‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 128 sur 259 · SUR LK MÊME SUJET · texte numérisé non relu

SUR LK MÊME SUJET

•VAVdt.

Cet ttanoety acheréet en fémer 1610, forent imprima en 161 5, dans les Déùees de la poésie franço'ue et dans les Airt de cour (publiés par P. BÉllard, IW. I, p. 55), avec un air de Guesdron. Voici ce qu'on trouve à ce sujet dans la correspondance de Malherbe. Le 1 3 fifvrier 1610, il écrit à Peiresc : c Vous m'avez vu, ce me semble, quelques couplets d'une méchante chanson que j'avois commencé à faire sur un air que m'avoit baillé le marquis d'Oraison. A cettr heure que je l'ai achevée, je vous prie, Monsieur, de me faire ce bien, de prier M. le marqub, de votre part et de la mienne, de vous en donner l'air et de me l'envoyer par le premier, et tout aussitôt je vous enverrai les paroles; j'y ferai mettre ici un autre air, et nous retiendrons le meilleur. I^ chanson se commencoit :

Infidèle mémoire.

Pourquoi fais-tu gloirp De me ramentevoir Une saison prospère

Que je désespère De jamais plus revoir?... s

Six jours après Malherbe écrit encore : c Pai baillé ce soir au Roi la chanson pour laquelle je vous avois prié de m'envoyer un certain air sur lequel j'ai pris ma mesure. Je vous fiiis encore la même prière : ce sera pour le comparer avec celui que Guesdron y fera ; car le Roi l'a envoyé quérir à l'heure même qu'il eut lu mes vers, et lui a dit qu'il vouloit qu'il y travaillât dès ce soir. 9 Enfin, lé 34 mars, il annonce qu'il a recouvré l'air c qu'a fait M. Guesdron sur la chanson dont il est question. Je ne m'y connois pas; mais tout le monde le trouve fort* beau, et surtout le Roi. » — Quant à la pièce infidèle mémoire , il n'en reste que le couplet cité plus haut et jusqu'ici non réuni aux œuvres de Malherbe. Il serait toutefois possible que, le rhythme étant le même, Malherbe en eût utilisé un certain nombre de vers pour sa seconde chanson.

POÉSIES, XLVI. î6!»

Que n'étes-YûQS lassées ,

Mes tristes pensées , De troubler ma raison?

Et faire avecque blâme

Rebeller mon ftme 5

Contre ma gaérison?

Que ne cessent mes larmes ,

Inutiles armes?

Et que n'ôte des cieux La &tale ordonnance i «

A ma souvenance Ce qu'elle 6te à mes yeux?

O beauté nonpareille,

Ma chère merveille,

Que le rigoureux sort 1 5

Dont vous m'êtes ravie

Aimeroit ma vie S'il m'envoyoit la mort !

Quelles pointes de rage

Ne sent mon courage, a o

De voir que le danger En vos ans les plus tendres

Menace vos cendres D un cercueil étranger?

Je m'impose silence a 5

En la violence

6. Yam. (N, R et jéirs Je cour) : Contre ta goéruon. a4. Var. (j4irs Je eour) : D'un sépolere étranger. Ce ren confirme oe que j*ai dit pins haut tur la date de la pièce, car il t'applique au séjour de la prînceMe de Coudé en Flandre.

i64 POÉSIES, XLVI.

Que me fait le malheur ; Mais j'accrois mon martyre;

Et n'oser rien dire M'est douleur sur douleur. 3 o

Aussi suis-je un squelette;

Et la violette, Qu'un froid hors de saison , Ou le soc a touchée,

De ma peau séchée S5

Est la comparaison.

Dieux, qui les destinées

Les plus obstinées Tournez de mal en bien , Après tant de tempêtes 4 o

Mes justes requêtes N'obtiendront-elles rien?

AvezrYous eu les titres

D'absolus arbitres De l'état des mortels , 4 s

Pour être inexorables

Quand les misérables Implorent vos autels?

17. Var. (jiirt de cour) : Que me fait ce malheur. 34-36. Vab. (iiû/.) :

Et le lec a flétrie , A ma peau meuitne Est la comparaiton.

Page 1