‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 271 sur 298 · MÉTAMORPHOSES · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES

Mon prompt et peu sage penser....

En rose me voulut changer.

Bourrue imagination, s'il en fut jamais.

Croyant que la jeune beauté Qui rend mes jours sans liberté.

Mal exprimé.

Dès que ses plus tendres cheveux.

Tendres , épithète qui ne vaut rien.

.... Et que ma fraîcheur la toucha, Toute en ses habits se cacha, EUe*.

i. Dan» la copie B : « Elle y défaut. »

En rosée il me change après.

En ombre et en brouillas épais....

Ombre pour la suivre en tous lieux,

Brouillas pour couvrir ses beaux yeux,

Humeur pour arroser sa grève.

Il pervertit Tordre : il a répété ombre et brouillas; il devoit aussi répéter rosée , et dire : t Et rosée à mouiller sa grève. — Toute cette chanson est impertinente et pleine d'imaginations qui ne veulent rien dire.

SONNBT V.

Rendant par sa blancheur les beaux lis effacés. Rendre effacés , mal.

Ainsi qu'un seul filet ces fleurettes assemble. Filet y pour fil, mal. Filet ne signifie qu'un engin fait de fil pour prendre des poissons ou oiseaux , et non du fil simplement. Quelques dialectes en usent, mais non les vrais François.

DIALOGUE I

Dont tant de bien m'est arrivé.

D'où.

— Quel succès assez favorable Pouvoit t'exempter de souci ?

— Aimer d'amour ferme et durable En Heu qu'on m'aimât tout ainsi.

Et que ron m'aimât. Ce n'est pas bien dit : /aime en Heu qu'on m'aime. On dit : au lieu qu'il me hait, je Calme; au lieu qu'il me fait du mal , je lui désire du bien, etc., car en Heu présuppose quelque contrariété.

La gloire ou ton esprit se fonde.

Vent.

BAISEfi.

Tout ceci est sans jugement jusques à : Ne me défends {r en 19).

Et change ma tristesse

En plaisir gracieux.

Superflu et ridicule ; il n'est point de plaisirs qui ne soient gracieux.

Fais que je vive et fais qu'à la même heure Baissant les yeux, entre tes bras je meure, etc. Drôlerie.

Vis dedans moi, comme en la même sorte Je vivrai dedans toi.

Mal et superflu.

Embrasse-moi d'une longue embrassée, Ma bouche soit de la tienne pressée,

^p Suçants également*

Sans construction.

Et qu'en ces jeux nos langues frétillardes S*étreignent mollement.

Mal : les langues ne s'étreignent point.

Bref, je me fonds en ces fasses douces. Dis : en ces douces liesses, en ces belles maisons, en ces grandes compagnies, etc.

Ce ne sont point des baisers, ma mignonne. Mauvaise césure.

Ce ne sont point des baisers que tu donne, Ce sont de doux appas.

Donnes. — Note.

Afin de rendre une amour mutuelle Vive après le trépas.

Mauvaise imagination.

Ah, mon Dieu! je me meurs! il ne faut plus attendre De remède à ma mort, si tout soudainement, Phyllis, je ne te Tôle un baiser seulement, Un baiser qui pourra de la mort me défendre.

Belle imagination : je suis mort, si je ne te vole un baiser qui me gardera de mourir.

Quoi ! me faudra-t-il donc mourir cruellement ? Mauvaise césure.

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