‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 133 sur 259 · A VOUS, avec tous · texte numérisé non relu

A VOUS, avec tous

Étant loin de ma dame, une grâce plus grande Que d'aimer sa mémoire, et m'en entretenir.

Dites-moi donc sans artifice ,

Quand je lui vouai mon service , 9 o

Faillis-je en mon élection?

N'est-ce pas un objet digne d'avoir un temple? Et dont les qualités n'ont jamais eu d'exemple, Comme il n'en fut jamais de mon affection ?

Au retour des saisons nouvelles a 5

Choisissez les fleurs les plus belles.

De cpii la campagne se peint; En trouverez- vous une , où le soin de nature Ait avecque tant d'art employé sa peinture, Qu'elle soit comparable aux roses de son teint? 3o

Peut-on assez vanter l'ivoire De son front , où sont en leur gloire La douceur et la majesté?

Ses yeux, moins à des yeux qu'à des soleils semblables. Et de ses beaux cheveux les nœuds inviolables , 3 5

D'où n'échappe jamais rien qu'elle ait arrêté?

Ajoutez à tous ces miracles

Sa bouche, de qui Jes oracles

Ont toujours de nouveaux trésors; Prenez garde à ses mœurs , considérez-la toute ; 4 o

Ne m'avoûrez-vous pas que vous êtes en doute Ce qu'elle a plus par&it, ou l'esprit, ou le corps?

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