‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 165 sur 259 · Les éditioiifl de i83o et i63i portent la tumiu · texte numérisé non relu

Les éditioiifl de i83o et i63i portent la tumiu

POÉSIES, LXXXII. i47

GHARMW.

G>inpo8ée pour Mme de Rambooillety cette chanson parut en i6ai> dans le Recueil des plus beaux vers et dans le tome I des Délices de la poésie francoise , Elle avait été faite, suivant Ménage, sur un air donné à Malherbe , ce qui explique l'irrégularité du rhy thme.

Chère beauté que mon âme ravie Comme son pôle va regardant , Quel astre d'ire et d'envie Quand vous naissiez marquoit votre ascendant, Que votre courage endurci , 5

Plus je le supplie moins ait de merci ?

En tous climats, voire au fond de la Tlirace, Après les neiges et les glaçons, |

Le beau temps reprend sa place , Et les étés mûrissent les moissons ; i o j

Chaque saison y fait son cours; fin vous seule on trouve qu'il gèle toujours.

J'ai beau me plaindre, et vous conter mes peines,

Avec prières d'y compatir; J'ai beau m'épuiser les veines , 1 5

Et tout mon sang en larmes convertir:

Un mal au deçà du trépas,

4 • jéscendani se disait, en astrologie, du point qui se Wve, oomidéré par rapport à la nativité des personnes. 6. Vab. (P.) : ....Moins j*ai de merci.

Tant soit-il extrême, ne vous émeut pas.

Je sais que c^est : vous êtes offensée ,

Gomme d un crime hors de raison , a o

Que mon ardeur insensée En trop haut lieu borne sa guérison , Et voudriez bien, pour la finir, M*6ter Tespérance de rien obtenir.

Vous vous trompez; c'est aux foibles courages, 3 5 Qui toujours portent la peur au sein, De succomber aux orages , Et se lasser d un pénible dessein.

De moi, plus je suis combattu , Plus ma résistance montre sa vertu. 3o

Loin de mon front soient ces palmes communes Où tout le monde peut aspirer; Loin les vulgaires fortunes , Où ce n'est qu'un jouir et désirer;

Mon goût cherche l'empêchement , 3 i

Quand j'aime sans peine j'aime lâchement.

Je connois bien que dans ce labyrinthe Le ciel injuste m'a réservé Tout le fiel, et tout l'absinthe Dont un amant fut jamais abreuvé ; . 4 «

Mais je ne m'étonne de rien ; Je suis à Rodanthe , je veux mourir sien.

94* Le recueil de i6ao et les éditioni de i63o et i63i portent de ne rien obtenir; ce qui est évidemment une faute d*impres8ion, car la ▼en anrait une syllabe de trop.

4a. Rodanthe, Sur ce nom , voyez dans oe volome la vie de Malherbe par Bacan.

POÉSIBS, LXXXIII. !ft49

A MOirSIEUR DE PRÉ, SUR SOU PORTRAIT DE Ii'lÎLOQUElfCB FRANÇOISE.

Lb Forerait de l'Éloquence française avec dix aeiione oratoires, par J. du Pré y écayer, aei^oeur de la Porte, oonieiller da Roi et général en M Conr des Aides de Nonnandie, bien que daté de i6ai, fut u achevé d'imprimer » le iS novembre 1630, à Paris, chez Jean l'Évesqne, in-^. Le privilège est du 6 octobre de la même année. A la page 3a se trouvent les vers de Malherbe.

Tu faux, de Pré, de nous pourtraire Ce que réloquence a d'appas; Quel besoin as-tu de le faire?

Qui te voit, ne la voit^il pas?

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