‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 169 sur 259 · Le portrait de Pallas , le Palladium · texte numérisé non relu

Le portrait de Pallas , le Palladium

POÉSIES» LXXXVII. s53

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AUTRE SUR L£ mAmS 8U1BT.

AMPRIOir AU BOI.

Or 808, la porte esl close aux tempêtes civiles :

La Justice et la Paix ont les clefs de tes villes;

Espère tout, Louis, et ne doute de rien.

Si le IMeu que je sers entend Tart de prédire,

Jamais siècle passé n'a vu monter empire, 5

Où le siècle présent verra monter le tien.

Les faits de plus de marque et de plus de mérite,

Que la vanité grecque en ses fables récite.

Dans la gloire des tiens, seront ensevelis,

Ton camp boira le Gange avant qull se repose. i o

Et dessous divera noms ce sera même chose

Être maître du monde et roi des fleurs de lis.

a54 POÉSIES, LXXXVIII.

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POCn MONSEIGNEUR LE COMTE DE SOISSONS.

Malherbe écrivit ces ttanoet pour Louis de Bourbon, comte de SoUsons (tué en 1641.au combat de la Marfëe], qui recherchait en mariage Henriette de France, devenue, en i6a5, reine d'Angleterre. — Elleft furent imprimées pour la première fois, non pas en 1627 (Reeueil de* plas beaux veri)^ oonmie le dit Saint-Marc , mais en 1634 dans le VI« livre (p. Sg) des jiirs de cour^ publié par P. Ballard. La musique est sans nom d*auteur; c'est peut-être celle de Boesset, que Ménage appelle un chef-d'œuvre. En ce cas, il aurait eu tort de dire qu'elle ne fut composée qu'après la mort de Malherbe, et que celui-ci c a eu .cette mortification de ne point voir de beaux airs sur ses belles chanfons. s

Une copie autographe de cette pièce, qui avait figuré à Pans dans une vente (8 avril i844]> se trouve actuellement au BrUuh Muséum et nous a fourni deux variantes, dont l'une est aussi dans les jiirt de cour.

Ne délibérons plus^ allons droit à la mort; I^a tristesse m appelle à ce dernier effort,

Et rhonneur m'y convie ;

Je n'ai que trop gémi; Si parmi tant d'ennuis j aime encore ma vie,

Je suis mon ennemi.

O beaux yeux , beaux objets de gloire et de grandeur^ Vives sources de flamme, où j'ai pris une ardeur

Qui toute autre surmonte,

Puis-je souffrir assez , i u

Pour expier le crime, et réparer la honte

POÉSIES, LXXXVIII. ti55

De vous avoir laissés?

Quelqu'un dira pour moi que je fais mon devoir ; Et que les volontés d un absolu pouvoir

Sont de justes contraintes; 1 5

Mais à quelle autre loi Doit un parfait amant des respects et des craintes

Qu a celle de sa foi?

Quand le ciel offriroit à mes jeunes désirs

Les plus rares trésors ^ et les plus grands plaisirs s o

Dont sa richesse abonde;

Que saurois-je e^rer A quoi votre présence, 6 merveille du monde.

Ne soit à préférer?

On parle de Tenfer, et des maux éternels, a 5

Baillés pour châtiment à ces grands criminels

Dont les fables sont pleines;

Mais ce qu'ils souffrent tous.

IO-I3. Yab. (cop. autogr. et j4irs de cour) :

A moins qae du trépas Puis-je expier le crime et réparer la honte D*étre où TOUS n'êtes pas?

1 9. Mes jeunes désirs. Le comte de Soissons était né le 1 1 mai 1604 ; il avait donc au plus vingt ans quand Malherbe composa ces stances. 19-ai. Vae. {Airs de cour) :

Quand les dieux s*offiriroient à combler mes désirs Des honneurs les plus chers et des plus doux plaisirs Dont leur richesse abonde.

(Cop. autog.) : Les plus rares trésors et les plus doux plaisirs, a 3. Vab. (R) : A quoi votre espérance.... aH. Vaa. {Airs de cour) :

Qu'ordonne sa rigueur à ces grands criminels.

a56 POÉSIES, LXXXVIII.

Le sottffré-je pas seul en la moindre des peines

D^étre éloigné de vous ? 3 o

J*ai beau par la raison exhorter mon amour De vouloir réserver à Taise du retour

Quelque reste de larmes;

Misérable qu'il est, Contenter sa douleur , et lui donner des armes , 3 5

C'est tout ce qui lui platt.

Non, non, laissons-nous vaincre après tant de combats; Allons épouvanter les ombres de là-bas

De mon visage blême;

Et sans nous consoler, < o

Mettons fin à des jours que la Parque elle-même

A pitié de filer.

Je connois Charigène, et n'ose désirer Qu'elle ait un sentiment qui la fasse pleurer

Dessus ma sépulture; n

Mais cela m'arrivant.

Quelle seroit ma gloire? et pour quelle aventure

Voudrois-je être vivant?

33. Vae. {jiirs de cour) : Qaelqae reste d'alamiefl. 48. Ls dernière stanoe manque dans les A'wt de eottr.

POÉSIES, LXXXIX. a57

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