FUmu, pour/Etaifjr, en une seule syllabe
aao POÉSIES, LXYII.
AUTBB FBAGMBlfT.
Ames pleines de vent , que la rage a blessées , Gonnoissez votre faute, et bornez vos pensées
En un juste compas; Attacbez votre espoir à de moindres conquêtes; Briare avoit cent mains , Typhon avoit cent têtes , 5
Et oe que vous tentez leur coûta le trépas.
Soucis, retirezr-vous , faites place à la joie, Misérable douleur, dont nous sommes la proie;
Nos vœux sont exaucés; Les vertus de la Reine, et les bontés célestes , i o
Ont fait évanouir ces orages funestes , Et dissipé les vents qui nous ont menacés.
POÉSIES, LXYIII. %%i
GHAinOV.
SttÎTint Racaiiy oe serait pendant le TeitTage de Urne de Termes, dont le mari moorut en i6ai, que Malherbe aurait composé cette chanson pour Mme de Rambouillet. Gelle-c) ne se rappelait pat cette circonstance, au dire de Ménage, qui prétend que la pièce a été faite pour Galiste, c'est-à-dire pour la vicomtesse d'Auchy. En tout cas, ces Ters sont antérieurs i l'époque indiquée par Racan , car ils ont été insérés dès i6i5 dans les jiirs de eour^ imprimés par P. Ballard (Ut, I, p. i8), arec la musique de Boesset. Je ne crois pas qu'ils aient été réimprimés avant l'édition de i63o. — Dans une des éditions du Parnasse se trouve un sonnet qui commence ainsi :
Bs s*en vont ces beaux yeux , ces soleils de ma vie.
n est du cardinal Duperron et a précédé certainement la chanson de Malherbe.
Ils s'en vonty ces rois de ma vie,
Ces yeax , ces beaux yeux , Dont réclat fait pâlir d'envie
Ceux même des cieux.
Dieux amis de Tinnocence, 5
Qu'ai-je fait pour mériter Les ennuis où cette absence Me va précipiter ?
Elle s'en va cette merveille,
Pour qui nuit et jour, i o
Quoi que la raison me conseille ,
Je brûle d amour.
Dieux amis 9 etc.
aaa POÉSIES, LXVIII.
En quel effroi de solitude
Assez écarté, Mettrai-je mon inquiétude 1 5
En sa liberté ?
Dieux amis, etc.
Les affligés ont en leurs peines
Recours à pleurer; Mais quand mes yeux seroient fontaines ,
Que puis-je espérer ? « o
Dieux amis, etc.
POÉSIES, LXIX. aa3
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n s'agit ici non point ^ comme quelques-uns l'ont cm, de la femme de Malherbe, car elle survécut à son mari, mais de la femme d'Etienne Puget. Cest celui-ci que le poète fait parler. — Etienne Puget, qui, après son reuTage, embrassa Tétat ecclésiastique, et fut évéque de Marseille de i643 à 1668, était fils de Pommeuse Puget, trésorier de l'Épargne , sur lequel on peut consulter Tallemant des Réaux , et sa femme était fille de Halle , doyen de la chambre des comptes de Paris.
Le sonnet fut imprimé en 161 5 dans les Délices de la poésie fran» foise.
Celle qu'avoit Hymen à mon cœur attachée , Et qui îut ici-bas ce que j'aimai le mieux , Allant changer la terre à de plus dignes lieux, Au marbre que tu vois sa dépouille a cachée.
Comme tombe une fleur que la bise a séchée, 5
Ainsi fut abattu ce chef-d'œuvre des cieux;
Et depuis le trépas qui lui ferma les yeux ,
L'eau que versent les miens n'est jamais étanchée.
Ni prières , ni vœux ne m'y purent servir ;
La rigueur de la mort se voulut assouvir, i o
Et mon- affection n'eu put avoir dispense.
Toi dont la piété vient sa tombe honorer,