‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 32 sur 298 · Cest-à-dire quand vous verrez mon fils · texte numérisé non relu

Cest-à-dire quand vous verrez mon fils

3. Jacques- Auguste de Thou, le célèbre historien. — « lie 6 d'avril 161 4, dit Richelieu, la Reine fit partir de Paris le duc de Ventsdour, les présidents Jeannin et de Thou , les sieurs de Boissise et de Bullion, pour se rendre à Soissons auprès de Monsieur le Prince. ■ — Mais avant cette date on voit que de Thou avait été chargé déjà d'une négociation.

Adieu, Monsieur mon cousin : je vous baise bien humblement les mains, et vous supplie de m'aimer toujours comme votre plus humble et plus affectionné serviteur.

A Paris, ce i3e mars 1614.

l4' — A MONSIEUR DU BOUILLON MALHERBE1.

Monsieur mon cousin,

Il se faut laisser vaincre à vos courtoisies, à peine de recevoir un affront. Vous avez le premier intérêt en la gloire du nom de Malherbe : c'est à vous de faire le principal effort pour la relever. Il y faut de la fortune. Jusques ici elle nous a tellement abandonnés, qu'il y aura bien de la peine à nous la réconcilier. Je vous en laisse le travail, comme an plus capable de le faire. Mon âge me défend de rien entreprendre qui soit ni long ni difficile. C'est aux jeunes à planter des chênes ; les vieux comme moi ne doivent plus planter que du persil, des choux, des épinards, et autres telles denrées. Je voudrois bien vous écrire des nouvelles, mais cette semaine peneuse * les a étonnées. Je crois que et à Troie et au camp des Grecs * on ne fait que prier Dieu. C'est à lui qu'il faut recourir, et de lui qu'il faut attendre ce qui nous est propre. Hors de son aide tout est vain, tout est songe, ombre et fumée.

Lettre 14. — 1. Cette lettre a para pour la première fois dans l'édition de i63o, livre II, lettre ai, p. 6a3. Elle y est entièrement conforme À l'autographe, que M. le marquis de Bienconrt a en l'obligeance de nous communiquer.

a. La semaine sainte; en latin du moyen Age septimana ou htbdomada pctnosa, — Pâques, en 161 4 » tombait au 3o mars.

3. Allusion à la guerre des princes. Voyez tome III, p. 384 et suivantes.

Je le prie, Monsieur mon cousin, qu'il vous donne les prospérités que je vous désire, à la charge que vous continuerez- d'aimer, et de bon cœur, celui qui de tout le sien est votre très-humble et très-affectionné serviteur.

A Paris, ce '19e de mars 1614.

Suscription : A Monsieur, Monsieur du Bouillon, procureur du Roi au bailliage de Caen.

l5. A MONSIEUR DU BOUILLON MALHERBE W

Monsieur mon cousin,

Je ne vaux pas le soin que vous avez de moi ; mais je ne me plaindrai pas de vous pour cela. Je ne saurois trop souvent recevoir des témoignages d'une chose qui m'est si chère comme la continuation de votre amitié. Mon affection vous est plus assurée que je ne le vous saurois exprimer. Si je le pouvois faire, je m'y amuserois plus volontiers qu'à vous dire de nos nouvelles, les reconnoissant indignes d'être écrites, et sachant bien que celles, des états1, qui sont aujourd'hui les principales, vous sont mandées par des gens qui en sont mieux avertis que moi. Pour celles de la cour, je ne sais que vous dire, sinon que Mme de Longueville arriva hier. L'on attend Monsieur son fils au premier jour'. Je crois que nous

Lama i5. — x. Cette lettre a été imprimée pour la première foi» dans l'édition de i63o, lirre II, lettre ai, p. 624.

a. Les états généraux. Voyez tome III, p. 47a et suivantes.

3. Henri d'Orléans, II* du nom, duc de Longueville, né en i5q5, mort en i663. U était fils de Catherine de Gonzague, femme de Henri d'Orléans, !•' du nom, duc de Longueville.

l'aurons pour gouverneur *, quoi que l'on vous die. Il n'y a pas d'apparence qu'il ne quittât un œuf pour un chapon, et je crois qu'il ne viendrait point, s'il n'avoit envie de contenter le désir de Leurs Majestés. Si cela est, je m'en réjouirai pour notre province, qui aura un si grand prince; sinon, il faudra en cela, comme en toute autre chose, vouloir ce que Dieu veut. Je ne vous dis rien de la paulette*. Qui croit qu'elle ira par terre; qui ne le croit pas. Je ne sais qu'en dire. Pour le moins aurons-nous quelque nombre de gentilshommes pour conseillers aux cours souveraines. Il faut attendre l'horloge qui nous sonnera quelle heure il est. Adieu, Monsieur mon cousiqte je suis toujours votre très-humble et très-obéissant serviteur.

A Paris, ce ier de décembre 1614.

l6. a monsieur du bouillon malherbe1.

Monsieur mon cousin,

Je m'étonnois certainement d'être si longtemps sans avoir de vos nouvelles ; mais je ne pensois pas que la cause en fût si triste comme elle est. Il faut louer Dieu, de quelque façon et en quelque temps qu'il dispose de nous ou des nôtres. Bien est-il malaisé de recevoir de si pe-

4. De Normandie. On voulait lui faire céder au maréchal d* Ancre le gouvernement de Picardie. Voyez tome III, p. 481.

5. Droit annuel établi en 1604 sur les offices de judicature et de finance. Son nom venait du financier Paulet , qui en avait été l'inventeur et le premier fermier.

Lettre 16. — x. Cette lettre a été publiée pour la première fois dans l'édition de i63o, livre II, lettre a3, p. 6a5. Nous en avons revu le texte sur l'original autographe, qui nous a été communiqué par M. Gilbert.

sants coups1, sans donner quelque signe de ressentiment; mais il en faut toujours revenir là, que c'est un passage nécessaire à tout ce qui vit au monde, et que si aujourd'hui nous perdons et pleurons, demain nous serons perdus et pleures à notre tour. Je vous en dirois davantage ; mais en semblables occasions les paroles ont plus d'ostentation que d'effet. Nous attendons ici les remontrances du parlement*; on tient que c'est pour demain. Si ces gens eussent rejeté le rétablissement de la paulette, ils donneraient* meilleure opinion qu'ils ne font, et leur harangue seroit de meilleure odeur. Mais où sont ceux qui ne sont point sensibles à leur intérêt? Je ne sais si c'est au ciel ; mais je sais bien qu'il n'y en eut jamais en terre, et qu'il ne faut pas espérer qu'il y en ait jamais. Les préparatifs des mariages* se font avec hâte; l'on croit que l'on partira à la mi-juin. Je ne pense pas que ce soit précisément au quinzième, mais je tiens que ce ne sera pas bien longtemps après*. Adieu, Monsieur mon cousin : je suis votre très-humble et très-affectionné serviteur,

Malherbe.

A Paris, ce aoe de mai 161 5.

Suscription : A Monsieur, Monsieur du Bouillon, procureur du Roi au bailliage de Caen, à Caen.

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