‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 151 sur 259 · L'aisassioat de Henri IV · texte numérisé non relu

L'aisassioat de Henri IV

I xo. Les deux TÎctoires bien connues remportées sur les hngucnols par Henri HI, alors duc d*Anjon.

si4 POÉSIES, LXIV.

Dont la fortune est la meilleure.

Ne chercher que troubles nouveaux;

Et ressembler à ces fontaines 1 1 s

Dont les conduites souterraines

Passent par un plomb si gâté.

Que toujours ayant quelque tare,

Au même temps qu*on les répare

L*eau s*enfttit d un autre côté ? i s '»

La paix ne voit rien qui menace

De faire renaître nos pleurs;

Tout s accorde à notre bonace;

Les hivers nous donnent des fleurs;

Et si les pÂles Euménides , i a 5

Pour réveiller nos parricides.

Toutes trois ne sortent d'enfer,

Le repos du siècle où nous sommes

Va faire à la moitié des honmies

Ignorer que c*est que le fer. i 3o

Thémis, capitale ennemie

Des ennemis de leur devoir,

Gonmie un rocher est affermie

En son redoutable pouvoir;

Elle va d un pas et d un ordre i i :>

Où la censure n a que mordre;

Et les lois qui n'exceptent rien

De leur glaive et de leur balance ,

Font tout perdre à la violence

Qui veut avoir plus que le sien. 1 4 o

Nos champs même ont leur abondance , Hors de loutrage des voleurs; Les festins, les jeux, et la danse

POÉSIES, LXIV. ai5

En bannissent toutes douleurs.

Rien n'y gémit, rien n'y soupire; 145

Chaque Amarille a son Tityre,

Et sous l'épaisseur des rameaux ,

Il n'est place où l'ombre soit bonne ,

Qui soir et matin ne résonne

Ou de voix , ou de chalumeaux. 1 5 o

Puis quand ces deux grands hyménées,

Dont le fatal embrassement

Doit aplanir les Pyrénées ,

Auront leur accomplissement ,

Devons-nous douter qu'on ne voie , 1 5 5

Pour accompagner cette joie,

L'encens germer en nos buissons ,

La myrrhe couler en nos rues ,

Et sans l'usage des charrues,

Nos plaines jaunir de moissons ? 160

Quelle moins hautaine espérance

Pouvons-nous concevoir alors,

Que de conquéter à la France

La Propontide en ses deux bords?

Et vengeant de succès prospères 1 6 5

Les infortunes de nos pères.

1 46- La fiuk de cette strophe rappelle et développe oet vers si connus de la première Égiogue de Virgile :

.... Tu Tityre, lentns in nmbra , Formosam resonare doces Amaryllida sil^as.

i5i-i53. Voyez la notice de la pièce LTin.

i53. On voit que Malherbe a été le premier à dire le fameux mot : // n'jr a plus de Pyrénées ^ si gratuitement prêté i Louis XIV. (Voyez le Journal de Dangeau^ édit. Didot, tome Vil, p. 418, 4i9*)

i58. Les éditions de i63o et i63i ont la mjrihe pour la mjrrrhe.

ai6 POÉSIES, LXIV.

Que tient l*Égypte ensevelis.

Aller si près du bout du monde.

Que le soleil sorte de Tonde Sur la terre des fleurs de lis?

Certes ces miracles visibles

Excédant le penser humain ,

Ne sont point ouvrages possibles

A moins qu'une immortelle main.

Et la raison ne se peut dire, 175

De nous voir en notre navire

A si bon port acheminés,

Ou sans fard et sans flatterie,

C'est Pallas que cette Marie ,

Par qui nous sommes gouvernés. 1 80

Quoi qu'elle soit, Nymphe ou Déesse,

De sang immortel ou mortel ,

Il faut que le monde confesse

Qu'il ne vit jamais rien de tel;

Et quiconque fera l'histoire 1 8 5

De ce grand chef-d'œuvre de gloire,

L'incrédule postérité

Rejettera son témoignage,

S'il ne la dépeint belle, et sage

Au deçà de la vérité. 1 90

Grand Henri, grand foudre de guerre,

Que cependant que parmi nous

Ta valeur étonnoit la terre ,

Les Destins firent son époux ;

Roi dont la mémoire est sans blâme , 195

166, 167. Allufion à U première croinde de saint Louis.

POÉSIES, LXIV. ai7

Que dis-tu de cette belle ftme ,

Quand tu la vois si dignement

Adoucir toutes nos absinthes,

Et se tirer des labyrinthes

Où la met ton éloignement ? a o o

Que dis-tu lors que tu remarques

Après ses pas ton héritier ,

De la sagesse des monarques

Monter le pénible sentier?

Et pour étendre sa couronne , a o 5

Croître conmie un faon de lionne?

Que s'il peut un jour égaler

Sa force avecque sa furie ,

Les Nomades n'ont bergerie

Qu'il ne suffise à désoler. 2 1 o

Qui doute que si de ses armes

Dion avoit eu Tappui,

Le jeune Atride avecque larmes

Ne s'en fût retourné chez lui;

Et qu'aux beaux champs de la Phrygie , 2 1 5

De tant de batailles rougie.

Ne fussent encore honorés

Ces ouvrages des mains célestes ,

Que jusques à leurs derniers restes

La flamme grecque a dévorés? %%o

a 18. Les mon de Troie araient été bâds par Apollon et Neptune.

!ii8 POÉSIES, LXV.

FRAGMEirr SUR LE mImE SUJET.

Ce fragment et les deux ffuivants ont paru ponr la première fois dans rédition de i63o. Us ont été publiés d*après une copie qui se trouTe à la Bibliothècjae impériale (Papiers de fialuze, vfi i33).

O toi, qui d un clin d*œil sur la terre et sur Fonde

Fais trembler tout le monde.

Dieu, qui toujours es bon, et toujours Tas été, Verras-tu concerter à ces âmes tragiques

Leurs funestes pratiques^ 5

Et ne tonneras point sur leur impiété?

Voyez en quel état est aujourd'hui la France,

Hors d'humaine espérance.

Les peuples les plus fiers du couchant et du nord Ou sont alliés d elle , ou recherchent de Fétre ; i <»

Et ceux qu'elle a fait naître Tournent tout leur conseil pour lui donner la mort.

PRiDIGTIO» OE LA MEUSE AUX PBHtCES RÉVOLTÉS.

Le titre qae nous donnons à cette pièce est celai qu'elle porte dans le manusGrit que nous Tenons de citer. Les princes étâiient alors réunis à Mézières, qui, comme on sait, est située sur la Meuse.

Allez à la malheure , allez, âmes tragiques, Qui fondez votre gloire aux misères publiques ,

Et dont Torgueil ne connoît point de lois. Allez, fléaux de la France, et les pestes du monde; Jamais pas un de vous ne reverra mon onde ; 5

Regardez-la pour la dernière fois.

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