‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 108 sur 259 · Comparez cette strophe avec le fragment cxxi · texte numérisé non relu

Comparez cette strophe avec le fragment cxxi

POÉSIES, XXL 9&

Demeure éternellement.

Par eUes traçant Thistoire

De tes faits laborieux,

Je défendrai ta mémoire

Du trépas injurieux;

Et quelque assaut que te fasse a i &

L'oubli par qui tout s*effiice.

Ta louange dans mes vers,

D*amarante couronnée,

N*aura sa fin terminée

Qu*en celle de Tunivers.

ano

9l8. c Courommer fuelqu*wi d'amaratUt^ eit, dit Ménage, mie fiiçon de parler trèi-beUe et trèf-poédqne, pour dire lui donmêr l'imtmorta" iitég l'amarante étant nne flenr qui ne se flétrit point, comme le marque •on nom, et qui pour oela est appelée VlmmoruUe* »

CHAVfOV.

Composée MYUit le mois d'octobre x6o6 et imprimée en 1607 dans le Parnasse des plus exeeUents poètes de ce temps,

« Pai ouï diîe à M. de Racao, dit Ménage, que cette chanson fut faite dans la chambre de Mme de Bellegarde, par elle, par loi et par Malherbe, à l'imitation d'une chanson espagnole, dont le refrain étoit : Bienpuedeser, Nopuede ser; et que Mme de Bellegarde y aroit beaucoup plus de part, ni que lui, ni que Malherbe. Ainsi cette pièce n'a point dû être mise parmi celles de Malherbe. Cependant, de son temps méfne, elle passoit pour être de Malherbe, comme il paroit par cet Ters que Berthelot fit contre lui , au sujet de cette chanson. »

La pièce de Beithelot, composée de sept couplets très-mordants, se termine ainsi :

Être six ans à iaire une ode.

Et faire des lois à sa mode,

Cela se peut facilement ; Mais de nous charmer les oreilles Par sa merveiUe des merveUies,

Cela ne se peut nullement.

Pour se venger, Malherbe, à ce que raconte encore Ménage, fit donner des coups de bftton à Berthelot par un gentilhomme de Caen nommé la Boulardière.

On lit dans le Journal de VEstoile, à la date du x4 décembre 1606 : c Ce jour, M. Despinelle m'a donné le Combat de V Amour et du Repos f vers de Malherbe, avec la réponse de Berthelot. s II y a ici évidemment une erreur de l'Estoile ou de son éditeur. Le Combat de l'Amour et du Repos est une pièce de cent cinquante vers qui commence ainsi :

Cet enfant de qui les flammes Brûlent les plus belles Ames Et les courages les plus bas, Un jour pensant voir sa mère,

Se Tint rendre à ma commère.

Pour dormir entre ses bras.

Elle a été imprimée, sans nom d'auteur, dans le second volume du Pmtmnste des plus exceUenis poètes. Rien ne permet de supposer qu'elle puisse être de Bfalherbe : le style appartient à un mauvais poète de l'école de Ronsard, et de plus ce n'est nullement à ces vers que répondent les vers de Berthelot cités plus haut.

Qu^autres que vous soient désirées, Qu'autres que vous soient adorées,

Gela se peut facilement ; Mais qu'il soit des beautés pareilles A vous , merveille des merveilles, 5

Gela ne se peut nullement.

Que chacun sous telle puissance Gaptive son obéissance,

Gela se peut facilement; Mais qu'il soit une amour si forte i o

Que celle-là que je vous porte ,

Gela ne se peut nullement.

Que le fftcheux nom de cruelles Semble doux à beaucoup de belles ,

Gela se peut facilement ; 1 5

Mais qu'en leur ftme trouve place Rien de si froid que votre glace,

Gela ne se peut nullement.

Qu'autres que moi soient misérables

Par vos rigueurs inexorables , a o

Gela se peut facilement; Mais que la cause de leurs plaintes

7* Vab. (G, M, O) : Que chacun sous votre puissance. Malbkhbb. I 7

Porte de si vives atteintes »

Cela ne se peut nullement.

Qu'on serve bien , lorsque Ton pense » 5

En recevoir la récompense ,

Cela se peut facilement ; Mais qu'une autre foi que la mienne N*espère rien et se maintienne ,

Cela ne se peut nullement. 3o

Qu'à la fin la raison essaie Quelque guérison à ma plaie ,

Cela se peut facilement ; Mais que d un si digne servage La remontrance me dégage , 3 s

Cela ne se peut nullement.

Qu'en ma seule mort soient finies Mes peines et vos tyrannies ,

Cela se peut facilement ; Mais que jamais par le martyre 40

De vous servir je me retire ,

Cela ne se peut nullement.

aa, a3. Vah. (G, M, O) :

Mais que de si rives atteintes Parte la cause de leurs plaintes.

Porte, suKstitué à parte dans l'édition de i63o et dans les snirantes, pourrait bien être une foute d'impression.

a5, afi. Vab. (ihui.) :

Qu'un amant flatté d'espérance Obstine sa persérérance.

3î, 35. Vah. (G, M, O) :

Mais que de si digne serrage, I Pour une autre je me dégage.

•TAirCM.

Cette pièce parut en 1^)07, dans le m^me recneil que la précédente. Suivant Ménage, elle fut £ûte pour M. de Bellegarde, « au sujet d*nne fille qui s*étoit imaginé que M. de Bellegarde Taimoit. a

Philis qui me voit le teint blême,

Les sens ravis hors de moi-même,

Et les yeux trempés tout le jour,

Cherchant la cause de ma peine,

Se figure, tant elle est vaine, 5

Qu'elle m'a donné de Tamour.

Je suis marri que la colère

Me porte jusqu'à lui déplaire;

Mais pourquoi ne m'est-il permis

De lui dire qu'elle s'abuse , i o

Puisqu'à ma honte elle s'accuse

De ce qu'elle n'a point commis?

En quelle école nonpareille

Auroit-elle appris la merveille

De si bien charmer ses appas, x 5

6. Vab. (G, I, Ky M, etc.) : Qu^elle me donne.... 8. Vab. (ihid,) : M*emporte....

II, 13. Vab. {ihid,) :

Puisqu'à sa honte elle m*aceuse De ce que je n'ai point commis.

loo POÉSIES, XXIII.

Que je pusse la trouver belle , Pâlir, transir, languir pour elle , Et ne m'en apercevoir pas?

Oh ! qu'il me seroit désirable

Que je ne fusse misérable a o

Que pour être dans sa prison !

Mon mal ne m*étonneroit guères ,

Et les herbes le plus vulgaires

M*en donneroient la guérison.

Mais , ô rigoureuse aventure ! a 5

Un chef-d'œuvre de la nature ,

Au lieu du monde le plus beau ,

Tient ma liberté si bien close ,

Que le mieux que je m'en propose

C'est d'en sortir par le tombeau. 3o

Pauvre Philis malavisée.

Cessez de servir de risée,

Et souffrez que la vérité

Vous témoigne votre ignorance ,

Afin que perdant l'espérance, 3 5

Vous perdiez la témérité.

C'est de Glycère que procèdent Tous les ennuis qui me possèdent,

ai . Dans Tédition de i63i et dans certains exemplaires de l'édition de i63o, ce vers a une syllabe de moins par suite de Télision :

Que pour être en sa prison.

as. V4R. (G, I, K, M, etc.) : Mes douleurs ne dureroient guères. a3. Vah. (i63i, etc.) : Et les herbes les plus Yulgaires. 37. Vab. (G, I, K, M, etc.) : En un lieu si fort et si beau.

POÉSIES, XXIII. loi

Sans remède, et sans réconfort;

Glycère fait mes destinées , 40

Et comme il lui plaît mes années

Sont ou près ou loin de la mort.

G^est bien un courage de glace ,

Où la pitié n*a point de place,

Et que rien ne peut émouvoir ; 4 5

Mais quelque défaut que j'y blâme ,

Je ne puis Tôter de mon âme ,

Non plus que vous y recevoir.

loa POÉSIES, XXIV.

AU ROI HEITRI LE GRAKD.

lOKBKT.

Une copie autographe de ce sonnet et du tuirant existe i la Bibliothèque impériale, dans le tome I de la Correspondance de Peiresc {typpi. fr. nP 99B). Le premier y est intitulé : Stmntt pour Mes^ le Dauphin et d'Orléans, et le seccmd : Sonnet au Moi sur la naissance de Monsieur d'Anjou, Ils ont été imprimés pour la première fois, Tun en 16 II dans le Temple d* Apollon^ Tantre en 1609 dans le Nouveau Recueil des plus beaux pers de ce temps. Comme il 7 est question du second fils du Roi, né le 16 avril 1607, et que Malherbe, dans une lettre adressée i Peiresc le 18 juillet de la même année, mentionne ces deux pièces , il en résulte qu'elles ont été composées entre les mois d'avril et de jniUet. — L'Estoile, à la date du 17 août 1607, écrit dans son Journal: « M. du Pni m*a donné quatre sonnets nonveaux de Malherbe, qu'on trouve assez bien faits. » Les deux sonnets dont nous parlons étaient évidemment du nombre.

Je le connois, Destins, vous avez arrêté Qu'aux deux fik de mon roi se partage la terre , Et qu'après le trépas ce miracle de guerre Soit encore effroyable en sa postérité.

Leur courage aussi grand que leur prospérité Tous les forts orgueilleux brisera comme verre; Et qui de leurs combats attendra le tonnerre, Aura le châtiment de sa témérité.

I. Vab. (manuscrit de Malherbe et L) : Destins, je le connob.... 4. Var. [ihid,) : Soit encore adorable....

POÉSIES, XXIV. io3

Le cercle imaginé, qui de même intervalle

Du nord et du midi les distances égale , i o

De pareille grandeur bornera leur pouvoir.

Mais étant fils d*un père où tant de gloire abonde , Pardonnez-moi, Destins, quoi qu'ils puissent avoir. Vous ne leur donnez rien s'ils n'ont chacun un monde.

io4 POÉSIES, XXV.

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