‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 239 sur 298 · ÉLÉGIE XI · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE XI

Cest en vain qu'on essaye à forcer la puissance Du ciel, qui nous contraint depuis notre naissance. Nota. — Suspendu.

Tant de luisantes armes,

tant d'assauts, tant d'alarmes.

Alarmes et armes, simple et composé.

Voyant mes compagnons mourir devant mes yeux, Émaillants de leur sang un tombeau glorieux. Que veut-il dire : voir s'émailler un tombeau de son sang? S'il avoit dit : émailler son tombeau de son sang, je lui eusse pardonné.

J'attendais d'heure en heure une mort assurée , Et voir de mille coups ma poitrine honorée. U faut dire : /attends de voir, et non '.j'attends voir.

Il me retira sauf de la civile flamme. Sauf ne se dit guère de cette façon ; on dit : j'en échappai sain et sauf.

J'eusse avec ce trépas tant de peine évitée, Et quelqu'un le sachant eût ma mort regrettée. Nota, nota.

Qui vous réjouissez de m'a voir mis en peine : Fous riez de mes pleurs, de ma mort vous vivez. Ces vous sont superflus. Celui de riez se pouvoit excuser comme

accusatif; car on dit : je me ris, vous vous riez , aussi bien que je ris, vous riez ; mais celui qui précède vivez est une faute lourde, sinon qu'il voulût dire que ce fût un sens séparé qui commençât à vous riez de, etc.

Et pour voir si vos yeux pourront brûler une âme, Vous me faites mourir en C amoureuse flamme. Niaiserie.

Las ! vous deviez ailleurs votre force essayer, Et sur vos serviteurs vos regards n'employer.

Froid. Que veut-il dire, qu'elle ne devoit pas employer ses regards sur ses serviteurs? Il pense quelque chose de bon, mais il s'exprime comme il peut.

Tous les flambeaux d'Amour qui consomment les Dieux. Consument.

Quand vous, belle guerrière,...

Vous choisîtes mon cœur

Superflu.

Las ! cette vive ardeur, qui point ne diminue Me tient impatient en fièvre continue, Qui m'émeut, qui me trouble, et qui me fait rêver, Et ne puis à mon mal aucun secours trouver. Sans pouvoir. — Cette ardeur qui point ne diminue me tient en fièvre continue qui m* émeut, etc., c'est pure bourre.

Et je crains vous prier

Je crains faire mal, est mal parlé ; il faut dire : je crains de faire mal, de choir, etc.

Quand je sçauroy (sic) pour vrai, etc.

Sçaurajr.

De voir qu'en me tuant, vous ne le croyez pas;

Ou si vous le croyez, montrez de n'en rien croire. Nota. — Vous.

Ne se rende adouci.

Ne s'adoucisse.

Si vous voyez mon cœur ainsi que mon visage, Meurdri, couvert de sang, etc.

Voyiez. — Il semble qu'il veuille dire : « si vous voyiez mon cœur meurtri, etc., ainsi que mon visage, » et il veut dire simplement : « si vous voyiez mon cœur comme vous voyez mon visage, vous le verriez meurtri, etc., et en auriez pitié. » 11 s'est mal exprimé.

Vous seriez, j'en suis sur, de soupirer contrainte.... (Et) Vous me rendriez, Madame, heureux parfaitement. Superflu.

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