ÉLÉGIE IX
D décrit la naïveté de l'amour des premiers siècles, blâme celle d'aujourd'hui, et surtout des grands, dont il dit que sa maîtresse a fait la preuve.
Ayant mis fin partout au trouble et à la guerre. Tout au trou.
I. La copie A a omis cette question, on plutôt y a substitué le mot mal, qui, dans l'original, s'applique au vers suivant. Le reste de cette élégie et celles qui viennent après, jusque vers la fin de la m* du livre II (voyez pins loin, p. 38 1) , ne sont point annotés dans cette copie.
Carcans, perles, rubis, n'eussent mu les esprits. Vers rimé par le milieu. Au reste, j'eusse mieux aimé ému que mû.
Ains l'amitié prisée
Sur toute autre richesse étoit autorisée. Vous ne savez si elle étoit prisée sur toute autre richesse, on autorisée sur toute autre richesse.
Et que cette saison en un autre passa. Nen, nu, no.
Et qu'on sut finement
Au poids de la richesse estimer un amant. Sot.
Qu'on peut de cent façons couvrir sa fantaisie. Est sot aussi.
Amour tout étonné de voir sitôt changé. Tou té ton.
Un ]>euple qui naguère étoit si bien rangé.
Ce rangé est très-mal. Un qui a été fou et est devenu sage, s'appelle rangé.
Et regrettant trop tard le bien dont tu te prive. Prives,
Car comme ons ensemble avez fait le péché. Vous-
Pour les simples bontés qu'ace* tant méprisées.
Vous.
Et toujours aux glaçons la flamme entremêlant, L'absinthe avec le miel, la joie à la tristesse. Il devoit dire au miel, et non avec, tout ainsi qu'il a dit : la flamme <lux glaçons 9 la joie à la tristesse.
Et ferai mille brèches
Diverses en vos cœurs
Mal exprimé.
Bien qu'il soit jouissant, ne sera pas content. Rime au milieu du vers.
Afin que vous souffriez ce qu'avez mérité. Que vous avez.
C'est à vous que j'en veux, pour vous faire sentir
C'est à vous que j'en veux, qui avez préférée, etc.
Note.
Et n'avez estimée être chose vilaine.
Estimé.
Et les grands comme tous sauront mille finesses Pour vous amadouer
Suspendu.
De constance et de foi vous parleront toujours.
/& oublié.
Changeront de pensée et vous délaisseront, Et par mêmes appas autres pourchasseront. Quel langage : ils vous laisseront et autres pourchasseront/ On ne peut pas dire : pourchasser autres; il devoit dire : en pourchasseront d'autres*
Ainsi feront les grands en l'amoureuse chasse, Qui n'épargneront rien. ...........
ils étoient mieux que qui.
Et que de vraie amour au dedans n'ayez point. Transposition insupportable.
Que vous tous efforciez tune à Poutre de nuire. Guère meilleure.
Vous alors qui verrez leur foi dissimulée
Et leur amitié feinte au vent s'en être allée....
Vous aurez de dépit l'âme toute embrasée,
Voyant votre beauté si soudain méprisée. Voyez cette imagination : vous qui verrez leur foi s'en être allée au vent, vous aurez Came embrasée de dépit» La cause du dépit est déjà exprimée ; cependant il ajoute : voyant votre beauté méprisée ; si bien que tout ce vers : Voyant votre beauté, etc., est superflu.
Que des Grâces ayez la poitrine et le sein. Vous oublié.
Mais vous devez cesser de vous en tourmenter, Encor que vous voyez un autre s'en vanter.
Rime au milieu du vers. — Une.
Car un tout tel destin que le vôtre s'apprête. Mauvais repos.
élégie x.
Je ne veux point blâmer la Nature et les Cieux, L'Amour, la Providence, ou quelque autre des Dieux. Chevilles ; et davantage, puisqu'il vouloit dire : ou quelque autre des
Dieux, il falloit que ceux qu'il avoit nommés auparavant fussent
tous dieux.
U faut que de mon mal seule ayez connoissance. Vous oublié.
Cor, hélas!
car de vous offenser.
6*r bien près d'un autre.
Ah ! que j'ai de regret quand je mets en mémoire. Sot et lourd. Mettre quelque chose en mémoire, c'est l'écrire en des tablettes ou en quelque papier pour s'en ressouvenir. U deroit dire : quand je me remets en mémoire.
Depuis l'heure qu'Amour devers vous m'adressa. Je dirois à vous, et non devers vous.
Au moins si de mon lieu (sic) quelqu'un eût hérité, Qui par extrême amour eut ce bien mérité.... Qu'il pût dissimuler ses faveurs sagement.... Qu'il pleurât ses douleurs, tous nommât inhumaine, Ou qu'il dit seulement
Qui, qui t qui. 11 ne parle ici de personne en particulier, mais simplement il dit qu'il seroit moins fâché si quelqu'un eût hérité de son bien (sic), qui en fût digne; ainsi faut-il toujours dire qui, et non qu'il.
H se rit de ses vers dont j'étois si jaloux. Ces.
Il fait voir des faveurs qu'il jure avoir de tous Pour mémoire et pour gare ; il a votre peinture , U dit qu'avez la sienne ; il sait votre nature, Et juge que pour lui tous souffrez passion.
Fous oublié. — Nature mal à propos en ce lieu. — A quel propos U sait votre nature? Si ce n'est une cheville, je ne sais que c'est, et puis il dit trop peu, quand il dit : il juge que pour lui vous souffrez passion. S'il disoit : U publie; mais juger est d'un homme qui doute.
Maîtresse, quand je vois qu'avez si mal choisi. Fous oublié.
Ores que son relâche à mon malheur je pense. Sans1.
Et par quelle injustice à coup j'en suis privé.
Quel langage :fen suis privé à coup, pour dire : c en un instant, » ou : « tout à un coup ! i
Et n'a non plus d'arrêt en son troublé courage Qu'il plaît aux mouvements de la mer où il nage.
Remarque ici comme les participes ont mauvaise grâce étant transposés, comme : troublé courage, détruites murailles t refusée grâce, etc. Priam voyant détruites ses murailles, est mieux que Priam voyant ses détruites murailles.
Mon esprit sans relâche....
En cette même page, ligne 28, répété.
1. Malherbe, comme l'on voit, corrige jusqu'aux fautes d'imprettkm.
Avec tant de trésors que l'âme en vous contemple. Vois ici une mauvaise transposition.
S'il m'en prend fantasie, aussi soudainement.
Confus et repentant^ mon vouloir se dément. Garde-toi bien de croire que soudainement et soudain soient indifférents. Soudain eût été ici en sa place ; soudainement n'y est pas. — Rime au milieu du vers.
Mes sens sont en débat, mon esprit agité. Ce n'est pas entre les sens que se fait cette dispute.
Et suis si possédé de ma fureur extrême. Nota.
Tout bien considéré, mon plus grand avantage C'est que je m'abandonne aux vents et à l'orage, Et calant aux destins, que je ne puis forcer, Je consente à regret tout bas en mon penser Qu'infidèle et parjure, et pis cent fois encore, Il faut bon gré mal gré que mon cœur vous adore. Ceci n'est pas assez clair ; car qui empêche qu'infidèle et parjure ne te puisse rapporter à son cœur? — Il ne falloit point deyV. — Mais voici qui est étrange : mon plus grand avantage , c'est que je consentequ'infidèle et parjure, il faut que mon cœur vous adore.