‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 141 sur 259 · Vab. :Charicle se plaindra · texte numérisé non relu

Vab. :Charicle se plaindra

Nous avons vu plus haut (xxvm et sniv.) que le nom de Caliste désignait la vicothtesse d'Aucfay.

La forte passion qui me iaisoit jurer i o

Qu'elle anroit en mes vers une gloire étemelle ;

Mais si mon jugement n'est point hors de son lieu , Dois-je estimer Tennui de me séparer d'elle , Autant que le plaisir de me donner à Dieu?

If Ai.iim«n. I i3

A LA REIIfEy iràRE DU ROI, PENDAIfT SA Rl^GElTCE.

STASGBS.

Imprimées en if>ao dans le tome I des Délices de la poésie fram-' foise, et composées probablement en 1611, an moment où Ton commençait à parler du double mariage d'Espagne.

c n est à remai'quer, dit Ménage, que tous les vers de ces stances sont masculins. Malherbe . les fit sur Tair de cette chanson qui couroit de son temps :

Belle qui m'avez blessé d'un trait si doux , Hélas! pourquoi me laissez-yons?

Moi qui languis d'un cruel désespoir.

Quand je suis sans tous Toir.

Mais elles ne purent être chantées , le premier tcts étant trop court d'une syllabe. J'ai appris cette particularité de M. de Racan, de qui j'ai appris aussi que Malherbe n'aroit point d'oreille pour la musique , et qu'il n'a jamais pu faire de vers sur les airs que les musiciens lui donnoient. > Jamais, est trop dire, car Malheriie y réussit au moins une fois en sa vie. Il nous l'apprend lui-même, dans une lettre écrite à Peiresc le 11 février i6i3:cllya quelques jours que la Reine m'avoit commandé des vers sur l'air d'une chanson italienne; ce n'a pas été sans peine ; tant y a que je les ai achevés à son contentement, et que la Bailli, qui les a chantés devant elle, a dit qu'ils étoient entièrement semblables aux italiens; aussi la Reine l'avoit envoyée les concerter avec moi. »

Objet divin des âmes et des yeux ,

Reine le chef-d'œuvre des cieux , Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer?

I. Var. (P) : Objet divers.... (ce qui est évidemment une faute d'impression).

Les monts fameux des vierges que je sers 5

Ont-ils des fleurs en leurs déserts Qui s'efforçant d'embellir ta couleur, Ne ternissent la leur?

Le Thermodon a vu seoir autrefois

Des reines au trône des rois ; ^ m

Mais que vit-il par qui soit débattu Le prix à ta vertu ?

Certes nos lis , quoicpe bien cultivés,

Ne s'étoîent jamais élevés Au point heureux où les destins amis 1 5

Sous ta main les ont mis.

A leur odeur TAnglois se relâchant ,

Notre amitié va recherchant; Et l'Espagnol , prodige merveilleux !

Cesse d'être orgueilleux. «o

De tous côtés nous regorgeons de biens;

Et qui voit Taise où tu nous tiens , De ce vieux siècle aux fables récité Voit la félicité.

Quelque discord murmurant bassement, a 5

Nous fit peur au conunencement ; Mais sans effet presque il s'évanouit , Plus tôt qu'on ne l'ouït.

Yu menaças l'orage paroissant,

9. RÎTÎère du Pont, sur les bords de laquelle habitaient les Amazones. C'est aujourd'hui le Termeh.

16. L'édition de if>3o et celle de i63i portent par erreur : Us a mit.

Et tout soadain obéissant , 3 o

Il disparut comme flots courroucés Que Neptune a tancés.

Que puisses-tu , grand soleil de nos jours ,

Faire sans fin le même cours, Le soin du ciel te gardant aussi bien , 3 5

Que nous garde le tien !

Puisses-tu voir sous le bras de ton fils

Trébucher les murs de Memphis; Et de Marseille au rivage de Tyr

Son empire aboutir! 4 o

liCS vœux sont grands; mais avecque raison

Que ne peut lardente oraison ?

Et sans flatter ne sers-tu pas les Dieux Assez pour avoir jnieux?

3s. Voyez VÉndUU, Ut. I, t. i35 et saiTUitt.

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