il semble qu'ils soient nuisants aux rayons.

Car je m'emporte et je me dois laisser ; Partant du pied, du penser je retourne. L'un on l'autre n'y doit pas être ; car puisqu'il revient du penser, il est au logis, et par conséquent ne s'est pas emporté.

Jugez, amants, si je dois espérer.

Nota.

Je ne vois rien qu'objets qui me déplaisent, etc.

Drôleries.

Enflammant l'air d'amoureuse clairté.

Cet épithète * est mal ici.

Quand le soleil loin de nous se départ. Il ne faut pas dire il part, ni se départ, ni départ loin de nous, mais il t'en va loin de nous. On part du lieu où l'on est: il part d'auprès de moi, d'auprès de sa maltresse, etc.

Je sais mon mal et le connois assez.

Nota.

Soit que Phébus environne la terre, Soit que la nuit mette fin à son cours.

Mal, car il l'environne toujours.

L'un veut troubler l'espoir dont je me flatte, L'autre combat ma constance et ma foi,

i. La copie A de l'Arsenal fait généralement épithète du féminin.

DIANE, LIVRE II. a75

Vautre soutient que je ne suis plus moi. Trouble, comme combat et soutient. — Mal conçu.

L'autre me dit qu'en vain je m'encourage.

Madame , Amour, Fortune, et tous les éléments. Ma, da, ma, mou.

Sans plus, le doux sommeil de leurs fers me retire.

Étrange imagination : le sommeil le retire des fers du feu, de l'air, de l'eau et de la terre.

O songe, ange divin

Gean, ge.

Et ne sens pas souvent ton doux allégement. Note. — Rime au milieu.

Le feu qui m'ard le cœur servira de clairté. Tout le verbe ardre est hors d'usage. U n'y a que le participe artlant qui vaille rien.

SONNET IX. — Répons par Passent.

Cette réponse est aussi impertinente que le sonnet auquel elle est faite ; il y a quelque goût aux six lignes dernières.

Que sur la beauté même on voit quelque avantage. J'eusse dit : on y voit, et non : on 9 oit.

Les Amours lui servoient : l'un brassoit les couleurs, L'autre les détrempoit en l'argent de mes pleurs. Détremper en de l 'argent est mal dit. Je ne veux pas m'arréter à

disputer si t argent de mes pleurs est bien dit ; il me suffit de dire

qu'on ne détrempe point dans de l'argent.

Il en durera moins s'il est plus violant. Violent.

Et fait toujours des cœurs sa victoire et son prix. Faire sa victoire de quelque chose n'est pas bien dit. On dit faire butin, faire conquête, et non faire victoire. — Faire son prix ne vaut pas mieux.

Je sais quelT ont des yeux, les autres damoiselles Pour rendre en regardant maint et maint amoureux. Elles. — Maint et maint est gascon. Et puis quand il a dit ipour rendre

maint amoureux, j'attendois qu'il dût dire: pour rendre maint amoureux malade; car amoureux est souvent pris pour substantif, comme un amoureux transi , un amoureux abusé, un amoureux infortuné.

Je maudis mon offense , honteux et repentant. D se doit aspirer.

Et trop tard pour mon bien je cherche à m'en dédire. Qu'est-ce à dire : je e/ierehe à me dédire de mon offense ? et d'ailleurs il deroit dire: je maudis mon offense et cherche, etc., et non pas: et je cherche,

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