Henri d'Orléans, marquis de Rothelîn, mort en i65i
1 1 . Leclerc du Tremblay, gouverneur de la Bastille.
12. Claude de Bullion, surintendant des finances et ministre d'État sous Louis XIII, mort en 1640.
i3. Lors de leur défaite dans l'île de Ré.
14. Cnades, marquis de Saint-Simon, frère aîné de Claude, premier duc • Saint-Simon.
trois pieds en carré. En ce taffetas blanc il y a une croix rouge, qui touche à toutes les quatre faces de ce carré. Monsieur le Prince est devant Soyon" sur le Rhône, où il assiège Brison19 . Les assiégés ont fait une sortie sur nous, où il est demeuré deux des leurs prisonniers, qui ont été pendus à l'heure même. Il étoit venu vers Monsieur le Prince deux députés de Privas, pour le prier de leur donner quelque temps pour disposer les choses à l'obéissance. U leur en donna autant qu'il falloit pour aller et pour revenir, c'est-à-dire pour envoyer à Privas. La chose ne s'étant point faite , il fit aussitôt pendre les deux députés, qu'il avoit retenus pour cet effet. J'ai grande opinion du service que rendra ce prince au Roi en cette occasion. Dieu lui en fasse la grâce, et là et partout donne à Sa Majesté les prospérités que les gens de bien lui désirent! Adieu, Monsieur mon cousin. Excusez la hâte dont je vous écris. J'use avec vous librement et comme votre serviteur très- humble et très-affectionné.
A Paris, ce aa* décembre 1627.
3l. — - a monsieur du bouillon malherbe1.
Monsieur mon cousin,
Je ne sais pas si je mentirai en mes prophéties , mais je sais bien que je ne mentirai pas au terme que je vous demande pour le pourtrait. Je suis bien près de la mort, mais je pense que trois ou quatre mois m'en feront la
i5. Soyons, dans l'Ardèche, arrondissement de Tonrnon.
16. Brison, gentilhomme réformé, commandant dans le Vivarais, mort en 1618.
Liras 3i. — x. Cette lettre a été imprimée pour la première fois dans l'édition de i63o, lWre II, lettre 36, p. 658. M. Boutron- Charlard en possède l'original , qu'il nous a permis de collationner.
7o LETTRES A DIVERS.
raison. Pour les choses du monde, j'ai l'honneur d'être tous les jours au cabinet; et à cette heure même je n'en fais que de venir, y ayant demeuré trois heures exprès pour apprendre quelque chose digne de vous être écrite1. Mais f vous savez plus de nouvelles que moi. Le duc de Lor-
raine1, qui a désarmé il y a trois semaines et plus, vous fait peur. Il en est de même de Monsieur de Savoie, qui a fait chanter le Te Deum, et fait faire des feux de joie à Turin pour la défaite des Ânglois, et a envoyé ici vers Leurs Majestés un ambassadeur extraordinaire, pour s'en réjouir avec elles. Avec tout cela, je vois bien qu'on ne laisse pas de vous en faire de mauvais contes. Ne croyez point de léger4 , mon cousin ; et quand on vous dira quelque chose, considérez l'intérêt de celui qui la vous dit', et là-dessus raisonnez selon le sens commun. Vous trouverez qu'au lieu de corps, on ne vous présente que des fantômes. Je ne sais pas certes d'où vous avez appris cette prétendue intelligence sur la Fère ; mais je sais bien que c'est une chose si absurde , que quand je m'en suis voulu enquérir, si on ne m'eût connu on m'eût fait passer pour dupe. Le marquis d|| Nesle*, qui en est gouverneur, étoit ce soir chez la Reine7. Je lui ai donné de quoi rire quand je lui ai demandé ce qui en étoit. On ne vous a pas mieux averti de ces douze vaisseaux, que nous avons eu bien de la peine à mettre ensemble depuis dix-huit mois. M. de Guise en a vingt-cinq ou vingt-six françois, et quelque trentaine d'Espagne. Je crois que puisque l'on n'en assemble point davantage , on ne juge
a. Dans l'édition de i63o : c digne de tous écrire. » 3. Charles IV. — 4. De léger, légèrement.