‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 127 sur 259 · Cest le mot d*Énée dans Virgile {Enéide, n · texte numérisé non relu

Cest le mot d*Énée dans Virgile {Enéide, n

Quis talia fiuido Myrmidonum Dolopnmye aut duri miles Ulyssei Temperet a lacrymit?

19, 10. Vam. (nu. et jéirs de cour) :

Les Tents en TOcéan tant de vagues n*irritent, Comme j*ai de pensers....

a6. Vab. {jiirs de différents auteurs ) : Qu'il monte, et <{n*il descend....

i6o POESIES, XLV.

Comme la nuit arrive , et que par le silence , Qui fait des bruits du jour cesser la violence ,

L'esprit est relâché , Je vois de tous côtés sur la terre et sur Tonde, Les pavots qu'elle sème assoupir tout le monde , 3 5

Et n'en suis point touché.

S'il m'advient quelquefois de clore les paupières, Aussitôt ma douleur eu nouvelles matières

Fait de nouveaux efforts ; Et de quelque souci qu'en veillant je me ronge , 40

Il ne me trouble point conune le meilleur songe

Que je fais quand je dors.

Tantôt cette beauté, dont ma flamme est le crime, M'apparoît à l'autel , où comme une victime

On la veut égorger ; 4 5

Tantôt je me la vois d'un pirate ravie; Et tantôt la fortune abandonne sa vie

A quelque autre danger.

En ces extrémités la pauvrette s'écrie :

« Alcandre, mon Alcandre, ôte-moi, je te prie, 5o

Du malheur où je suis. »

La fureur me saisit, je mets la main aux armes; Mais son destin m'aiTéte, et lui donner des larmes,

C'est tout ce que je puis.

Voilà comme je vis, voilà ce que j'endure, 5 5

3a. Vak. (jiirs de eour) : Les tempêtes du jour cessant leur violence. 34. Vab. (uu.) : En la terre et dans Tonde.

38. Vab. (nu. eijéirs de différents auteurs) : En nouvelles manières. 55. Vab. (^jéirs de cour et Airs de différents autetirs) :

Voilà comme je vis, voilà comme j'endure.

POÉSIES, XLV. i6i

Pour une affection que je veux qui me dure

Au delà du trépas ; Tout ce qui me la blâme offense mon oreille, Et qui veut m'affliger , il faut qu'il me conseille

De ne m'affliger pas. 60

On me dit qu'à la fin toute chose se change,

Et qu'avecque le temps les beaux yeux de mon Ange

Reviendront m'éclairer; Mais voyant tous les jours ses chaînes se rétraindre. Désolé que je suis! que ne dois-je point craindre ^ 65

Ou que puis-je espérer?

Non, non, je veux mourir; la raison m'y convie; Aussi bien le sujet qui m'en donne l'envie

Ne peut être plue beau; Et le sort qui détruit tout ce que je consulte , 7 o

Me fait voir assez clair que jamais ce tumulte

N'aura paix qu'au tombeau.

Ainsi le grand Alcandre aux campagnes de Seine Faisoit , loin de témoins , le récit de sa peihe,

Et se fondoit en pleurs ; 7 5

IjC fleuve en fut ému; ses Nymphes se cachèrent; Et l'herbe du rivage , où ses larmes touchèrent ,

Perdit toutes ses fleurs.

58. Vab. : Tout oe qui m'en dit mal.... 76, 77. Vab. (mi. et j4irs de cour) :

. . . Tjcs astre* se caclièrent, Et la rWe du fleure où ses pieds la touchèrent.

Bfalherbe a bien fidt de changer ce dernier yers, qui aurait pu prêter à de roauTaises plaisanteries. Voyez-en la raison dans Tallemant {Hit^ torleîte de Henri IV ^ édit. Paulin P&ris, tome I, p. 9).

Malhkhbb. I II

i6ft POÉSIES, XLYI.

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