Var. (P et édit. de i63i) : D'où n*écluippa jamais
Mon roi par son rare mérite
A fait que la terre est petite ^
Pour un nom si grand que le sien ; 4 5
Mais si mes longs travaux faisoient cette oonquéte.
Quelques fameux lauriers qui lui couvrent la tête,
Il n'en auroit pas un qui fût égal au mien.
Aussi quoique r<Hi me propose
Que Tespérance m'en est close , 5 o
Et qu'on n'en peut rien obtenir, Puisqu'à si beau dessein mon désir me convie, Son extrême rigueur me coûtera la vie , Ou mon extrême foi m'y fera parvenir.
Si les tigres les plus sauvages 55
Enfin apprivoisent leurs rages ,
Flattés par un doux traitement.
Par la même raison pourquoi n'est-il croyable Qu'à la fin mes ennuis la rendront pitoyable, Pourvu que je la serve à son contentement? 6 ci
Toute ma peur est que l'absence
Ne lui donne quelque licence
De tourner ailleurs ses appas ; Et qu'étant, conmie elle est, d'un sexe variable. Ma foi, qu'en me voyant elle avoit agréable , 6 5
Ne lui soit contemptible en ne me voyant pas.
Amour a cela de Neptune,
Que toujours à quelque infortune
Il se faut tenir préparé; Ses infidèles flots ne sont point sans orages; 7 o
Aux jours les plus sereins on y fait des naufrages; Et même dans le port on est mal assuré.
Peut-être qu'à cette même heure
Que je languis, aoupire , et pleure ,
De tristesse me consumant, 7 5
Elle qui n'a souci de moi, ni de mes larmes , Etale ses beautés , fait montre de ses charmes , Et met en ses filets quelque nouvel amant.
Tout beau, pensers mélancoliques,
Auteurs d aventures tragiques , 8 o
De quoi m'osez- vous discourir?
Impudents boute-feux de noise et de querelle. Ne savez-vous pas bien que je brûle pour elle , Et que me la blâmer c'est me faire mourir?
Dites-moi qu'elle est sans reproche , s 5
Que sa constance est une roche ,
Que rien n'est égal à sa foi ; Préchez-moi ses vertus , contez-m'en des merveilles ; C'est le seul entretien qui plaît à mes oreilles ; Mais pour en dire mal n'approchez point de moi. 90
MaI^USKHS. I l'i
LU