FILIÈRE AU SOMMEIL
Cette pièce est des meilleures ; et si, il y a des impertinences.
Que tu chasses le Soin mordant, Hôte importun de ma pensée.
Qu'est-ce à dire : le Soin est hôte de ma pensée?
Douceur dont la peine est noyée.
Cheville.
Si tu peux, selon ton désir, Combler un homme de plaisir.
D ne doit demander autre chose que repos et allégement, et non du plaisir. H confond deux imaginations : celui oui ne peut dormir comme lui doit demander à dormir ; celui qui dort peut demander des songes plaisants.
Le bien de la voir tous les jours Autrefois étoit le secours De mes nuits alors trop heureuses.
Les nuits heureuses n'avoient point besoin de secours; cela eût été bon, si elles eussent été malheureuses.
Je t'ai donné ma liberté, Mon cœur, ma vie, et ma lumière.
A quel propos : je t'ai donné ma lumière? Pour la liberté, le cœur, et la vie, passe.
sonnet xv.
Yeux qui guidez mon âme en l'amoureux voyage.... C'est vous qui fournissez de traits victorieux
Amour, le juste archer
C'est vous qui me rendez content en mon servage ; C'est vous qui m'enseignez le beau chemin des cieux.
Nota.
Vous êtes le soleil qui me donnez le jour, Et je suis le phénix qui se brûle alentour, Puis quand je suis brûlé, je renais de ma cendre. Rien qui vaille.
Et l'accuse, en pleurant, comme une criminelle,
De vol, d'ingratitude
Cheville.
Mais fais tant, qu'elle et moi nous demeurions d'accord. Note.
SONNET XVTI.
Si vous voulez que ma douleur finisse.
Et que mon cœur, qui vous est destiné , Soit de son mal doucement guerdonné»
Et que mon âme
Copulative sur copulative, mal ici.
L'heure et le point qu'à vous je me donné (sic). Nota.
Et que l'ennui qui me suit obstiné, etc. Pour obstinément, — Cette phrase ne me plaît pas.
Qu'un doux Oui du cosur et de la bouche. Note.
chanson 1.
Beaux yeux, mon seul confort.
Ce mot est fâcheux ; j'use de ses composés réconfort et déconfort.
Il ne faut qu'un Oui mêlé, etc.
Nota.
Quand j'étois moins brûlant, tu m'étois plus humaine** £ *^r J'eusse dit : vous m'étiez plus humaine, puisque partout il **B» parlé par vous. Au dernier couplefÉA parle à elle en tierce BÉr» sonne, qui ne me plait pas non plus^^ ~*
[chanson 11.
Je ne veux jamais plus penser De voir un jour.,..
Superflu. On ne dit pas :je n'espère jamais de voir un jour , ou : d'être un jour. Dans jamais sont compris tous les jours que Ton sauroit dire.
S'il rend toute chose effacée.
Rend effacée, mal.
Si ma foi vous fait différer.
Il s'exprime mal ; il veut dire : si vous attendez d'avoir plus de preuves de ma foi.
Hélas! aimai -je ardantementf Ardemment, meilleur.
Il sort de ma bouche des flammes.
Ridicule.
Les propos plus communs qu'il vous plaît m'affermer. Affermer des propos à quelqu'un , mal, pour tenir.
Changeant mon amour forte en commune amitié, A savoir si l'on peut m'accuser d'inconstance. Froid.
Plus pour aigrir mon mal que le rendre adouci. Mal, pour adoucir.
Que je ne trouve en vous
Fen, vous.
J'ai soin de mon salut dont tous n'ayez souci. D devoit prendre une autre phrase ; car fai soin de ce dont vous ri avez souci est mal parlé. Les latins appellent ordinairement cette faute copia affectata, faire l'abondant où il n'en est point de besoin ; mais ici elle est de nécessité plutôt que d'affectation.
Si jamais plus votre beauté m'allume.
Mal parlé.
.... Toujours saigne la plaie
Qu'elle me fit à ses pieds étendu.
Mal, car me est datif. — C'est bien dit : Urne frappa à ses pieds étendu, pource que me est accusatif ; c'est bien dit aussi en datif : il bmtUa t aumône à un pauvre à ses pieds étendu; mais il me bailla Pausjtjfjt* è ses pieds étendu ne vaut rien ; il se faut mieux expliquer.
Toujours le tout s^suit de sa partie.
Val parlé; il falloit dire: sMf de sa partie.
Tous ces brasiers je plonge en Létliés bien avant. Latinerie.
Mon teint pâle et ma voix, mon œil pleurant sans cesse N'ont su dompter un cœur qui se disoit forcé. Cette copulative et n'est pas en sa place ; il la falloit mettre devant ail; et davantage, il falloit un épithète à la voix ; car outre que le teint et l'œil ont chacun le sien, il n'y a point d'apparence de dire que sa voix n'a su dompter sa maîtresse.
sonnet xxrv.
Je ne suis point jaloux ni ne le veux point être. Note.
Qui ma flamme a nourrie et l'a faite ainsi croître. Il faut dire : fait et non faite; on ne dit pas : je Fai faite venir.
Je promets
Qu'aux serments et aux pleurs je ne croirai jamais , etc. Froid.
Quand il retourne en Cypre, orgueilleux de ta gloire. Pourquoi ta gloire ?
Main dont le blanc éclat obscurcist [sic) toute ivoire. Obscurcit. — Ivoire est masculin.
Mais que vous servira cette fleur de beauté ? De quoi vous servira ? car il ne falloit point de mais.
Si sans être cueillie, elle devient fermée. Nota.
Si vous m'aimez, Et si le trait d'Amour comme moi vous entame : Donc ainsi comme moi vous sentez, etc.
Mal et super ûu, et donc aussi.
Aux esprits et au cœur cent fourneaux allumés. Note.
Hé ! pourquoi souffrez-vous que soyons consumés, Servants de nourriture à l'amoureuse flamme? Quelle extravagance ! ils sont consumés, servant de nourriture au feu d'amour; ce feu d'amour ne peut donc durer longtemps. * .■ *■
N'est-ce une grand' rigueur,^ vous pouvez, Madame? Pas. — 11 devoit dire : et ne le faites pas.
Mais de nous en sortir seule avez la puissance. Fous.
L'accès qui m'affoiblit perdrait sa violence, Et sans plus dépiter je bénirais les cieux. Ce n'est pas un accès.
Où de tant de beauté mon œil eut jouissance Que le seul souvenir chasse au loin ma souffrance. Le seul souvenir, de quoi ?
O si l'on m'eût permis, etc.
Drôlerie.