Vab. :Charicle se plaindra
Nous avons vu plus haut (xxvm et sniv.) que le nom de Caliste désignait la vicothtesse d'Aucfay.
La forte passion qui me iaisoit jurer i o
Qu'elle anroit en mes vers une gloire étemelle ;
Mais si mon jugement n'est point hors de son lieu , Dois-je estimer Tennui de me séparer d'elle , Autant que le plaisir de me donner à Dieu?
If Ai.iim«n. I i3
A LA REIIfEy iràRE DU ROI, PENDAIfT SA Rl^GElTCE.
STASGBS.
Imprimées en if>ao dans le tome I des Délices de la poésie fram-' foise, et composées probablement en 1611, an moment où Ton commençait à parler du double mariage d'Espagne.
c n est à remai'quer, dit Ménage, que tous les vers de ces stances sont masculins. Malherbe . les fit sur Tair de cette chanson qui couroit de son temps :
Belle qui m'avez blessé d'un trait si doux , Hélas! pourquoi me laissez-yons?
Moi qui languis d'un cruel désespoir.
Quand je suis sans tous Toir.
Mais elles ne purent être chantées , le premier tcts étant trop court d'une syllabe. J'ai appris cette particularité de M. de Racan, de qui j'ai appris aussi que Malherbe n'aroit point d'oreille pour la musique , et qu'il n'a jamais pu faire de vers sur les airs que les musiciens lui donnoient. > Jamais, est trop dire, car Malheriie y réussit au moins une fois en sa vie. Il nous l'apprend lui-même, dans une lettre écrite à Peiresc le 11 février i6i3:cllya quelques jours que la Reine m'avoit commandé des vers sur l'air d'une chanson italienne; ce n'a pas été sans peine ; tant y a que je les ai achevés à son contentement, et que la Bailli, qui les a chantés devant elle, a dit qu'ils étoient entièrement semblables aux italiens; aussi la Reine l'avoit envoyée les concerter avec moi. »
Objet divin des âmes et des yeux ,
Reine le chef-d'œuvre des cieux , Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer?
I. Var. (P) : Objet divers.... (ce qui est évidemment une faute d'impression).
Les monts fameux des vierges que je sers 5
Ont-ils des fleurs en leurs déserts Qui s'efforçant d'embellir ta couleur, Ne ternissent la leur?
Le Thermodon a vu seoir autrefois
Des reines au trône des rois ; ^ m
Mais que vit-il par qui soit débattu Le prix à ta vertu ?
Certes nos lis , quoicpe bien cultivés,
Ne s'étoîent jamais élevés Au point heureux où les destins amis 1 5
Sous ta main les ont mis.
A leur odeur TAnglois se relâchant ,
Notre amitié va recherchant; Et l'Espagnol , prodige merveilleux !
Cesse d'être orgueilleux. «o
De tous côtés nous regorgeons de biens;
Et qui voit Taise où tu nous tiens , De ce vieux siècle aux fables récité Voit la félicité.
Quelque discord murmurant bassement, a 5
Nous fit peur au conunencement ; Mais sans effet presque il s'évanouit , Plus tôt qu'on ne l'ouït.
Yu menaças l'orage paroissant,
9. RÎTÎère du Pont, sur les bords de laquelle habitaient les Amazones. C'est aujourd'hui le Termeh.
16. L'édition de if>3o et celle de i63i portent par erreur : Us a mit.
Et tout soadain obéissant , 3 o
Il disparut comme flots courroucés Que Neptune a tancés.
Que puisses-tu , grand soleil de nos jours ,
Faire sans fin le même cours, Le soin du ciel te gardant aussi bien , 3 5
Que nous garde le tien !
Puisses-tu voir sous le bras de ton fils
Trébucher les murs de Memphis; Et de Marseille au rivage de Tyr
Son empire aboutir! 4 o
liCS vœux sont grands; mais avecque raison
Que ne peut lardente oraison ?
Et sans flatter ne sers-tu pas les Dieux Assez pour avoir jnieux?
3s. Voyez VÉndUU, Ut. I, t. i35 et saiTUitt.