‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 272 sur 298 · STANCES I · texte numérisé non relu

STANCES I

Les plus belles âmes

Meuvent les plus beaux corps et leur donnent pouvoir» Vent.

Faut- il que si souvent vos rais ne soient celés? Ceux du commun soleil ne sont tant reculés. Tant reculé se doit entendre de la distance de» lieux , et non de a lougueur de l'absence.

Ainsi parloit Philon, baisant et rebaisant , Dévot , les yeux divins de Lycaste la belle. Dévot, pour dévotement, mal.

ÉPIGEAMME I.

Du latin de Pontanus.

Je voulus baiser ma rebelle, etc.

Bon.

ÉPIGUMMI II.

Si doras rot lèvres de rotes Je vois mes liesses décloses.

Mal imaginé : je vois mes lieues sur vos lèvres,

ÉPIGBAMMB m.

Pris du grec, et ne Tant rien.

ÉPIGBAMMB IV.

Très-bon , hormis ce notre ire , qui est un peu rude : Tant de rapports fâcheux, indignes de notre ire.

ÉPIGBAMMB Y.

Fous rendez vos beautés et mes flammes passées. Rendre passées , sottise.

ÉPIGBAMMB VI.

Hier Parthénie entre cent damoiselles.

Note ici hier monosyllabe.

ÉPIGBAMMB VU.

Qui d*un pouce retors et d'une dent mouillée Sa quenouille chargée a quasi dépouillée. Je ne sais pourquoi il dit : un pouce retors.

Afin qu'à mon plaisir j'embrasse ma rebelle, L'amoureuse Isabeau qui soupire auprès d'elle. Froid.

ÉFIGRAMMB Vin.

Quand par les rochers montagneux, PasiphsB de fureur contrainte Suivoit son amant dédaigneux, etc.

Mal.

STANCES n.

Jupiter, s'il est vrai que tu fusse* amoureux. Fusses.

Quand ton poil de taureau déçut une pucelle. Il s'exprime mal , car il veut dire : quand tu déçus une pucelle sous la forme d'un taureau. Ne se peut-il pas faire qu'un homme, sans se transformer, aura un poil de taureau?

Et rendre en vous trompant ma gramCûamme amortie. Cheville.

Or ne vous fâchez donc si j'ose vous baiser, Et si troublé d'amour je perds la modestie. Je ne sais d'où est tirée cette conclusion.

ODE

Quand ta aurais le cœur d'une froide colonne. Les colonnes n'ont point de cœur.

N*ois-tu les aquilons soufflants horriblement ? Tf ois-tu pas est meilleur.

Qui font par leur effort mouvoir ce tremblement. Mouvoir ce tremblement est mal parlé.

N'entends-tu point Courus qui donne à la traverse ? Il devoit nommer ce vent d'un autre nom. Je ne dirais Caurus, non plus qu'Eurus ou Zephirus.

Et tans (sic) dessus dessous toute chose renverse. Nota.

Mes nerfs sont tous retraits. ...

Dis : retirés.

Et toute ma chaleur

Au cœur est dévalée. Et commence déjà, comme aussi fait mon cœur, A se faire gelée.

Qu'est-ce a dire : ma chaleur se fait gelée? On dit bien : être gelée, devenir gelée , ou : se geler ; mais se faire gelée est une sottise , vu même que gelée est une espèce de viande.

IMITATION d'hORAGB. {Audivere, Lyce, Di mea vota ; livre IV, ode i3.)

Tu fais la jeune et la doucette.

Bas.

Tu pense' éveiller nos esprits, 11 faut dire : tu penses; et n'y a point de réponse.

Et fuyant les vieilles forêts, Fait son nid aux jeunes bocages.

Il faut dire nr, car autrement il faudrait prononcer ni taux jeunes bocages.

Las ! hélas que sont devenus

Tant d'amours et tant de Vénus

Qui troubloient mon âme charmée?

Chauds regards, propos ravisseurs,

Feints soupirs, poignantes douceurs.

Que sont devenus chauds regards, propos ravisseurs , feints soupirs, etc.? Il devoit dire : que sont devenus tant de chauds regards, comme il a dit : tant et amours et tant de Vénus. Que si l'on me dit que àreb xoivou il se rapporte à tant d'amours, cela ne se peut ; ce vers : Qui troubloient mon âme ctiarmée, Yen a trop séparé; et puis toujours eùt-il fallu dire: de chauds regards, et non : chauds regards. Et puis

pour être vieille, le» feint» soupir» ne s'en sont pas allé», tant s'en faut ; en cet âge on soupire davantage et avec pins d'art *.

DIALOGUE II

Sans yeux , sans pouls , sans mouvement. Je ne dirois jamais : être sans pouls , a cause de l'équivoque de ce nom de vermine.

De tant d'ennuis qui vous font guerre, Lequel vous donne plus de peur?

Mal.

Quel est le mal qui vous offense, Attendant ce département [le départ de l'amant) ? Mauvaise demande et qui ne tend qu'à faire venir à propos la réponse suivante : « Tel que d'un qui a eu sentence Et attend la mort seulement. *

Si tel accident vous arrive , Votre amour ne durera pas.

Quel accident ? Si c'est de mourir quand il s'en ira , c'est chose ridicule de dire : si vous mourez, votre amour ne durera pas.

COMPLAINTE I1

Accusant quelquefois sa trop longue demeure,... Et plaignez de pitié la douleur que j1 endure. Demeure et endure riment comme four et moulin. — Je plains votre douleur de pitié ne me plait pas.

Qui perça le rocher que j'avois à tentour. A tentour ne me plait pas ici, absolument. Il falloit dire : à ï entour de moi.

Je soulois demeurer sur Yherbage étendue. Mal, pour herbe.

De mon fidèle amant bien souvent attendue. Ceci est mal imaginé : voilà le lieu où fétois couchée, étant attendue de mon amant. Il faut dire : attendant mon amant.

Mais les voyant, sans voir le soleil de mes yeux. La césure de ce vers ne vaut rien.

Car sa foi trop louable Est constante et durable, Et d'autre ardeur son Ame n'est saisie ;

x. La 6 n de cet alinéa, à partir de : « Et pois, pour être vieille, » parait avoir été ajoutée après coup par Malherbe ; elle manque duos la copie B.

i. Dans la copie B, on lit à la marge, un peu plus bas que le titre : « Imitation de Montemayor {poète espagnol mort en i56a). »

Car son cœur est a moi.

Car d'autre ardeur son dme n'est saisie y car son cœur est à moi : ces deux car * si près l'un de L'autre sont mal.

Je n'y fais que penser....

Demeurer sans mouvoir comme une souche morte. Je ne fais que demeurer sans mouvoir est mal dit. J'eusse mieux aimé dire : demeurant; mais je crois qu'il ne l'a pas fait a cause qu'au quatrième vers suivant il a commencé par Demeurants.

Absence*

Nota.

Nota.

VELLÀNBLLB.

Rosette, pour un peu d'absance.

Le mien autre part j'ai rangé.

Jamais plus beauté si légère.

Au vent sitôt ne se vira.

Ce mot est au vieux loup1.

Celui qui a gagné ma place

Ne vous peut aimer tant que moi.

Équivoque en ce moi9 que Ton ne sait s'il est accusatif ou nominatif. Il faut , tant que l'on peut , éviter ces ambiguïtés. Je dirais : ne vous peut aimer tant que je vous aime.

La mienne plus ne varita {sic).

Nota.

Bienheureux le destin qui de moi fut vainqueur , Ordonnant que pour vous bassement je soupire : Bienheureux mes jeux bruns, dont vous tenez l'empire. Mal.

Elle écrivit ces mots tous dessus de la glace. Cheville.

Présents les vents marins qui servoient de témoins. Autre.

COMPLAINTE II8

Rien n'est dessous le ciel qui soit ferme et constant. Superflu. — Quel langage est-ce : rien n'est ici qui soit beauy pour : il n'y a ici rien de beau ?

x . Dans la copie B : « ces deux cars. »

a. Tel est le texte de l'original et des deux copies. Cette locution , dont nous ignorons l'origine et le sens propre, signifie sans doute que « c'est an rieux mot, qu'il ne faut plus employer. •

3 . De toutes les annotations de cette Complainte, la copie B n'a. que l'a van tdernière, le mot Cheville.

J'étais homme de chair, et or* par ta rigueur Je soit homme de flamme.

Inepte.

Et vous, chefs désolés de ma calamité, Dite*, mes tristes yeux, etc.

Qu'est-ce a dire : chefs de ma calamité?

Et les nymphes des hois en ont porté le deuil De tristesse contraintes. Cheville.

Quoi ! mon coeur, d'endurer n'es-tu donc pas lassé? Transposition cruelle.

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