ÉLÉGIE Y
Faîtes-moi tant d'honneur que de le recevoir, etc. Il offre ses yeux, son sang, son cœur, ses esprits et son âme, et pais il dit : « recevez- le , Madame, comme vôtre, qu'il est. » N'est-ce pas triomphé f ?
Je vous veuille enchérir mon amoureux souci, Ajoutant aux douleur*, etc.
Phrase espagnole, et outre cela, ajoutant, sans dire quoi, ne me plaît guère en ce lieu.
Et si vous en doutez, pour le commencement Ignorez si mon mal est foible ou véhément.
Galimatias.
Me fasse plus constant les tourments endurer. Mal : adjectif en la place d'un adverbe.
. . . Et le cœur inhumain d'une bête cruelle.
Or en vous connoissant si divine et si belle, etc. Quand on finit un sens, il le faut finir à la deuxième rime, et non pas faire que des deux rimes l'une achève un sens, et l'autre eu commence un autre.
La cruauté,
S'accompagneroit mal de si chère beauté. Mal ici.
Quand la loi du destin, qui depuis ma naissance Forte me tyrannise, et quand votre rigueur Empêcheroicnt le bien que dessert ma langueur, Et quand pour le loyer de mon amour extrême, Et quand pour vous chérir cent fois plus que moi-même, etc. [Dessert) Hors d'usage. — Et que. — Ce quand pour vous segond ne vaut rien.
Car je tiens cet honneur pour un si grand loyer. Mal exprimé.
Voilà comment, Madame, etc
Mal tiré de ce qui précède.
Loi qui comme Mézcnce horrible en cruauté, etc. Lequel est-ce? Mézencc ou la loi?
Si la loi (du mariage) vous retient , vous n'avez pas raison ;
Car l'amour et la loi sont sons comparaison.
Amour est un démon de divine nature.
Vous parlez en oison. — C'est un vice quand après avoir rimé un vers, on finit le demi-vers suivant en la même rime, comme ici démon après comparaison.
I. Dans la copie A : triompher. La remarque manque dans la copie B.
Car il faut qu'au plus grand toujours le petit cède, Et la loi des amours toutes les lois excède. Simple et composé.
C'est tous priver d'un bien où vous aurez regret.
Nous devons mieux aimer, plus d'amour on nous porte. Note. Je ne crois pas que ce soit bien dit : nous devons mieux aimer, plus d'amour on nous porte.
Et si vivement poingt (sic) de ma grand* passion. Être poingt de passion est un étrange langage.
Adjurant vos beaux yeux de ne s'en offenser. Adjurer quelqu'un de faire quelque chose est mal parlé ; il faut dite : conjurer.
U n'a point de poumons, ni de sang, ni de veines. Vous diriez qu'un homme a trois ou quatre douzaines de poumons. Il a fait cette faute encore ailleurs; car ici on la pourroit imputer à l'impression , et lire poumon.
(Moi) Qui ne suis point conçu des flots de la marine, Animé d'un beau sang, etc.
Mal parlé : moi qui ne suis point conçu de la marine, animé d'un beau sang. Il devoit dire : mais animé d'un beau sang, etc.
Je sois diversement heureux et malheureux. Mal.
Et quand de m'en soustraire il m'en prendra l envie. Il falloit dire : il m'en prendra envie. Il a voulu éviter la cacophonie, et a fait un solécisme1.
Se rassemble au sujet d'où ruissellent mes flammes. S'engendrent.
Et que j'ai bien le cœur à* atteindre en si haut lien. Mal ; car il veut dire aspirer. Il devoit dire : de tendre en si haut lieu.
Et que mille penser* me livrent la bataille, etc. Quelqu'un de ces jœnsers contre moi conjuré
Me dresse l'escarmouche
f Mille pensera lui livrent la bataille; puis, quand il est retiré, un de ces pensers lui dresse l'escarmouche, t
i . A cette remarque, qui est à la marge, Malherbe a pins tard ajouté celle-ci, d'une antre encre, au bas de la page : « Mal parlé aussi : quand il me prendra V envie de m'en distraire; il faut dire envie, et non l'envie. On dit bien : si l'envie m'en prend; mais il fant dire : s'il m'en prend envie, et non : l'envie. »
36o COMMENTAIRE SUR t)ES PORTES.
Coulants de larges pleurs m'arrosent le visage. La langue latine se sert de cet épithète : largi fletus '; mais la firançoise, non.
Est-ce pas bien aimer que de ne rien penser Qu*en ce bel œil meurtrier qui me fait trépasser. Rime à demi-vers.
Plus mon chemin s'éloigne, et me trouve en arrière. Cest le but qui s'éloigne. Le chemin se peut bien allonger, mais non éloigner. Ce qui s'allonge devient plus long; ce qui s'éloigne se recule de nous.
Que le ciel me transmue en pierre ou en rocher. Choisissez, mais n'en prenez qu'un.
Aussi bien fil advient, ma douleur excessive Ne souffrira jamais qu'une heure après je vive. S'il avicnt semble bien , mais il eût mieux dit : si cela orient; car quand on dit : s'il avient, on attend un que ; comme : s'il avient que la Bai aille à Fontainebleau, que le Roi vienne à Paris, etc.
Aux pays étrangers quelque lieu séparé,
Sauvage, inhabité
Mauvais son, et faut éviter cette faute de rimer le demi-vers ensuivant sur la fin du précédent.
ÉLÉGIE vu. — Pour Henri III , Ion Monsieur.
Qn ne peut vivre sans amour. Il loue les beautés de sa dame, parle des ennuis qu'il a eus en son absence, puis se réjouit de son retour.
Qu'ils demeurent toujours inséparablement. Ils demeurent inséparablement est mal parlé ; il devoit dire : ils demeurent inséparables, ou : ils sont joints inséparablement, ou bien : ils demeurent ensemble inséparablement.
Et voilà ce qui fait que l'amour que je porte A vos beautés, Madame, est si constante et forte. Pour bien parler, il devoit dire : si constante et si forte* On dit : il est si bon et si beau, et non pas : il est si bon et beau.
Aussi pour dire vrai, mon amour f ai fondée. Nota.
Qui font en même point vivre et mourir ensemble. L'un ou l'autre semble superflu.
L'œil éperdu s'égare
Après être éperdu, s'égarer, cela semble mal dit.
l# Largi Jletus, « pleurs abondants. »
ÉLÉGIES, LIVRE I. 36i
Qu'il Tienne voir vos yeux
Qu'il vienne voir après l'or de vos tresses blondes....
Qu'il vienne voir ce front
Il devoit dire : qu'il regarde , car toutes ces vues se peuvent faire d'un même voyage.
Le mien (mon écu) s'y reconnoit le plus haut de la bande, Et pense avoir acquis une gloire bien grande. Qui pense?
Mais ce m'est grand honneur pour vainqueur reconnoitre Un Dieu, etc.
Ce m'est honneur de reoonnoitre*
Mais lorsqu'il me fallut de sa cour séparer. La.
Où j'étois attendu d'une puissante armée. Du, du.
Et demourai chétif à par (sic) moi languissant. Nota.
M* accompagnoit partout, me livroit mille alarmes. Superflu.
Et ne doutoit (redoutait) l'effort de dix mille gendarmes, Ni de tant de guerriers que j'avois à l'entour. Il devoit dire : à l'entour de moi. — // ne craignoit dix mille gensdar-
mes, ni de tant de guerriers. Les gendarmes à Paris sont guerriers; je
ne sais pas si à Chartres1 ils s'appellent autrement.
Mais quand j'étois charmé a" objet si désirable. D'un objet.
L'aise enivroit mon Ame, et m'estimons heureux. Nota.
Souhaitant pour tout bien l'heure tant attendue. Tan, ta, ten.
fentr'oy ces doux propos. .
Pourquoi entryoy ; il faut dire : foy ou j'entends.
Je jouis ici-bas de la gloire des cieux, Et d'un homme mortel je suis égal aux Dieux, etc. Nota. — Il n'en est point d'autres1. — Et puis, il ne devoit point répéter je. Cest mal parlé de dire : je jouis et je suis; il faut dire : je jouis et suis. Il pouvoit dire : Et d'un homme mortel suis fait égal aux Dieux; mais toujours ce mortel est pour faire mourir un homme. — Considère d'ailleurs sa conception : tu verras qu'il ne dit pas ce qu'il
x. Des Portes était né à Chartres.
Ç" a. Cette critique se rapporte à homme mortel.
36a COMMENTAIRE SUR DES PORTES.
doit dire. Il parle à sa maîtresse comme la revoyant, et dit que Taise qu'il en a le rend égal aux Dieux, sinon que leur joie est durable, et loi, quand il perd sa maîtresse de vue, il est désespéré. Or il devoit dire : et moi je suis toujours en crainte d'une nouvelle absence, et non pas dire l'ennui que l'absence lui fait sentir.
Joint que tant plus qu un prince est grand et remerquable (sic),
Plus il se doit montrer entier et véritable. Nota. — Plus un prince est grand, bon; msàsplus un prince est remarquable ne peut être dit que pour rimer. Cet épithète ne peut ici convenir au prince ; et ailleurs il ne peut aVoir guère bonne grâce.