‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 170 sur 259 · A RABEL, PEINTRE, SUR UN LIVRE DE FLEURS · texte numérisé non relu

A RABEL, PEINTRE, SUR UN LIVRE DE FLEURS

sorasT.

Saint-Marc a^ait placé ce aoimet à Tannée ifioS, parce qu'il araît rencontré à cette date dans le Journal de TEstoile la mention de la mort d*un peintre nommé Jean Rabel. H a eu tort, comme je vais le démontrer.

Pai été assez heureux pour retrouver au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale le livre de fleurs manuscrit qui a été le sujet de la pièce de Malherbe. Cest un magnifique volume in-folio relié en maroquin rouge aux armes de France, coté /. ^./74 et intitulé : FUurs peiniespar Rabel en i6a4- H contient cent planches de fleurs et d^insectes peints sur vélin , en miniature , avec une rare perfection ; chaque planche est entourée d*un filet d*or. Sur un des feuillets de garde du commencement se trouve cette signature, incontestablement autographe : Daniel Rabel, /. i6a4* En tète on a placé, outre les vers de Malherbe, une notice imprimée, de six pages, qui nous apprend que le manuscrit, après avoir appartenu au duc de Mazarin, puis au président de Rieux, à la vente duquel (1747) il avait été payé 396 livres 5 sols, fut acquis, moyennant loio livres, à la vente Gaignat. U figure sur les catalogues de ces deux collectionneurs et est cité dans la Bibliographie instructive de Debure (t. Il, p. 354)* Ainsi, plus de doute, c'est bien pour Daniel Rabel et son livre que fut écrit le sonnet qui parut pour la première fois dans l'édition de i63o. Mariette, qui a consacré au peintre deux pages dans son Âbeeedario^ conjecture qu'il était le fils de Jean Rabel, et ignore la date de sa mort. Son portrait, fait par lui-mâme et inachevé, se trouve dans son ttuvrè an cabinet des estampes. (Voyez la Correspondance littéraire , HP du 10 septembre 1860, p. 489*)

Quelques louanges nonpareilles Qu*fl(t Apelle encore aujourd'hui, Cet ouvrage plein de merveilles Met Rabel au-dessus de lui.

Mauuhbb. I 17

s58 POÉSIES, LXXXIX.

L'art y surmonte la nature, Et si mon jugement n'est vain , Flore lui conduisoit la main Quand il faisoit cette peinture.

Certes il a privé mes yeux

De lobjet qu'ils aiment le mieux ,

N'y mettant point de marguerite ;

Mais pouvoit-il être ignorant Qu'une fleur de tant de mérite Auroit terni le demeurant?

POÉSIES, XC. aSg

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