‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 50 sur 298 · A MONSIEUR DU BOUILLON MALHERBE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DU BOUILLON MALHERBE

Monsieur mon cousin,

Je suis payé de la rescription * que vous avez pris la peine de m'envoyer. J'y avois hier envoyé mon valet ; il s'en étoit revenu avec un refus. J'y suis allé ce matin ; j'en ai rapporté ce que je demandois, et l'ai rapporté avec des courtoisies que j'estime avoir beaucoup ajouté à l'obligation. Il m'est alors souvenu d'un mot, que je pense être de Normandie : Visage cT homme fait vertu; et encore d'un d'Italie, qui est meilleur : Chi vuol, vadi ; chi non vuol, mandi1. Gardez- vous bien, mais je vous en supplie à mains jointes, mon cher cousin, de penser que je doute en façon quelconque de votre amitié. J'en ai trop de preuves, et suis trop éloigné du vice d'ingratitude, pour reconnoître si mal ce que je vous dois. Je ne vous puis rien dire de l'affaire bénéficiale que Monsieur le garde des sceaux ne soit ici. Ce sera, Dieu aidant, pour la fin de cette semaine. Je vous avoue qu'en ces matières-là, comme en toutes, je suis parfaitement ignorant. Mais je pense n'avoir pu mieux faire que d'envoyer mot à mot l'extrait de votre lettre. Je suis toujours défiant aux choses que je n'entends point. Si vous vous êtes mal expliqué, ce sera à votre dam. Pour moi, je suis bien assez présomptueux pour en espérer du bien, si l'avis a été baillé comme il faut. Nous ne serons pas longtemps sans en savoir des nouvelles. Pour celles du monde, le Roi arriva samedi à onze heures du matin, après avoir mandé à la Reine qu'elle lui en-

Lettbk *5. — i. Cette lettre a paru pour la première fois dans l'édition de i63o, livre II, lettre 3o, p. 64 1.

a. c Rescription, mandement que Ton donne à un fermier, à un débiteur, à un correspondant, pour payer une certaine somme au porteur du billet, s [Dictionnaire de Trévoux.)

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