‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 285 sur 298 · VI · texte numérisé non relu

VI

On ne sait plus que c'est de vertu ni & adresse. Foin et paille.

Ce sonnet est de Pétrarque , mal fait par lui , et mal imité par des Portes.

Avec un si beau nœud l'amour m'avoit contraint. Mal , pour attache'.

La mort, et non î amour, a fait pâlir mon teint.

Hors-d'œuvre.

En si piteux état je dépense mon temps.... Des saisons de ma vie arracha le printemps. Temps et printemps, mauvaise ope de simple et composé.

M'étonnant que mon cœur du fardeau n'est dompté. Dompté 4U fardeau n'est pas si bien comme accablé svus le fardeau ou du fardeau.

J'ai vu sécher mes fleurs en leur prime saison. Prime ne vaut rien.

Las! si je suis mortel et sujet à ta loi. Ta, ta.

La mort contrerépond : « J'en ai fait mon devoir. » Ce mot ne vaut rien ; il devoit user du simple.

COMPLAINTE I

Pour le feu roi Henri IIIe, en la mort de Marie de Clèves, princesse de Condé.

De sang, de mort, d'ombres noires et feintes.

Ce mot de feintes n'est ici que pour la rime, car pour le sens il ne vaut rien.

Retiendras-tu mon âme emprisonnée En tant de fers?...

Il devoit parler de la pesanteur ou rudesse des fers ; car le nombre n'est pas ici à propos.

Je me consomme en' langueur infinie.

Consume.

Mais c'est l'erreur des œuvres de Nature.

C'est l'erreur de l'ouvrier, et non de l'œuvre ; il pouToit dire : cest le défaut des œuvres de Nature.

Au feuillage d'automne.

D'au tonne.

Rompu tes traits dont ma plaie est sortie. Mal dit : ma plaie est sortie des traits; et d'ailleurs il falloit dire : d'où, et non : dont. Dont signifie ou cujus ou de quo, mais jamais undt ni a quo. Qui plus est, je ne dirois pas : ma plaie est sortie de son e'pée, ni de sa flèche1.

Donc que l'an change en saisons différentes, Je serai ferme et mes plaintes constantes ; Et quand le ciel sera plus clair de flamme, Toujours le deuil obscurcira mon âme.

Conclusion impertinente.

COMPLAINTE II

Je ne suis plus celui dont la grâce et la vue Rendoit cette contrée en tout temps si pourvue. Vue et pourvue, rime de simple et composé.

Mes jours les plus luisants sont changés en ténèbres, Et mes chants de victoire1 en complaintes funèbres. Ces deux vers sont mot a mot répétés en la page io3.

O grands masses pierreuses!

Grandes.

Hélas! je le suis bien {changé en rocher); carsepourroit-il faire, Si j'avois d'un mortel la nature ordinaire,

Que je pusse porter Si longtemps les efforts des ennuis et des peines? Le repos devoit être au troisième vers, et il n'est qu'au quatrième, tellement qu'il faut lire quatre vers tout d'une haleine.

J'ai le cœur si comblé d'amertume et d'oppressé. Oppresse ne vaut rien, et comblé a™ oppresse encore moins.

Et qui pense adoucir le regret qui m'entame. Le regret m entame est mal dit.

Ce qui sonne plus doux à mes tristes oreilles, Ce sont cris ae hiboux, d'importunes corneilles. Nota. 11 faut dire : le plus doux.

La mort est seule propre au deuil qui me possède : Mon mal est venu d'elle, en elle est mon remède.

O vous pleins d'amitié, Qui plaignez mes douleurs, etc.

Le sens doit finir au troisième vers, et ici il y commence.

1. Cette dernière phrase, qui, dans l'original, est d'une antre encre, ne se trouve pas dans la copie B.

a. Voyez plu* haut, p. 38 1. Dans le passage auquel Malherbe renvoie, il y a au second vers liesse t au lieu de victoire.

Meurtrir un misérable,

C*est acte de pitié.

Tuer étoit meilleur que meurtrir.

Car l'heure de ma fin sera l'heure première De mon plu* doux repos.

11 ne falloit point comparer; il devoit dire : Que f aurai du repos.

Nymphes de ces forets, mes fidèles nourrices, Tout ainsi qu'en naissant tous me fûtes propices,

Ne m'abandonnez pas Quand j'achève le cours de ma triste aventure. Derechef le sens commence ici au troisième vers.

Sur la dernière page du volume, où est imprimé, en tête, un errata de trois lignes, et au-dessous un Extrait du privilège , Malherbe a écrit les observations suivantes, qui se trouvent dans la copie A de l'Arsenal, mais manquent dans la copie B ' :

Hait, monosyllabe, p. 127 b9 ligne 12*.

Vois 92, pour : Je me trouve confus en un point seulement *.

La y ca1 cha, ma, p. 137, ligne antépénultième4.

Sa faveur f ai sentie, p. 199, ligne 19 B.

Oui% dissyllabe, p. 4f>> ligne 19; monosyllabe, p. 33*.

Médor dépeint, p. 248 a et b 7.

1. Noua ne savons pourquoi Malherbe a renvoyé ces notes à la fin du volume. Il y a assez de blanc à la marge des folios auxquels elle» se rapportent, pour qu'il eût pu les écrire auprès des passages mêmes qu'il critique. La plupart de ces passages ont été soulignés par lui dans le texte de des Portes et plusieurs marqués de l'observation note on nota.

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