Vab. (recueil de Faret, 1617) : dèsPautre monde
9. Le mot est écrit chahuans dans l'édition de Faret et dans celle de i63o. A la ligne suivante, ces deux éditions donnent se trouvons, avec accord.
10. Le mot est écrit équierre dans le recueil de Faret et dans l'édition de i63o.
ralité de» voix est pour nous. S'il y a quelques extravagants qui veuillent faire bande à part, à la bonne heure. De toutes les dettes, la plus aisée à payer c'est le mépris. Nous ne ferons pour cela ni cession11 ni banqueroute. Aimons ceux qui nous aiment ; pour les autres , si nous ne sommes à leur goût, il n'est pas raisonnable qu'ils soient au nôtre. Mais aussi en faut-il demeurer là. Il ne se trouvera que trop de gens qui n'ayant point de marque pour se faire connoître, voudraient avoir celle d'être nos ennemis. Gardons-nous bien de leur donner ce contentement. Ecrive contre moi qui voudra; si les colporteurs " du pont Neuf n'ont rien à vendre que les réponses que je ferai, ils peuvent bien prendre des crochets u, ou se résoudre à mourir de faim. On pensera peut-être que je craigne les antagonistes. Non fais. Je me moque d'eux, et n'en excepte pas un, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope ; mais je sais que juger est un métier que tout le monde ne sait pas faire : il y faut de la science et de la conscience , qui sont choses qui ne se rencontrent pas souvent en une même personne. La cause d'un ami est presque toujours bonne ; celle d'un ennemi presque toujours mauvaise. Il n'en fut jamais une si juste que celle de Ménélas contre le traître qui lui vola sa femme ; et cependant en l'entreprise que fit la Grèce pour avoir la réparation de cette injure, les affections des Dieux furent tellement partagées , que parmi eux le ravisseur ne trouva pas mojns de protection que le mari. Qui plus est, quand il fut question du combat d'Hector et d'Achille, qui devoit décider l'affaire, Jupiter lui-même, tout père des Dieux qu'il est , fut si peu résolu du parti
1 1 . C'est-à-dire cession de nos biens.
12. Dans l'édition de i63o : f coUeporteurs ; 1 dans le recueil de Ftret (1617) : c contreporteurs. »
i3. Vab. (recueil de Faret) : les crochets.
qu'il devoit prendre, que sans vouloir rien prononcer de lui-même, il se fit apporter des balances, pesa les vies de l'un et de l'autre , et en remit l'issue à ce qu'il plairoit à la destinée en ordonner14. Après un exemple où nous voyons ceux qui doivent tonner sur les injustices en faire eux-mêmes de si remarquables , pensez , je vous prie , ce que doit espérer celui qui est exposé au jugement des ignorants , dont , grâces à Dieu , nous avons ici un nombre *' .
Je suis marri que je n'en puis avoir meilleure opinion ; mais leur voyant tous les jours faire cas de je ne sais quels écrits qui devant les jurés du métier ne passent que pour des pois piles de l'hôtel de Bourgogne, je ne crois pas qu'il y ait chose ni si mauvaise qui ne leur puisse plaire, ni si bonne dont ils n'osent faire les dégoûtés. C'est trop demeuré11 sur un si maigre sujet. Il en faut sortir, et répondre à ce que vous me dites de notre ami ". Vous l'obligez de le défendre; il en a bon besoin. Du côté des Bergeries, son cas va le mieux du monde ; mais certes, pour ce qui est des bergères, il ne sauroit aller pis. Cette affaire veut une sorte de soins dont sa nonchalance n'est pas capable. S'il attaque une place, il y va d'une façon qui fait croire que s'il l'avoit prise, il en seroit bien empêché; et s'il la prend, il la garde si peu, qu'il faut croire qu'une femme a été bien surprise quand
i4* Voyez Y Iliade y livre XXII, yen 109 et suivants.
i5. La phrase n'est pas achevée dans l'édition de i63o, où on a laissé du blanc après le mot nombre. Dans le recueil de Faret, nombre est suivi des mots grecs oùx <|trf(j&66{ te x6vtç te, qui n'offrant pas ici de sens, ont été omis par les éditeurs qui sont venus après. C'est la fin d'un vers de Y Iliade (livre IX, vers 385) , qu'on doit rétablir ainsi : Saot <|tdc(xa66ç te x£viç te, c'est-à-dire c un nombre aussi considérable que celui des grains de sable et de poussière. »